February 17, 2016 / 10:25 PM / in 2 years

Deux jours à Bruxelles pour tenter d'éviter un "Brexit"

BRUXELLES (Reuters) - Les dirigeants européens ont commencé jeudi à négocier les termes d’un accord avec le Royaume-Uni visant à convaincre les Britanniques de rester dans l’Union européenne sans freiner la poursuite de l’intégration de la zone euro.

Le Premier ministre britannique David Cameron (à gauche) et le président du Conseil européen Donald Tusk, à Bruxelles. Les dirigeants européens ont commencé jeudi à négocier les termes d'un accord avec le Royaume-Uni visant à convaincre les Britanniques de rester dans l'Union européenne sans freiner la poursuite de l'intégration de la zone euro. /Photo prise le 18 février 2016/REUTERS/Olivier Hoslet/Pool

“Je n’accepterai pas un accord qui ne corresponde pas à nos besoins”, a prévenu le Premier ministre britannique, David Cameron, à son arrivée à Bruxelles. “Cela va être dur”, a-t-il estimé, ce que des membres de sa délégation ont confirmé à l’issue de la première séance de discussions.

“Je dirais que le déroulement est difficile. Ce pourrait être une longue nuit”, a averti l’un d’eux, ayant requis l’anonymat. “Beaucoup de pays disent vouloir (...) assurer le maintien de la Grande-Bretagne au sein de l’UE, mais on ne sait pas bien ce qu’ils ont l’intention de faire en pratique pour y parvenir”, a-t-il souligné, s’adressant à la presse.

S’il obtient suffisamment de concessions à l’issue du Conseil européen vendredi, David Cameron a promis de faire campagne pour le maintien dans l’UE lors du référendum qu’il pourrait organiser dès fin juin.

“La question de la place de la Grande-Bretagne en Europe a traîné pendant trop longtemps, il est temps de la régler”, a estimé le chef du gouvernement.

“Si nous parvenons ici à un accord suffisamment fort pour convaincre le peuple britannique (...) nous avons une opportunité de régler ce problème pour une génération”, a-t-il ajouté.

Le président français, François Hollande, a jugé à son arrivée qu’”un accord (était) possible mais si certaines conditions sont réunies”.

“Je souhaite que la Grande-Bretagne reste dans l’Union européenne mais je souhaite surtout que l’Europe puisse avancer, puisse être plus forte, et que personne, aucun chef de gouvernement ou aucun chef d’Etat, ne puisse l’empêcher”, a-t-il ajouté.

Le Premier ministre britannique, David Cameron, à son arrivée à Bruxelles jeudi. Les dirigeants européens vont tenter jeudi et vendredi de s'accorder sur les concessions à faire au Royaume-Uni pour convaincre les Britanniques de rester dans l'Union européenne, sans freiner la poursuite de l'intégration de la zone euro. /Photo prise le 18 février 2016/REUTERS/Yves Herman

Lors de la première séance de discussion, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a demandé à tous les participants de travailler dans un esprit constructif, tandis que la France a répété son refus de voir les institutions financières britanniques bénéficier d’un avantage grâce à une réglementation différente de celle auxquelles sont soumises leurs concurrentes européennes, a rapporté un diplomate européen.

“PAS DE MEILLEUR MOMENT POUR UN COMPROMIS”

La question de l’interprétation de la formule d’une Union “sans cesse plus étroite”, qui figure dans les textes européens et dont le Royaume-Uni veut s’assurer qu’elle ne l’engagera pas juridiquement, ne pose de problème à personne, tout comme l’assurance que les mesures adoptées au Conseil figureront un jour dans les traités européens, a-t-il ajouté.

En revanche, la durée pendant laquelle les travailleurs européens étrangers seraient privés d’allocation sociales au Royaume-Uni continue de faire débat, en particulier avec les pays de l’Est, dont les ressortissants sont les plus concernés.

Un porte-parole du Conseil européen a annoncé peu après 20h00 que la première séance était terminée et que les chefs d’Etat et de gouvernement commençaient leur dîner consacré à la crise des réfugiés.

Les discussions entre sherpas se poursuivaient en parallèle sur la question du “Brexit”, qui sera à nouveau abordée par les chefs d’Etat et de gouvernement soit après leur dîner soit vendredi matin.

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Le maintien du Royaume-Uni dans l’UE, souhaité par les Vingt-Huit mais qui divise l’opinion publique britannique, lèverait une forte incertitude pour l’Europe, déjà confrontée à la plus grave crise migratoire depuis la Seconde Guerre mondiale, à une montée des mouvements extrémistes, à la menace terroriste et à la mollesse persistante de l’économie.

“Les négociations sont très avancées et nous devons nous servir de cette dynamique”, avait écrit Donald Tusk dans sa lettre d’invitation aux dirigeants européens. “Il n’y aura pas de meilleur moment pour un compromis.”

Bureau européen de Reuters et Jean-Baptiste Vey pour le service français

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