February 29, 2016 / 11:45 AM / 3 years ago

Incidents à la frontière entre la Grèce et la Macédoine

IDOMENI, Grèce (Reuters) - Des policiers macédoniens ont fait usage lundi de grenades lacrymogènes pour disperser des centaines de migrants qui tentaient de forcer la frontière avec la Grèce au point de passage d’Idomeni.

Des policiers macédoniens ont fait usage lundi de grenades lacrymogènes pour disperser des centaines de migrants qui tentaient de forcer la frontière avec la Grèce au point de passage d'Idomeni. /Photo prise le 29 février 2016/REUTERS/Alexandros Avramidis

Ces incidents sont une nouvelle illustration de l’incapacité des Européens à surmonter leurs divergences face à la plus grave crise humanitaire de ces dernières décennies sur leur territoire.

La Grèce, en première ligne, a installé dans l’urgence de nouveaux centres d’accueil après les décisions de l’Autriche et d’autres pays situés sur la “route migratoire des Balkans” de mettre en place des restrictions à leurs frontières.

On estimait lundi à 22.000 le nombre de migrants et de réfugiés ainsi bloqués en Grèce, certains dormant dehors dans le centre d’Athènes, d’autres regroupés dans un aéroport désaffecté ou sur certains sites des Jeux olympiques de 2004.

Au total, le gouvernement d’Alexis Tsipras redoute que 50.000 à 70.000 migrants et réfugiés se retrouvent “piégés” sur le territoire grec dans les semaines à venir en raison du renforcement des contrôles imposés à leurs frontières par des Etats des Balkans et d’Europe centrale, a déclaré dimanche le ministre grec de la Migration, Yannis Mouzalas.

L’an dernier, plus d’un million de migrants ont transité par la Grèce avant de poursuivre leur périple vers le coeur de l’Europe, principalement en Allemagne. Plusieurs nations européennes ont reproché à Athènes de se contenter de les laisser passer, sans mettre en oeuvre les dispositions prévues comme l’enregistrement des demandeurs d’asile.

“Ces gens ne veulent pas rester ici. Même si nous avions un système en place pour qu’ils puissent rester ici de façon permanente, cela ne fonctionnerait pas”, a plaidé le ministre grec du Transport maritime, Thodoris Dritsas.

A Idomeni, petite localité rurale à la frontière entre la Grèce et la Macédoine, ils sont désormais plusieurs milliers à attendre dans des conditions précaires. Des ONG parlent de 7.000 personnes. Des incidents ont été signalés entre des familles de réfugiés se battant pour des tentes.

Lundi, une bousculade s’est produite lorsqu’une rumeur a couru selon laquelle les autorités macédoniennes avaient ouvert la frontière. C’est à ce moment-là que les force de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène, a rapporté un journaliste de Reuters.

S’exprimant à Genève, le ministre macédonien des Affaires étrangères, Nikola Poposki, a fait état d’une coopération “encourageante” mais encore insuffisante avec les autorités grecques. “Transférer la responsabilité d’une frontière à la suivante n’est clairement pas la solution”, a-t-il ajouté devant le Conseil des droits de l’homme de l’Onu.

Alexandros Avramidis, Jean-Philippe Lefief pour le service français

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