April 5, 2016 / 10:57 AM / 2 years ago

La mobilisation des jeunes contre la loi Travail marque le pas

PARIS (Reuters) - Plusieurs milliers de jeunes ont une nouvelle fois manifesté mardi à travers la France mais la mobilisation est en net recul contre le projet de loi Travail, dont l’examen a débuté en commission à l’Assemblée nationale.

Plusieurs milliers de jeunes ont une nouvelle fois manifesté mardi à travers la France (ici à Paris) mais la mobilisation est en net recul contre le projet de loi Travail, dont l'examen a débuté en commission à l'Assemblée nationale. /Photo prise le 5 avril 2016/REUTERS/Christian Hartmann

Après les rassemblements du 31 mars, qui ont réuni entre 390.000 et 1,2 million de personnes, étudiants et lycéens entendaient maintenir la pression avant une nouvelle journée avec les salariés le 9 avril, qu’ils espèrent plus fournie.

Seuls 23.800 manifestants ont été dénombrés mardi par le ministère de l’Intérieur pour toute la France, y compris Paris.

La CGT, qui ne donne pas d’estimation, salue dans un communiqué “une mobilisation intacte”. L’intersyndicale se réunit mercredi pour décider des suites et “convaincre les députés de la nocivité de ce projet de loi”. “Il est en effet impensable que la représentation nationale s’oppose à la majorité des Français”, peut-on lire.

A Paris, entre 3.200 et 3.400 personnes, selon la police, ont défilé alors que les autorités en avaient dénombré 26.000 à 28.000 le 31 mars.

Les défilés ont été émaillés d’incidents dans la capitale et dans plusieurs villes de province.

Cent cinquante personnes ont été interpellées lors d’un premier cortège lycéen en début de matinée près de la Nation pour des jets de projectiles sur les forces de l’ordre et des dégradations, dit-on de source policière. Onze de ces personnes ont été placées en garde à vue.

En outre, 27 jeunes ont été interpellés en province.

A Marseille, 2.500 personnes, selon la FSU, 1.500 personnes, selon la police, ont défilé, une affluence bien moindre que précédemment en raison notamment des vacances scolaires. Les CRS sont intervenus à l’issue de la manifestation pour déloger une centaine de jeunes qui ont momentanément bloqué l’autoroute A7.

Des feux de poubelle ont été allumés tôt mardi matin devant le lycée Léonard de Vinci à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), dont l’entrée a été endommagée.

Plusieurs centaines de lycéens ont bloqué les voies de la gare de Rennes, où le trafic a été interrompu pendant plusieurs heures.

“NUIT DEBOUT”

A Lyon, les manifestants n’étaient que 1.400 selon la police mais avaient prévu de se retrouver en fin de journée dans le quartier de la Guillotière pour une opération “Nuit Debout”.

A Villeurbanne, dans la banlieue lyonnaise, le président du Medef, venu au “Printemps des entrepreneurs”, a été “accueilli” par un millier de jeunes manifestants.

“Il faut bien comprendre que cette loi n’est pas faite pour créer de la précarité, elle est faite pour embaucher plus de CDI et donner de la liberté aux salariés et aux cadres”, a plaidé Pierre Gattaz.

A Nantes, la préfecture a fait état de 1.600 manifestants et 13 interpellations après de nouveaux heurts et dégradations. Seuls 200 à 250 manifestants ont été recensés à Bordeaux.

Selon la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL), 25 lycées ont été bloqués à Paris, et 35 en banlieue. Le ministère de l’Education a dénombré pour sa part 34 lycées bloqués en France, contre 176 le 31 mars.

En dépit du recul de l’exécutif, qui a supprimé plusieurs dispositions-clés de son texte, les opposants qui ont multiplié les défilés depuis le début mars réclament toujours le retrait pur et simple du projet.

Le gouvernement, qui redoute un emballement de la contestation des jeunes, s’est dit “prêt à regarder” certaines propositions de l’Unef, la principale organisation étudiante.

Les ministres Najat Vallaud-Belkacem (Education), Myriam El Khomri (Travail) et Patrick Kanner (Jeunesse) reçoivent mercredi les principales organisations pour discuter notamment de la question de l’accès des jeunes au marché du travail.

Toutefois, une partie des jeunes mobilisés veulent s’affranchir de la tutelle des syndicats et des mouvements de jeunes des partis politiques pour lancer une démarche citoyenne à l’image du mouvement des indignés en Espagne en 2011.

Des centaines de personnes, au nom du mouvement “Nuit Debout”, ont occupé dans la nuit de lundi à mardi la place de la République à Paris pour la cinquième fois consécutive avec l’intention d’élargir les revendications et de créer un “sursaut citoyen”.

Après la capitale, “Nuit Debout” devait s’étendre mardi soir à une vingtaine de villes de province, notamment Toulouse, Strasbourg, Rennes et Lyon.

Gérard Bon, Julie Carriat et Simon Carraud, avec les correspondants de province, édité par Sophie Louet

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below