March 7, 2016 / 10:26 AM / 2 years ago

Le gouvernement cherche une issue sur la loi Travail

PARIS (Reuters) - Manuel Valls a confirmé lundi, au début d’une semaine décisive pour son projet de réforme du Code du travail, qu’il était prêt à donner partiellement satisfaction aux syndicats réformistes, très critiques, mais sans dévoiler ses batteries.

Manuel Valls et Myriam El Khomri ont entamé lundi des rencontres avec les partenaires sociaux destinées à vaincre les réticences au sujet de la réforme du Code du travail, en particulier celles des syndicats réformistes prêts à discuter de sa réécriture. /Photo prise le 4 novembre 2015/REUTERS/Charles Platiau

Entouré par les ministres du Travail, Myriam El Khomri, et de l’Economie, Emmanuel Macron, le chef du gouvernement a entamé un round de consultations avec les partenaires sociaux, auxquels il donnera sa réponse lundi prochain.

“Manuel Valls nous a dit qu’il voulait garder l’équilibre de ce texte et qu’il veut la réforme”, a résumé le président de la CGPME, François Asselin, dernier interlocuteur du jour. Mais “il y a certainement des curseurs qui vont bouger.”

“Sur différents sujets (...) il nous a dit : ‘nous cherchons la voie’”, a ajouté ce dirigeant patronal.

C’est aussi l’impression retirée, à quelques nuances près, par les interlocuteurs syndicaux du Premier ministre, qu’ils soient dans le camp des “réformistes” comme la CFDT et la CFTC, ou des opposants radicaux au projet, comme la CGT et FO.

Le secrétaire général de la CFDT, qui mène la bataille pour une réécriture du texte, a tiré de son rendez-vous la conclusion qu’il avait été “écouté” et que des “choses pouvaient évoluer”.

Mais Laurent Berger a dit ne pas avoir eu de réponse aux demandes de son organisation.

Premier reçu, le président de la CFTC, Philippe Louis, avait parlé “d’ouvertures”, notamment sur le rôle des branches en l’absence d’accords d’entreprise ou l’encadrement des “forfaits jours”, qui permettent de dépasser les 35 heures hebdomadaires.

“RAPPORT DE FORCE”

Selon lui, Manuel Valls est aussi prêt à prendre en compte, en cas de licenciement économique, la situation globale des groupes internationaux auxquels appartiendraient les entreprises concernées, et pas seulement leurs performances en France.

De même, l’intégration d’un “compte temps” dans le futur compte personnel d’activité (CPA), censé réunir l’ensemble des droits des actifs, pourrait être envisagée, a-t-il ajouté.

En revanche, “je ne pense pas qu’il y aura un retrait du barème” qui plafonne les indemnités prud’homales, a encore dit Philippe Louis. Mais “là, les curseurs peuvent bouger.”

A ce stade, les syndicats réformistes, CFDT en tête, ne veulent pas entendre parler de ce barème, que les organisations patronales considèrent au contraire comme un élément clef.

Laurent Berger a menacé de faire monter d’un cran la mobilisation de sa confédération si elle n’obtenait pas satisfaction. “Dans ce type de discussion, il y a forcément un élément de rapport de forces”, a-t-il souligné.

En attendant la réponse de Manuel Valls, CFDT, Unsa, CFE-CGC, CFDT et le syndicat étudiant Fage organiseront samedi des rassemblements dans tout le pays pour sensibiliser les Français à leurs propositions et aux éléments du projet de loi qu’ils combattent ou veulent approfondir, a-t-il précisé.

Force ouvrière (FO) ne veut pas entrer dans une réécriture du texte, a confirmé son secrétaire général, Jean-Claude Mailly, pour qui le problème est sa logique même : “Je ne négocie pas un plat de lentilles, on veut le repas complet.”

Soit le Premier ministre suspend le texte et “rediscute de tout”, soit ce sera un “bras de fer”, a-t-il dit.

MOBILISATION

Le numéro un de la CGT, Philippe Martinez, a lui aussi demandé le retrait du texte pour discuter d’un nouveau projet.

Manuel Valls “considère que la France doit se mettre au diapason des autres pays européens, donc plus de flexibilité (...) pour les entreprises”, a-t-il dit. “Il n’a pas changé.”

La CGT, FO et une vingtaine d’organisations de jeunes, dont les syndicats étudiants et lycéens Unef, Fidl et UNL, appellent à la mobilisation mercredi, puis le 31 mars.

Les dirigeants syndicaux et patronaux doivent se succéder jusqu’à mercredi dans le bureau du Premier ministre.

Myriam El Khomri a fait état devant la presse de “débats francs, directs, constructifs” et confirmé que le gouvernement était sensible aux propositions sur le CPA, dans lequel le patronat voit au contraire des contraintes supplémentaires.

Le groupe PS à l’Assemblée lui consacrera pour sa part un séminaire mardi et entend faire des propositions.

Une pétition lancée il y a un peu plus de deux semaines sur internet pour demander le retrait du texte a recueilli plus d’un million de signatures.

Avec Simon Carraud, édité par Yves Clarisse

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