February 27, 2016 / 9:59 AM / 3 years ago

La trêve, globalement respectée, reste fragile en Syrie

BEYROUTH (Reuters) - L’accord sur la cessation des hostilités était globalement respecté samedi dans l’ouest et dans le nord de la Syrie au lendemain de l’entrée en vigueur de cette trêve partielle présentée par les Nations unies comme une opportunité de relancer les pourparlers de paix.

Un homme dans les ruines de sa maison à Douma, ville tenue par les rebelles près de Damas. L'accord sur la cessation des hostilités était globalement respecté samedi dans l'ouest et dans le nord de la Syrie au lendemain de l'entrée en vigueur de cette trêve partielle présentée par les Nations unies comme une opportunité de relancer les pourparlers de paix. /Photo prise le 27 février 2016/REUTERS/Bassam Khabieh

La suspension des combats, qui exclue les opérations contre les djihadistes de l’Etat islamique et les combattants du Front al Nosra, est entrée en vigueur vendredi afin de tenter d’engager un processus de paix après cinq années d’un conflit qui a fait plus de 250.000 morts et privé 11 millions de personnes de foyer.

“A Damas et dans les campagnes alentours (...) pour la première fois depuis des années, le calme prévaut”, a déclaré le directeur de l’OSDH, Rami Abdoulrahman. “A Lattaquié, c’est calme, et à la base aérienne de Hmeimim, il n’y a aucune activité”, a-t-il dit à propos de l’endroit d’où décollent les avions de guerre russes.

LA RUSSIE SUSPEND SES FRAPPES

La Russie, qui a prévenu qu’elle poursuivrait ses frappes contre les positions tenues par les combattants islamistes exclus du champ d’application de l’accord, a toutefois annoncé samedi la suspension pour la journée de tous ses raids aériens afin d’éviter toute erreur.

Selon des commandants rebelles, les bombardements gouvernementaux ont cessé dans certaines parties de la Syrie mais ils se poursuivent ailleurs.

Le groupe Djaïch al Islam a ainsi fait savoir que les forces gouvernementales avaient procédé à des largages de barils d’explosifs et ouvert le feu sur plusieurs de ses positions dans la plaine de la Goutha orientale, près de Damas.

Un porte-parole du groupe, citant des commandants présents sur le terrain, a expliqué que les troupes loyalistes ont fait “usage d’armes automatiques” pour tenter de progresser dans cette zone proche de la capitale qu’elles tentent de reprendre.

La télévision gouvernementale affirme de son côté que plusieurs obus ont été tirés sur un quartier résidentiel de Damas depuis des positions tenues par des insurgés dans la grande banlieue de la capitale syrienne.

OFFENSIVE DE L’EI

La coalition conduite par les Etats-Unis a mené plusieurs frappes sur la ville syrienne de Tel Abyad pour repousser une offensive de l’Etat islamique contre les combattants kurdes qui l’occupent. Au moins 45 combattants de l’EI et 20 miliciens kurdes ont péri dans les combats qui ont suivi, dit la coalition.

L’EI a de son côté revendiqué une attaque suicide perpétrée aux abords de la ville de Salamya, chef lieu de la province d’Hama. Selon l’agence de presse officielle syrienne, le kamikaze a fait exploser son véhicule aux premières heures du jour, tuant deux personnes.

Un autre attentat suicide a visé un peu plus tard le village de Teeba, tuant quatre personnes.

Pour les Nations unies, la trêve est une étape préliminaire à un cessez-le-feu officiel à établir. Le gouvernement syrien a fait savoir que la trêve serait rompue si des Etats étrangers fournissaient les rebelles en armes ou si ces derniers profitaient du cessez-le-feu pour se réarmer.

La principale organisation d’opposition soutenue par Ryad, le Haut conseil pour les négociations (HCN), a dit qu’elle acceptait une trêve de deux semaines, tout en craignant que les forces gouvernementales ne poursuivent leurs attaques contre les rebelles sous couvert de viser le Front al Nosra.

Les YPG (unités de protection du peuple), qui constituent un partenaire important pour la coalition internationale contre l’Etat islamique conduite par les Etats-Unis, s’y sont également ralliés, en se réservant toutefois le droit de riposter si elles étaient attaquées.

John Davison, Mariam Karouny et Tom Perry à Beirut, Louis Charbonneau et Michelle Nichols à New York, Tom Miles et Stephanie Nebehay à Geneva et Andrew Osborn à Moscou,; Nicolas Delame et Danielle Rouquié pour le service français

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