March 20, 2016 / 2:13 PM / 3 years ago

L'UDI dit "non" à la primaire de la droite et du centre

PARIS (Reuters) - Les militants de l’UDI ont dit massivement “non” à la participation du parti centriste à une primaire de la droite et du centre organisée par le parti Les Républicains (LR), faute d’accord politique sur cette consultation, sur l’élection présidentielle et sur les législatives de 2017.

Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDI. Les militants ont dit "non" à 66,56% à une participation du parti centriste à une primaire de la droite et du centre organisée par le parti Les Républicains (LR), faute d'accord politique sur cette consultation, sur l'élection présidentielle et sur les législatives de 2017. /Photo d'archives/REUTERS/Christian Hartmann

Les quelque 23.000 adhérents de l’UDI à jour de leur cotisation étaient invités à se prononcer par internet.

Selon les résultats de ce vote proclamés dimanche lors d’un congrès de l’UDI, ils ont dit “non” à 66,56% et “oui” à 29,85%, 3,59% ne se prononçant pas. Ces chiffres ont été accueillis par les applaudissements des participants à la réunion.

Ce résultat n’est pas une surprise : le président de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde, avait appelé les militants à voter contre une participation à la primaire envisagée par LR, faute d’accord sur une plate-forme programmatique et un “pacte de gouvernance” avec la formation de Nicolas Sarkozy.

Lors d’une récente rencontre avec des journalistes, le dirigeant centriste avait déclaré assumer le risque d’accentuer l’éclatement de la droite et du centre.

“Je préfère l’éclatement à l’effacement. Ça ne peut pas être un chantage permanent entre l’effacement et l’éclatement. S’il n’y a pas de coalition et pas de compromis, l’effacement n’est pas une solution”, avait-il confié.

Le congrès de l’UDI a donné mandat au bureau politique de la formation, par 84,87% des voix contre 8,08%, pour préparer “dès à présent” une projet présidentiel et législatif.

Il a également demandé au bureau exécutif de l’UDI de lancer la désignation des candidats du parti aux législatives.

“Il n’est pas question de divorce” avec LR, a cependant assuré sur iTELE Jean-Christophe Lagarde. “Il est simplement question que, pour construire une coalition il faut discuter. Ça n’a pas pu être possible parce qu’il y a des divergences au sein des Républicains.”

“NOTRE PORTE EST OUVERTE”

Le président de LR et ancien chef de l’Etat Nicolas Sarkozy, qui ne cache pas son intention de briguer l’investiture de la droite pour la présidentielle de 2017, a évoqué un groupe de travail commun. Mais celui-ci n’a pas vu le jour.

Selon les sites internet de l’Assemblée nationale et du Sénat, l’UDI ne compte que 29 députés et 42 sénateurs.

La famille centriste est en outre fragilisée par la rivalité entre Hervé Morin, président du Nouveau Centre, et Jean-Christophe Lagarde.

Le premier, qui préside aussi la région Normandie, est catégoriquement opposé à une candidature du second, député-maire de Drancy à la présidentielle, avec ou sans primaire. Le Nouveau Centre menace ainsi de quitter l’UDI si Jean-Christophe Lagarde se présente.

La question d’une candidature propre à l’UDI ou de son soutien à un autre candidat reste donc posée.

“Avant, pendant et après la primaire, notre porte sera toujours ouverte à la discussion”, a déclaré Jean-Christophe Lagarde à la tribune du congrès de l’UDI.

La discussion mais pas la “soumission”, a-t-il cependant insisté dans ses interventions devant des journalistes.

“On ne peut pas recommencer un mode de gouvernance (...) qui a été celui de 2002 à 2012, où les uns dictaient ce qu’il fallait faire et les autres devaient suivre”, a-t-il souligné dans une allusion à la fusion de l’UDF et du RPR au profit du second au sein de l’UMP, dont le parti LR est l’héritier.

Il plaide pour une coalition entre partis indépendants, sur la base d’un “pacte d’alternance”, articulés autour d’objectifs communs et d’un accord de gouvernance fixant des principes comme le refus de toute alliance avec l’extrême droite.

Mais pour l’heure, la question est d’abord de savoir auquel des neufs candidats actuels de LR à la primaire profitera la décision de l’UDI de ne pas participer à cette consultation.

Emmanuel Jarry, avec Sophie Louet

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