April 11, 2016 / 6:06 AM / in 3 years

Emmanuel Macron se défend de vouloir fragiliser le président

PARIS (Reuters) - Emmanuel Macron, initiateur d’un mouvement politique “au-delà des clivages classiques”, a assuré dimanche soir qu’il ne ferait rien qui puisse “fragiliser” François Hollande et que sa seule ambition était de proposer des “solutions radicales” pour la France dans la perspective de la présidentielle de 2017.

Emmanuel Macron, initiateur du mouvement politique "En Marche", assure ne rien vouloir faire qui puisse "fragiliser" François Hollande et que sa seule ambition était de proposer des "solutions radicales" pour la France dans la perspective de la présidentielle de 2017. /Photo prise le 16 mars 2016/REUTERS/Philippe Wojazer

Invité de France 2, le ministre de l’Economie a revendiqué 13.000 adhérents (un nouvel adhérent “toutes les trente secondes”) à son collectif “En Marche” lancé mercredi dernier avec l’assentiment, a-t-il répété, du chef de l’Etat.

Emmanuel Macron, qui plaide pour “une ambition collective, apaisée” et nie jouer les rabatteurs pour François Hollande, proposera à ces hérauts de participer à “une grande opération de porte-à-porte” pour dresser “d’ici la fin de l’été” le bilan du pays. “Il y aura plus de 100.000 portes ouvertes”, a-t-il affirmé.

“Aujourd’hui, notre pays n’a pas le droit de manquer le prochain rendez-vous sur le plan des idées, sur le plan de l’action, c’est-à-dire préparer les solutions radicales qui auront été définies de manière transparente, consensuelle, avant l’échéance de 2017”, a-t-il justifié.

Se défendant à nouveau de briguer l’Elysée, Emmanuel Macron, 38 ans, a réaffirmé sa loyauté à François Hollande et souligné rechercher exclusivement le rassemblement “des bonnes volontés de droite et de gauche” sur des thèmes tels que “le rapport au travail”, “la réconciliation de liberté et de la justice” et l’Europe.

“Ce n’est pas une aventure personnelle. (...) Je ne ferai rien qui fragilise le président de la République, je suis attaché à ma relation personnelle avec François Hollande”, a-t-il dit.

UNE INITIATIVE “SYMPATHIQUE” POUR ROYAL

“Faire de la politique, ce n’est pas une profession réglementée”, a dit le ministre en espérant que les citoyens français “prennent conscience qu’ils sont des acteurs politiques”.

Le Premier ministre Manuel Valls, qui avait jugé “absurde” de chercher à dépasser le clivage droite-gauche, a modéré son propos samedi en estimant que chacun était “dans son rôle pour élargir” et avait “le devoir de rassembler pour le président de la République”.

L’initiative fait toutefois grincer des dents au gouvernement mais la ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, la trouve pour sa part “sympathique”.

“C’est bien de réfléchir, de travailler”, a-t-elle dit dimanche au “Grand Jury” RTL-Le Figaro-LCI. “C’est une personnalité utile, positive”.

Le président du Medef, Pierre Gattaz, a lui aussi salué le bond en avant du ministre de l’Economie.

“Je suis assez en phase avec Emmanuel Macron, il connaît le monde et l’économie”, a-t-il dit sur iTELE.

L’ancien Premier ministre François Fillon, candidat à l’investiture à droite pour la présidentielle de 2017, s’est interrogé d’un ton critique sur les desseins d’Emmanuel Macron : “Une nouvelle recette à la sauce hollandaise ou un plat autonome”?

“Il faut qu’il fasse, de mon point de vue, avec un peu moins de marketing, il y a un problème d’authenticité du message”, a-t-il dit au “Grand Rendez-vous” Europe 1-Le Monde-iTELE.

“Il faut qu’il prouve qu’il est compétent (...) Il n’a rien démontré pour le moment”, a-t-il ajouté.

Sophie Louet

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