March 22, 2016 / 2:54 PM / 2 years ago

Le Roux et Ménard déclenchent une polémique après Bruxelles

PARIS (Reuters) - Le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Bruno Le Roux, et le maire de Béziers Robert Ménard, soutenu par le Front national, ont été accusés mardi de récupération politique après les attaques meurtrières de Bruxelles.

Quelques instants après une double explosion dans l'aéroport international de Bruxelles. Le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Bruno Le Roux, et le maire de Béziers Robert Ménard, soutenu par le Front national, ont été accusés mardi de récupération politique après une série d'explosions dans l'aéroport et le métro de la capitale belge. /Image video du 22 mars 2016/REUTERS TV/Asher Gunsberg

“Attentats terroristes et protection de notre pays, la droite sénatoriale qui bloque la révision constitutionnelle est irresponsable”, a tweeté dans la matinée Bruno Le Roux, qui a par la suite assuré qu’il s’agissait là d’une coïncidence malheureuse.

“Je regrette infiniment que (ce message) ait pu être mal perçu parce qu’il n’était pas lié pour moi à l’actualité de Bruxelles mais lié au vote qui va avoir lieu cet après-midi”, a dit sur France 3 le chef de file des députés socialistes.

Il affirme l’avoir “préparé hier (lundi) soir pour le débat”; le tweet serait “parti au moment où il y avait ces attentats”.

Bruno Le Roux faisait référence au vote attendu des sénateurs qui devaient se prononcer en vote solennel sur le projet de loi de révision constitutionnelle et sonner vraisemblablement le glas du texte.

Le président des sénateurs Les Républicains (LR), Bruno Retailleau, a dénoncé sur Twitter la “pitoyable réaction” de Bruno Le Roux “qui reproche au Sénat de respecter les engagements de Hollande à Versailles.”

Devant le groupe LR au Sénat, Nicolas Sarkozy a jugé Bruno Le Roux “indigne”. “Nous avions dit que nous étions prêts à voter la déchéance et avions dit nos réserves sur l’apatridie”, a-t-il dit, selon des propos rapportés par un participant.

“Les démocraties sont en guerre, les positions de l’opposition vont être scrutées”, a-t-il ajouté.

“RASSEMBLEMENT”

Le député LR Edouard Philippe a pour sa part jugé “minable” la sortie de Bruno Le Roux.

Le président du groupe PS s’est aussi attiré une vive réplique de l’eurodéputé socialiste Guillaume Balas : “Je suis bloqué à la gare du midi à Bruxelles, les Belges sont sidérés, alors vraiment, tais-toi”.

“Franchement le temps n’est pas à la polémique avec la droite sénatoriale mais au rassemblement aux côtés des Belges”, a renchéri sur Twitter le député PS Yann Galut.

Le maire de Béziers, Robert Ménard, proche de l’extrême droite, a écrit pour sa part sur Twitter qu’il y avait “peu de chances que ces attentats soient l’oeuvre de militants néo-nazis”.

Il dénonçait ainsi le hashtag “TousUnisContreLaHaine” lancé lundi par le gouvernement et qui doit servir à faire la promotion d’une campagne contre le racisme.

Dans le même registre, la députée européenne LR Nadine Morano, après avoir rendu hommage aux victimes, a voulu fustiger, elle aussi, la campagne de communication antiraciste du gouvernement.

“3 millions d’euros pour une campagne de ‘com’ du gouvernement auraient été plus efficaces à la sécurité des Français”, a-t-elle tweeté.

Gérard Bon avec Elizabeth Pineau et Simon Carraud, édité par Sophie Louet

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