March 21, 2016 / 3:03 PM / 3 years ago

Il faut comprendre la radicalisation djihadiste, admet Valls

PARIS (Reuters) - Manuel Valls a déclaré lundi qu’il fallait chercher à comprendre ce qui mène à la radicalisation djihadiste, corrigeant des propos polémiques sur le sujet.

Manuel Valls a déclaré lundi qu'il fallait chercher à comprendre ce qui mène à la radicalisation djihadiste, corrigeant des propos polémiques sur le sujet. Lors d'une réunion de "L'instance de dialogue avec l'islam de Francer, le Premier ministre a toutefois expliqué qu'il fallait "d'abord et surtout combattre cette hyper-violence". /Poto prise le 21 mars 2016/REUTERS/Gonzalo Fuentes

Le 25 novembre dernier, deux semaines après les attentats de Paris et Saint-Denis, le chef du gouvernement avait affirmé devant l’Assemblée nationale qu’expliquer de tels actes, c’était “déjà vouloir un peu excuser”, une position qui lui avait valu de nombreuses critiques.

Lundi, lors d’une réunion de “L’instance de dialogue avec l’islam de France” au ministère de l’Intérieur, Manuel Valls a expliqué qu’il fallait “d’abord et surtout combattre cette hyper-violence”.

Mais il a ajouté : “C’est un phénomène complexe et protéiforme, et les sciences sociales ont bien sûr un rôle à jouer pour comprendre, analyser, décortiquer les mécanismes qui font que des individus basculent dans cette forme d’hyper-violence, de négation de l’autre, de nihilisme”.

“C’est une idéologie de mort et nous n’avons jamais connu cela à cette échelle, en plus avec cette force liée à un conflit en Syrie et en Irak, la volonté de créer un Etat avec ses attributs”, a-t-il ajouté.

Manuel Valls a rappelé que plus de 2.000 Français, ou résidents en France “sont très directement concernés par les filières syriennes, irakiennes”.

“Mais nous savons qu”il y a aujourd’hui des milliers de jeunes, d’individus dans nos quartiers qui sont de près ou de loin séduits par cette radicalisation”.

“L’instance de dialogue avec l’islam de France” créée après les attentats de janvier 2015 tenait lundi une deuxième réunion centrée sur la prévention de la radicalisation jihadiste.

Cette question préoccupe hautement le gouvernement, mais aussi les responsables musulmans.

Les préfets ont été chargés de constituer en France des cellules de déradicalisation liées par conventions à diverses associations. Près de 1.600 jeunes sont actuellement suivis en prévention pour radicalisation, souligne-t-on au ministère de l’Intérieur.

L’instance de dialogue, qui s’était réunie pour la première fois en juin 2015, rassemble près de 150 dirigeants et acteurs de terrain, ainsi que les représentants des pouvoirs publics.

Le gouvernement voulait une instance plus large que le seul Conseil français du culte musulman (CFCM) et y a associé imams, aumôniers, théologiens, sociologues et jeunes militants associatifs.

Gérard Bon, édité par Sophie Louet

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