March 24, 2016 / 8:18 AM / 2 years ago

Le président Denis Sassou-Nguesso réélu au Congo-Brazzaville

par Christian Elion

Denis Sassou-Nguesso a été réélu dès le premier tour à la présidence de la République du Congo avec 60,39% des voix. L'opposition, qui se présentait en ordre dispersé, a dénoncé les modalités d'organisation du scrutin qui s'est déroulé dans un contexte tendu. /Photo d'archives/REUTERS

BRAZZAVILLE (Reuters) - Denis Sassou-Nguesso a été réélu dès le premier tour pour un nouveau mandat de cinq ans à la présidence de la République du Congo avec 60,39% des voix, a annoncé jeudi le ministre de l’Intérieur, Raymond-Zéphyrin Mboulou.

Les candidats de l’opposition ont dénoncé des fraudes et assuré mercredi que d’après leurs propres calculs, le chef de l’Etat sortant, âgé de 72 ans, au pouvoir entre 1979 et 1992 et depuis 1997, se dirigeait vers une défaite. Ils n’ont toutefois pas encore présenté leurs propres chiffres.

Raymond-Zéphyrin Mboulou a déclaré jeudi matin à la télévision publique que le principal dirigeant de l’opposition, Guy-Brice Parfait Kolelas, avait obtenu 15% des suffrages, talonné par le général à la retraite Jean-Marie Michel Mokoko, crédité de 14% des voix.

Dans une interview accordée à Radio France Internationale, Jean-Marie Michel Mokoko a souhaité la mise en place d’une commission paritaire “pour regarder procès verbal par procès verbal, la réalité de ce qui est sorti des urnes”.

Brazzaville, la capitale congolaise, et le port de Pointe-Noire, bastion de l’opposition, étaient calmes jeudi mais la tension restait palpable dans l’attente de la proclamation des résultats, rapportent des habitants.

La police et l’armée continuaient de patrouiller dans les rues mais le gouvernement a levé le blocage d’internet et des services de téléphonie mobile, ordonné samedi dernier par les autorités pour prévenir la diffusion de résultats officieux susceptible de provoquer des troubles.

Trois journalistes français, deux envoyés spéciaux de l’Agence France-Presse et un envoyé spécial du Monde, ont été agressés mercredi après-midi à Brazzaville, a déclaré le directeur du Monde Jérôme Fenoglio dans un communiqué.

Les trois reporters sortaient d’un point de presse avec le général Mokoko, lorsqu’une voiture leur a bloqué la route.

“Quatre hommes en civil, qui se sont présentés comme des policiers, leur ont alors asséné des coups de poing et se sont saisis de leur matériel, caméras et carnets, ainsi que de leur passeport, sans donner d’explication”, a dit Jérôme Fenoglio.

Aucun responsable du gouvernement n’a pu être joint à ce sujet.

Au moins 18 personnes ont été tuées par les forces de sécurité l’an dernier lors de manifestations de protestation contre le référendum constitutionnel d’octobre qui a abouti à la suppression de la limitation du nombre de mandats présidentiels et de l’âge des candidats à la présidentielle.

Ces amendements validés à 92% ont permis à Denis Sassou-Nguesso de briguer un nouveau mandat, ramené de sept à cinq ans.

Denis Sassou-Nguesso a dirigé le Congo de 1979 à 1992, année où il a été battu à la présidentielle par Pascal Lissouba. Il est revenu au pouvoir cinq ans plus tard au terme d’une guerre civile et a remporté les scrutins présidentiels de 2002 et de 2009.

Avec Aaron Ross à Kinshasa; Nicolas Delame et Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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