April 11, 2016 / 9:52 AM / 2 years ago

Nouveau plan pour dissiper la colère des jeunes

PARIS (Reuters) - Manuel Valls a annoncé lundi un plan de 400 à 500 millions d’euros par an pour dissiper la colère des jeunes mobilisés contre le projet de loi Travail et la précarité. Ces mesures ont été bien accueillies par les organisations de jeunesse mais le plan est critiqué par le patronat.

Un plan de 400 à 500 millions d'euros par an a été présenté lundi matin aux syndicats étudiants et lycéens reçus à Matignon (photo) pour dissiper la colère des jeunes mobilisés contre le projet de loi travail et la précarité. /Photo prise le 11 avril 2016/REUTERS/Charles Platiau

L’opposition de syndicats étudiants et lycéens au texte de la ministre du Travail, Myriam El Khomri, s’est traduite par des manifestations et des blocages de lycées et d’universités ces dernières semaines, tandis qu’un mouvement d’occupation de places, “Nuit debout”, a prospéré depuis fin mars.

Le Premier ministre a annoncé onze mesures pour aider les jeunes les moins aisés à accéder à un diplôme, à trouver un emploi et améliorer leur accès au logement et à la santé.

“Jamais autant n’a été fait pour la jeunesse dans ce pays”, a déclaré Manuel Valls à ces organisations lundi. “Jamais un gouvernement ne s’est autant mobilisé pour que la génération qui vient ait tous les atouts en main.”

Devant les journalistes, il a ensuite assuré que le gouvernement agissait “pas pour éteindre une contestation (...) mais pour répondre à des inquiétudes profondes”.

Le président de l’Unef a salué ces mesures mais a prévenu que le premier syndicat étudiant restait “solidaire” de la mobilisation du 28 avril pour le retrait de la loi Travail.

“Parce que les jeunes de ce pays ont relevé la tête, ils ont réussi à obtenir des mesures fortes”, s’est félicité William Martinet. “Nous avons franchi un cap important, nous avons réussi à obtenir satisfaction sur des revendications.”

UNE NOUVELLE AIDE POUR LES BOURSIERS

Une aide à la recherche du premier emploi (Arpe) sera créée pour les jeunes diplômés boursiers cherchant un travail. D’un montant de 100 à 550 euros, elle sera versée pendant quatre mois.

Le gouvernement pense que 126.000 jeunes pourront en bénéficier à la rentrée 2016 et estime le coût de la mesure à 130 millions d’euros maximum en année pleine.

La rémunération des apprentis âgés de 16 à 20 ans sera améliorée en 2017 grâce à une enveloppe de 80 millions d’euros de l’Etat.

Les bourses pour les lycéens augmenteront de 10% à la rentrée 2016, le montant moyen progressant de 63 euros par an, à 697 euros, pour un coût total estimé à 28 millions.

Vingt-cinq mille bourses de 1.000 euros par an vont être créées pour des étudiants qui ne bénéficiaient que de l’exonération des droits d’inscription. Le coût de la mesure, qui entrera en vigueur à la rentrée 2016, est de 25 millions.

Pour les décrocheurs âgés de 16 à 18 ans qui reprennent des études, 12.500 bourses de 1.000 euros seront créées à la rentrée 2016, soit un coût de 12,5 millions.

Pour faciliter l’accès au logement, le gouvernement propose la mise en place d’un droit universel à la garantie locative pour les jeunes jusqu’à 30 ans. Le coût de cette mesure, estimée à 100 millions d’euros par an, ne sera pas porté par l’Etat mais par Action logement qui est financé par des cotisations sociales.

GARANTIE JEUNES

L’accès à la couverture maladie universelle CMU-C pour les jeunes en rupture avec leur famille sera accéléré, le coût estimé de cette mesure étant de 15 à 20 millions d’euros pour 30.000 à 50.000 jeunes concernés.

Pour améliorer les poursuites d’études des bacheliers professionnels et technologiques, le gouvernement lancera à la rentrée 2016 un plan de création de 2.000 places en section STS (section de technicien supérieur) par an pendant 5 ans. Le coût de cette mesure est estimé à 120 millions d’euros sur 5 ans.

Afin de favoriser les embauches en CDI, le renchérissement des contrats courts sera obligatoire, le niveau de la sur-cotisation relevant de la négociation des partenaires sociaux sur la convention d’assurance chômage.

C’est “un coup de poignard dans le dos des entreprises”, a immédiatement réagi la CGPME dans un communiqué.

“Ce n’est pas en augmentant encore le coût du travail que nous aiderons les jeunes à trouver un CDI”, a déploré le président du Medef, Pierre Gattaz, dans un communiqué.

Selon l’organisation patronale, “nous souffrons d’un marché du travail qui est totalement verrouillé (...). La loi El Khomri devait initialement résoudre ce problème en simplifiant et en sécurisant l’embauche en CDI. Ce n’est malheureusement plus le cas aujourd’hui.”

Le gouvernement engagera par ailleurs “dans les prochaines semaines” une concertation avec les partenaires sociaux devant déboucher sur des décisions de ces derniers pour favoriser l’insertion professionnelle des jeunes.

Manuel Valls a rappelé que la “garantie jeunes”, une allocation de 460 euros et un accompagnement vers la formation et l’emploi, sera généralisée en 2017 pour “tous les jeunes en situation de précarité connaissant des difficultés d’insertion”, une mesure obtenue par les organisations de jeunesse lors de précédentes discussions avec l’exécutif sur la loi Travail.

“Dans la même logique, le compte personnel d’activité sera automatiquement abondé en heures de formation pour les jeunes décrocheurs, qui pourront apprendre un métier. Nous créons ainsi un droit personnel et universel à la formation”, a-t-il ajouté.

avec Julie Carriat, édité par Yves Clarisse

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