February 11, 2016 / 7:49 AM / 3 years ago

Ouverture en Allemagne du procès d'un ancien garde d'Auschwitz

DETMOLD, Allemagne (Reuters) - Le procès d’un ancien garde du camp d’Auschwitz, accusé de complicité du meurtre de 170.000 personnes, s’est ouvert jeudi en Allemagne, le premier d’une série de quatre qui pourraient être les dernières grandes affaires judiciaires de l’Holocauste étant donné le grand âge des prévenus.

Le procès d'un ancien garde du camp d'Auschwitz accusé de complicité de meurtre d'au moins 170.000 personnes s'est ouvert jeudi en Allemagne, le premier d'une série de quatre qui pourraient être les dernières grandes affaires judiciaires de l'Holocauste étant donné le grand âge des prévenus. Reinhold Hanning, 94 ans, avait 20 ans en 1942 lorsqu'il a pris le poste de garde au camp d'extermination d'Auschwitz, situé en Pologne, où plus de 1,1 million de juifs ont été tués par les nazis. /Photo prise le 11 février 2016REUTERS/Wolfgang Rattay

Reinhold Hanning, qui est âgé de 94 ans, est arrivé dans la salle d’audience les yeux baissés. Les policiers étaient présents en nombre autour du bâtiment.

Le procès a lieu à Detmold, en Rhénanie du Nord-Westphalie (ouest de l’Allemagne). Il a été délocalisé dans une vaste salle située à la périphérie de la ville en raison du nombre important de parties civiles et de médias internationaux venus couvrir l’événement.

Reinhold Hanning est poursuivi par le parquet de Dortmund et par quarante plaignants venus de Hongrie, des Etats-Unis, du Canada, de Grande-Bretagne ou d’Allemagne.

Le procès devrait durer jusqu’au mois de mai prochain.

L’audience de jeudi n’a duré que deux heures en raison de l’âge du prévenu. Reinhold Hanning a été confronté au premier témoignage d’un rescapé, Leon Schwarzbaum, qui a perdu 35 membres de sa famille durant l’Holocauste.

L’accusé n’a pas prévu de s’exprimer mais son avocat pourrait lire une déclaration en son nom une fois que tous les témoins seront passés à la barre, a déclaré l’avocat de la défense Johannes Salmen à l’issue de l’audience.

Reinhold Manning avait 20 ans en 1942 lorsqu’il a pris, en tant que Waffen SS, le poste de garde au camp d’extermination d’Auschwitz, situé en Pologne, où plus de 1,1 million de juifs ont été tués par les nazis.

Deux autres hommes et une femme, tous âgés de plus de 90 ans, comparaîtront également devant la justice dans les mois à venir pour des faits similaires.

Le procès d'un ancien garde du camp d'Auschwitz, accusé de complicité de meurtre d'au moins 170.000 personnes, s'ouvre jeudi en Allemagne, le premier d'une série de quatre qui pourraient être les dernières grandes affaires judiciaires de l'Holocauste étant donné le grand âge des prévenus. Reinhold Hanning, 94 ans, avait 20 ans en 1942 lorsqu'il a pris le poste de garde au camp d'extermination d'Auschwitz, situé en Pologne, où plus de 1,1 million de juifs ont été tués par les nazis. /Photo prise le 11 février 2016/REUTERS/Bernd Thissen/Pool

Oskar Gröning, un ancien comptable du camp d’Auschwitz âgé de 94 ans, a été condamné en juillet à une peine de quatre ans de réclusion après avoir été reconnu coupable de complicité dans la mort de 300.000 personnes.

VOLONTAIRE POUR LA WAFFEN SS

Selon l’accusation, Reinhold Hanning s’est porté volontaire à l’âge de 18 ans pour rejoindre les rangs de la Waffen SS, la branche militaire du parti nazi.

Il a pris part à des batailles sur le front est-européen au début de la Seconde guerre mondiale avant d’être transféré à Auschwitz en janvier 1942.

Selon le Service central d’enquêtes sur les crimes nazis, basé à Ludwigsburg, Reinhold Hanning a servi comme garde à Auschwitz jusqu’à juin 1944 au moins.

Tout en reconnaissant avoir été garde dans le camp, l’accusé a démenti avoir été impliqué dans les assassinats de masse.

L’accusation estime pour sa part que le système d’extermination des juifs mis en place par les nazis dépendait pour partie de personnes comme Reinhold Hanning, soulignant que ce dernier avait, pour le moins, facilité les assassinats.

L’ancien garde sera confronté au récit d’autres prisonniers, à l’instar d’Erna de Vries, déportée en 1943, à l’âge de 23 ans, à Auschwitz en même temps que sa mère.

Comme son père était protestant, elle fut considérée comme une “métisse juive” et a pu échapper aux chambres à gaz.

“J’ai survécu mais, à ce jour, je ne sais toujours pas exactement comment ma mère a été tuée. La dernière chose qu’elle m’a dite est : ‘Tu survivras et tu raconteras ce qui nous est arrivé’”, a-t-elle dit à Reuters avant l’ouverture du procès.

Le procès d'un ancien garde du camp d'Auschwitz, accusé de complicité de meurtre d'au moins 170.000 personnes, s'ouvre jeudi en Allemagne, le premier d'une série de quatre qui pourraient être les dernières grandes affaires judiciaires de l'Holocauste étant donné le grand âge des prévenus. Reinhold Hanning, 94 ans, avait 20 ans en 1942 lorsqu'il a pris le poste de garde au camp d'extermination d'Auschwitz, situé en Pologne, où plus de 1,1 million de juifs ont été tués par les nazis. /Photo d'archives/REUTERS/Kacper Pempel

“Je ne suis pas animée par la haine mais je ressens une forme de justice à voir cet homme, qui travaillait là-bas quand ma mère est morte, être l’objet d’un procès.”

Bernd Thissen et Elke Ahlswede; Benoit Van Overstraeten, Danielle Rouquié et Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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