April 17, 2016 / 9:37 AM / 2 years ago

Les secours après les séismes au Japon ralentis par les dégâts

TOKYO (Reuters) - Les recherches de rescapés au Japon, freinées par les dégâts subis par les infrastructures des transports et le mauvais temps, se poursuivent dans les décombres de bâtiments effondrés après les deux gros séismes sur l’île de Kyushu, qui ont fait au moins 41 morts.

Dans la petite ville de Minamiaso, Les recherches de rescapés s'intensifient au Japon dans les décombres de bâtiments effondrés après deux gros séismes dans l'île de Kyushu, qui ont fait au moins 41 morts. Les autorités ont ordonné l'évacuation de 240.000 habitants, sur fond de crainte de nouvelles secousses. /Photo prise le 17 avril 2016/REUTERS/Kyodo

Les pluies diluviennes qui s’abattent actuellement sur la région laissent craindre de nouveaux glissements de terrain. Etant donné les quelque 440 répliques enregistrées depuis jeudi et la crainte de nouvelles secousses très fortes, des milliers d’habitants ont passé la nuit de samedi à dimanche dans des structures d’accueil.

Dimanche, 62.700 foyers étaient toujours sans électricité, plus de 300.000 habitations étaient privées d’eau courante et certains secteurs n’avaient plus accès au gaz, a rapporté la chaîne de télévision NHK. Plus de 110.000 personnes ont été évacuées de la région de Kumamoto, écrit l’agence de presse japonaise Kyodo.

Un tremblement de terre de magnitude 7,3 a frappé Kyushu samedi matin, faisant au moins 32 morts et un millier de blessés, et causant d’importants dégâts à des bâtiments, routes et ponts. Il s’agissait du deuxième fort séisme dans le secteur de Kumamoto en un peu plus de 24 heures. Le premier, jeudi soir, avait fait neuf morts.

Les trois centrales nucléaires de la région n’ont pas été endommagées, mais l’Autorité de régulation du nucléaire a annoncé qu’elle tiendrait lundi une réunion extraordinaire consacrée à la situation à Kyushu, la plus méridionale des quatre îles principales de l’archipel nippon.

La région de Kumamoto, directement touchée par les deux séismes, forme un bassin industriel important et plusieurs usines, dont celles de Sony, Nissan et Toyota, ont suspendu leur production, le temps d’évaluer les dégâts.

Sony a indiqué dimanche que la production de son usine de capteurs d’images à Kumamoto, arrêtée vendredi, demeurait suspendue, et que le fonctionnement de ses usines de Nagasaki et d’Oita avait été partiellement suspendu samedi.

Toyota a suspendu la production dans ses usines dans tout le Japon car les séismes ont perturbé leur approvisionnement en pièces détachées.

CEINTURE DE FEU DU PACIFIQUE

Tous les vols de passagers vers l’aéroport de Kumamoto ont été annulés et les trains à grande vitesse (shinkansen) ne circulent plus à destination de la région. Certaines voies express ont été fermées en raison de glissements de terrain et de fissures ou affaissements affectant la chaussée. Ces difficultés dans les transports ralentissent les efforts pour acheminer eau potable et vivres aux rescapés.

Les secouristes recherchaient toujours dimanche plusieurs dizaines de personnes que l’on pense bloquées sous les décombres. Dans le village de Minamiaso, on est sans nouvelles de 11 personnes. Samedi, les secouristes avaient retiré dix étudiants des décombres d’une cité universitaire dans le même secteur.

Plus de 2.500 secouristes sont à pied d’oeuvre pour rechercher des survivants à Minamiaso, selon la NHK. Dans la nuit, les secouristes travaillant à mains nues ont retiré plusieurs personnes âgées qui étaient bloquées dans les gravats.

Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a annoncé qu’il portait à 25.000 le nombre de militaires envoyés pour aider dans les zones sinistrées, et il a accepté une aide des Etats-Unis en matière de transport aérien.

A Kumamoto, le château noir vieux de 400 ans, l’un des plus beaux du Japon, a subi de forts dégâts. Ses murs, qui ont résisté aux bombardements de 1944-45 et à plusieurs incendies en quatre siècles d’existence, ont été lézardés.

De l’autre côté du Pacifique, un séisme de magnitude 7,8 a touché samedi soir l’Equateur, où l’on recense 77 morts et des centaines de blessés.

Tout comme l’Equateur, le Japon est situé sur la “ceinture de feu” du Pacifique et régulièrement frappé par des tremblements de terre. Un séisme de magnitude 9 survenu le 11 mars 2011 au large du nord de l’archipel avait déclenché un puissant tsunami. Cette double catastrophe naturelle avait fait près de 20.000 morts et en avait provoqué une troisième, nucléaire, à la centrale de Fukushima-Daiichi, dont des réacteurs sont entrés en fusion.

avec la rédaction de Tokyo, Eric Faye pour le service français

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