February 6, 2016 / 3:51 PM / 3 years ago

La Turquie doit réduire l'afflux de réfugiés en Grèce, dit l'UE

AMSTERDAM (Reuters) - La Turquie doit démontrer dans les prochaines semaines qu’elle est capable de réduire fortement le nombre de migrants qui arrivent en Grèce, sans quoi les pressions en faveur du rétablissement des frontières européennes ne vont cesser de croître, a déclaré samedi le responsable européen en charge des relations avec Ankara.

Selon le commissaire européen à l'élargissement, Johannes Hahn, la Turquie doit démontrer dans les prochaines semaines qu'elle est capable de réduire fortement le nombre de migrants qui arrivent en Grèce, sans quoi les pressions en faveur du rétablissement des frontières européennes ne vont cesser de croître. /Photo prise le 17 septembre 2015/REUTERS/François Lenoir

Frustré de voir les réfugiés continuer à arriver massivement dans l’Union européenne malgré l’accord conclu le 29 novembre dernier avec la Turquie, le commissaire européen Johannes Hahn estime qu’un changement doit avoir été amorcé d’ici au sommet européen des 18 et 19 février.

“Le plan d’action a été conclu il y a plus de deux mois et nous ne voyons toujours pas de diminution significative du nombre de migrants”, a déclaré à Reuters le commissaire à l’élargissement après une réunion à Amsterdam des ministres européens des Affaires étrangères à laquelle a assisté le chef de la diplomatie turque.

Mevlut Cavusoglu a annoncé à cette occasion que son pays s’attendait à accueillir dans les prochains jours au moins 55.000 réfugiés syriens supplémentaires en raison de l’offensive gouvernementale appuyée par la Russie en cours dans la région d’Alep.

“L’ESPACE SCHENGEN MENACÉ”

Johannes Hahn a néanmoins estimé qu’Ankara pouvait renforcer davantage les contrôles le long de la côte de la mer Egée, d’où partent la plupart des bateaux de migrants se rendant dans les îles grecques toutes proches.

“La Turquie peut en faire plus, je n’ai aucun doute à ce sujet”, a-t-il insisté.

La Commission européenne doit publier mercredi un rapport d’évaluation de la mise en oeuvre de l’accord du 29 novembre, qui devrait se montrer assez critique à l’égard des autorités turques, auxquelles l’UE s’est engagée à verser trois milliards d’euros en contrepartie de son action.

“Il nous faut des résultats avant le sommet de l’UE (du 18-19 février) pour montrer aux dirigeants (européens) que cela fonctionne”, a souligné Johannes Hahn.

Interrogé sur les conséquences d’un éventuel échec du plan euro-turc, le commissaire a répondu: “Cela accroît les pressions pour trouver d’autres solutions”, notamment la construction de clôtures frontalières.

Selon Johannes Hahn, l’érection de nouvelles clôtures aux frontières entre la Macédoine et la Grèce, la Bulgarie et la Grèce ou l’Autriche et la Slovénie aurait un “effet domino” qui compromettrait l’existence même de la zone de libre circulation européenne.

Six pays membres de l’espace Schengen, dont l’Allemagne, qui accueille de loin le plus grande nombre de réfugiés, ont déjà rétabli temporairement les contrôles aux frontières. Ces contrôles peuvent rester en vigueur jusqu’en mai.

Robin Emmott; Tangi Salaün pour le service français

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