February 12, 2016 / 11:55 AM / 2 years ago

Scepticisme et lazzis accueillent le remaniement

PARIS (Reuters) - La presse, l’opposition et les analystes se montrent très critiques vendredi pour qualifier le remaniement gouvernemental opéré par François Hollande dans le but déclaré d’”agir” et de “réformer” durant la dernière année du quinquennat.

La presse, l'opposition et les analystes se montrent très critiques vis-àvis du remaniement gouvernemental opéré par François Hollande dans le but déclaré d'"agir" et de "réformer" durant la dernière année du quinquennat. L'absence de personnalité nouvelle de poids, le nombre de portefeuilles qu'on attendait resserré ou encore l'absence de femmes à des postes régaliens apparaissent comme autant de points noirs. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

Au lendemain de cette refonte, complétée par une explication de texte télévisée jeudi soir, le chef de l’Etat a présidé vendredi matin une réunion de son cabinet pour “préparer l’action des prochaines semaines”, a rapporté un conseiller.

La réunion a sans doute servi, aussi, à analyser les réactions négatives qui pleuvent sur l’exécutif. De la droite aux responsables d’Europe Ecologie-Les Verts en passant par les féministes, l’incompréhension est grande face au choix de faire entrer au gouvernement trois écologistes et l’ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Les enquêtes d’opinion vont dans le même sens. Selon un sondage OpinionWay pour Public Sénat et Etat d’Esprit, 80% des 1.038 personnes interrogées mercredi et jeudi pensent que le remaniement “n’aura pas d’effet sur l’action du gouvernement”.

“Derniers Verts pour la route”, ironise en Une Libération, “Monsieur Bricolage”, énonce Le Parisien, “Un dernier replâtrage pour finir le quinquennat”, juge Le Figaro. “Derniers colmatages présidentiels avant 2017”, écrit Le Monde.

L’absence de personnalité nouvelle de poids, le nombre important de portefeuilles, là où l’on attendait une équipe resserrée, l’entrée d’élus très critiques envers la politique menée ou encore l’absence de femmes à des postes régaliens apparaissent comme autant de points noirs.

“OCCASION GÂCHÉE”

“Si on avait envie de faire d’une pierre deux coups en cumulant tous les échecs, là on a un strike ! “ a dit à Reuters Gaël Sliman, président de l’institut Odoxa.

Pour le politologue, le gouvernement Valls III a pris un ticket pour l’immobilisme alors que le pays a besoin de mouvement face à une profonde crise morale et économique.

“C’est une occasion gâchée de donner un sentiment de rebond ou d’élan et la présence d’Ayrault, qui a plombé l’exécutif et François Hollande au début du quinquennat, renforce l’idée d’un profond immobilisme”, dit-il.

Même si François Hollande s’est défendu jeudi soir de tout “calcul” pour 2017, d’aucuns évoquent une tentative maladroite de rassembler une gauche divisée avant un scrutin dont l’enjeu pourrait être d’accéder au second tour.

“D’après les sondages actuels, le Front national se qualifiera vraisemblablement pour le second tour, donc Hollande doit faire feu de tout bois pour se qualifier lui aussi”, analyse Jérôme Fourquet, de l’Ifop. “Mais il n’y a pas de poids lourds et on peut être sceptique sur l’impact immédiat.”

Dans le monde politique, on n’est pas moins sévère, à l’image du centriste François Bayrou, qui compare ce remaniement “catastrophique” à “un gâteau dont on distribue les miettes”.

“Ça ne ressemble pas du tout à une équipe de combat rassemblée, extrêmement solidaire, cohérente, pour faire des choses très importantes”, a dit sur RTL le président du Modem.

PAS D’”AMERTUME” CHEZ FLEUR PELLERIN

Beaucoup s’interrogent sur la cohabitation dans un même gouvernement de Manuel Valls, tombeur de Jean-Marc Ayrault en 2014, et de l’écologiste Emmanuelle Cosse, opposée à ce dernier sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

L’ancienne présidente d’EELV a dit avoir décidé “en conscience” d’entrer au ministère du Logement.

Laurent Fabius, en partance pour la présidence du Conseil constitutionnel, a quitté le ministère des Affaires étrangères en laissant la place à Jean-Marc Ayrault, qui a insisté sur l’urgence de propositions pour assurer la survie de l’UE.

Au ministère de la Culture, Fleur Pellerin, dont l’éviction est une surprise du casting gouvernemental, a laissé place à Audrey Azoulay, ex-conseillère à l’Elysée.

La partante a défendu son bilan et signifié sa “gratitude immense, indicible” à Manuel Valls, sans citer François Hollande.

“Il n’y a aucune amertume car j’ai le sentiment du devoir accompli”, a-t-elle ajouté devant à la presse après avoir été longuement applaudie par ses anciens collaborateurs.

Marylise Lebranchu, remplacée par Annick Girardin à la Fonction publique, a évoqué quant à elle un jeu de chaises musicales. “Il fallait faire de la place”, a dit à la presse l’élue bretonne, qui retrouve sa “liberté de parole”.

Elizabeth Pineau, avec Sophie Louet et Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

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