February 24, 2016 / 10:55 AM / 2 years ago

Réquisitoire de Martine Aubry contre Manuel Valls

PARIS (Reuters) - Plusieurs personnalités de gauche, parmi lesquelles Martine Aubry, signent un réquisitoire contre la politique menée par François Hollande et Manuel Valls qui risque selon elles d’entraîner un “affaiblissement durable de la France”.

Dans une tribune parue mercredi dans Le Monde, Martine Aubry et plusieurs personnalités de gauche signent un réquisitoire contre la politique menée par François Hollande et Manuel Valls qui risque selon elles d'entraîner un "affaiblissement durable de la France". /Photo d'archives/REUTERS/Jean-Philippe Arles

“Trop, c’est trop”, peut-on lire dans cette tribune parue mercredi dans Le Monde et signée entre autres par l’écologiste Daniel Cohn-Bendit, le socialiste Benoît Hamon, l’économiste Daniel Cohen et la maire de Lille.

Les signataires dressent un inventaire des “reculs” imputés au gouvernement, du pacte de responsabilité au projet de réforme du Code du travail en passant par le “désolant débat sur la déchéance de nationalité”.

En fin de journée devant la presse, Martine Aubry a enfoncé le clou contre le Premier ministre, dont elle a dénoncé les “vieilles recettes”. “La gauche progressiste, la gauche moderne, c’est nous”, a-t-elle dit.

A 14 mois de l’élection présidentielle où la candidature de François Hollande est incertaine, l’ancienne ministre a toutefois estimé que “le président de la République n’avait pas besoin d’aller dans une primaire.”

Les signataires de la tribune du Monde évoquent des “désaccords mués en une grande inquiétude”.

“Ce n’est plus simplement l’échec du quinquennat qui se profile, mais un affaiblissement durable de la France qui se prépare, et bien évidemment de la gauche, s’il n’est pas mis un coup d’arrêt à la chute dans laquelle nous sommes entraînés”, peut-on lire dans ce texte publié alors que François Hollande est absent de France toute la semaine pour cause de tournée en Polynésie et en Amérique de Sud.

“L’INDÉCENT DISCOURS DE MUNICH”

Dans l’entourage de Manuel Valls, on minimise l’importance de la salve, qui a dit-on “le mérite de clarifier les camps, avec d’un côté une gauche aux responsabilités et de l’autre la tradition d’une gauche incantatoire, de l’indignation”.

“Le texte rejette en bloc la politique de ce quinquennat”, ajoute-t-on. “Il ne propose rien, ne fait qu’acter des désaccords et marquer une frontière jugée infranchissable par ses auteurs.”

“Ceci n’apporte rien, je ne vois rien de positif”, a déclaré le secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, sur BFM TV. “Nous assumons ce que nous faisons au milieu des difficultés, on sait bien que tout n’est pas réussi, mais ce n’est pas en refusant de prendre ses responsabilités qu’on fait avancer la gauche.”

Outre le pacte de responsabilité ou l’extension de la déchéance de nationalité contre lesquels une partie de la gauche s’était déjà dressée, les auteurs de la tribune reprochent à Manuel Valls d’avoir plaidé, lors d’un récent déplacement en Allemagne, pour une réduction du flux de réfugiés vers l’Europe.

“Par une regrettable accélération du temps, la semaine dernière, ce fut la meurtrissure de l’indécent discours de Munich, à propos des réfugiés. Se revendiquer d’une liberté de ton n’autorise pas tout”, dénoncent-ils.

Le projet de loi de réforme du Code du travail, que doit présenter Myriam El Khomri en conseil des ministres le 9 mars, constitue à leurs yeux le dernier casus belli en date.

Ce texte “a provoqué non plus de la déception, mais de la colère !”, disent les signataires. “C’est toute la construction des relations sociales de notre pays qui est mise à bas en renversant la hiérarchie des normes, et en privilégiant l’accord dans l’entreprise”.

“Il n’y a ni vraie réforme ni social dans nombre de politiques qui sont menées depuis deux ans. On y trouve des propositions puisées dans le camp d’en face, qui n’ont rien de moderne, et qui sont inefficaces”, ajoutent-ils.

L’avant-projet de loi de Myriam El Khomri, dont les grandes lignes ont été dévoilées la semaine dernière, a commencé à faire réagir les syndicats, réunis mardi soir pour réfléchir à une éventuelle riposte.

Simon Carraud et Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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