March 14, 2016 / 4:47 PM / 2 years ago

Des soldats ivoiriens patrouillent sur des plages désertes

GRAND-BASSAM, Côte d’Ivoire (Reuters) - Des soldats ivoiriens patrouillaient lundi le long des plages désertées par les touristes au lendemain d’une attaque islamiste qui a fait 18 morts, dont quatre Français, à l’est d’Abidjan.

Quatre Français sont au nombre des 18 personnes tuées dimanche dans l'attaque menée par Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) contre la station balnéaire de Grand Bassam en Côte d'Ivoire. L'attaque a coûté la vie à 15 civils et trois membres des forces de sécurité et a fait 33 blessés, selon le dernier bilan du ministre ivoirien de l'Intérieur, qui précise que trois islamistes ont été tués. /Photo prise le 14 mars 2016/REUTERS/Luc Gnago

Cette attaque revendiquée par Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), la troisième menée depuis novembre dernier en Afrique de l’Ouest par le groupe djihadiste, a visé Grand-Bassam, cité balnéaire très fréquentée tant par les Ivoiriens que par les expatriés à une quarantaine de kilomètres de la capitale économique du pays.

Selon un dernier bilan, 15 civils, de nationalités ivoirienne, burkinabée, camerounaise, malienne, allemande et française, ainsi que trois membres des forces spéciales ont péri dans l’attaque. Trois assaillants ont ensuite été abattus par les services de sécurité.

La présidence française a annoncé lundi que quatre ressortissants français avaient été tués dans cette attaque.

“Le bilan s’est alourdi car quatre victimes françaises sont désormais à déplorer”, précise l’Elysée dans un communiqué. “Le président de la République présente ses condoléances aux familles de toutes les victimes.”

François Hollande et son homologue ivoirien Alassane Ouattara “ont fait le point sur l’attentat de Grand-Bassam” lors d’un entretien téléphonique, précise le communiqué.

Parmi les civils tués figure une Allemande de 51 ans, Henrike Grohs, qui dirigeait l’Institut Goethe à Abidjan.

“ALLAHOU AKBAR !”

Un témoin, Christian Eddy, a raconté que quatre hommes étaient arrivés en voiture devant le bar où il travaille. Deux sont restés dehors, les deux autres se sont attablés à l’intérieur et ont bu des bières pendant environ une demi-heure avant de lancer l’attaque.

“Ils ne parlaient pas français, ils parlaient arabe. On utilisait l’anglais pour communiquer (...) Les deux hommes restés dehors ont commencé à tirer, les deux dans le bar ont crié ‘Allahou Akbar !’ et ont renversé la table.”

Près de là, les caméras de surveillance de l’hôtel Etoile du Sud, l’une des cibles des assaillants où deux personnes ont été abattues, ont filmé la panique des clients du bar lorsque les tirs ont éclaté. On voit un homme, déguisé en serveur, entrer avec un fusil et ouvrir le feu.

Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a revendiqué la responsabilité de cette attaque après celles menées au Burkina Faso en janvier et au Mali en novembre.

La Côte d’Ivoire n’avait jamais été prise pour cible par Al Qaïda auparavant et le président Ouattara a décrété trois jours de deuil.

Trente-trois personnes ont été blessées, a précisé le ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko, ajoutant que 26 d’entre elles faisaient toujours l’objet de soins.

Lundi, les vendeurs ambulants qui arpentent traditionnellement les plages de Grand-Bassam et les artères bordant les hôtels avaient disparu, remplacés par des soldats équipés d’armes automatiques.

PANIQUE

“J’ai vu tous les clients courir avec leurs enfants qui pleuraient. Je leur ai demandé pourquoi et ils m’ont répondu ‘ils courent en tirant sur la plage’”, raconte Souleymane Ouadreogo, employé de l’hôtel-restaurant Assoyam Beach.

“Nous n’aurions jamais pensé que cela puisse se produire ici. A Abidjan, peut-être. Mais ici ? Jamais.”

L’attaque de dimanche a confirmé la stratégie d’expansion d’Aqmi après Bamako et Ouagadougou, les capitales malienne et burkinabée, respectivement visées en novembre et janvier derniers.

Elle pose aussi la question de savoir quel pays risque d’être le suivant et soulève des questions sécuritaires pour la France. L’ancienne puissance coloniale a des milliers de ressortissants, 18.000 en Côte d’Ivoire, et de soldats dans la région, dont 800 à Abidjan.

Elle constitue également un coup sévère porté à la Côte d’Ivoire qui se relève de près de dix années d’une instabilité politique qui avait culminé avec une guerre civile en 2011.

Intervenue au Mali en 2013 pour tenter de ramener la stabilité après une insurrection touarègue récupérée ensuite par des djihadistes liés à Al Qaïda, la France a environ 3.500 soldats répartis du Tchad au Sénégal.

Les ministres français des Affaires étrangères et de l’Intérieur, Jean-Marc Ayrault et Bernard Cazeneuve, se rendent mardi à Abidjan pour exprimer la solidarité de la France envers la Côte d’Ivoire.

Avec Locoumane Coulibaly et Ange Aboa à Abidjan, John Irish et Marine Pennetier à Paris; Nicolas Delame et Guy Kerivel pour le service français

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