March 30, 2016 / 6:12 PM / in 2 years

Réda Kriket projetait une action imminente, dit François Molins

PARIS (Reuters) - Le djihadiste présumé Réda Kriket, mis en examen et placé en détention provisoire mercredi à l’issue de six jours de garde à vue, préparait avec ses complices une action “imminente” et d’une “extrême violence”, a déclaré le procureur de Paris, François Molins.

L'appartement d'Argenteuil (Val-d'Oise), cache présumée de Réda Kriket, où des armes et des explosifs ont été découverts jeudi. Selon le procureur de Paris, François Molins, le djihadiste présumé, mis en examen mercredi à l'issue de six jours de garde à vue, préparait avec ses complices une action "imminente" et d'une "extrême violence". /Photo prise le 25 mars 2016/REUTERS/Gonzalo Fuentes

Jeudi dernier, les enquêteurs l’ont arrêté à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), à l’ouest de Paris, et ont mené parallèlement une perquisition dans un appartement d’Argenteuil (Val-d’Oise), au cours de laquelle ils ont découvert des armes et des explosifs.

“A ce stade des investigations, si aucune cible précise projetée n’a pu être identifiée, tout laisse néanmoins à penser que la découverte de cette cache a permis d’éviter la commission d’actions d’une extrême violence”, a déclaré François Molins.

Il en veut pour preuve “les armes, les engins explosifs, pour certains déjà prêts à l’emploi, les téléphones neufs (...) ainsi que les passeports volés” retrouvés dans “l’appartement conspiratif” d’Argenteuil.

Dans le détail, les policiers ont retrouvé entre autres du matériel et des produits servant à fabriquer des explosifs, de petites quantité d’explosif de type TATP prêt à l’emploi, cinq passeports français volés, cinq fusils d’assaut, un pistolet mitrailleur et sept armes de poing.

Il s’agit là d’”un arsenal qui, de par la nature et la quantité des objets découverts, constituait à l’évidence les préparatifs d’une action terroriste imminente”, a insisté le procureur.

Selon François Molins, Réda Kriket s’est défendu lors des interrogatoires menés ces derniers jours d’être un “terroriste”.

Il a été mis en examen pour “participation à une association de malfaiteurs terroriste criminelle, c’est-à-dire en vue de la préparation d’un ou plusieurs crimes d’atteinte aux personnes ; acquisition, détention et cession d’armes de catégories A et B en bande organisée ; transport d’armes de catégories A et B ; fabrication en bande organisée d’engins explosifs ou incendiaires ; détention et transports de substances ou produits incendiaires ou explosifs en vue de la préparation d’atteinte aux personnes ou de destruction des biens par substance explosive ; détention frauduleuse de plusieurs documents administratifs ; recel de vol en bande organisée et falsification de documents, toutes infractions en relation avec une entreprise terroriste”, a précisé le procureur.

CONDAMNÉ EN BELGIQUE

Les déclarations du parquet font écho à celles du ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, qui avait parlé jeudi dernier d’un “projet d’attentat en France, conduit à un stade avancé”.

Réda Kriket, de nationalité française, “évoluait au sein d’un réseau terroriste qui projetait de frapper la France”, avait-il précisé.

La justice belge l’a déjà condamné en juillet dernier, en son absence, à dix ans de prison lors du procès d’une filière djihadiste. A l’issue de ce procès, Abdelhamid Abaaoud, l’un des planificateurs présumés des attentats du 13 novembre à Paris, avait également été condamné.

Le nom de Réda Kriket est apparu dans une procédure ouverte en novembre de l’année dernière et portant initialement sur un autre suspect.

Lors de cette enquête, un autre nom a fait surface, celui d’Anis Bahri, interpellé dimanche dernier à Rotterdam, aux Pays-Bas, à la demande des autorités française.

Réda Kriket et cet autre djihadiste présumé sont soupçonnés de s’être rendus en Syrie entre la fin 2014 et début 2015 et d’avoir multiplié, après leur retour, les allers et venues entre la France, la Belgique et les Pays-Bas.

Ils faisaient l’objet d’un mandat de recherche lancé le 24 décembre 2015 pour l’un et le 14 janvier dernier pour l’autre.

L’enquête sur cette nébuleuse a également conduit à l’interpellation, vendredi dernier en Belgique, de deux autres suspects susceptibles, selon François Molins, d’être en relation avec Réda Kriket, Abderrahmane A. et Rabat M.

Simon Carraud et Sophie Louet, édité par Yves Clarisse

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