February 7, 2016 / 1:20 PM / 3 years ago

Merkel et Hollande tiennent sommet pour remobiliser l'Europe

PARIS (Reuters) - Angela Merkel et François Hollande se réunissent dimanche soir à Strasbourg pour préparer la mobilisation des Européens face à la crise des réfugiés, qui menace de disloquer l’Union, et étudier le pré-accord conclu pour éviter une sortie du Royaume-Uni.

Angela Merkel et François Hollande se réunissent dimanche soir à Strasbourg pour préparer la mobilisation des Européens face à la crise des réfugiés, qui menace de disloquer l'Union, et étudier le pré-accord conclu pour éviter une sortie du Royaume-Uni. /Photo d'archives/REUTERS/Axel Schmidt

La chancelière allemande et le chef de l’Etat français, conviés par le président du Parlement européen, Martin Schulz, se rencontrent dans la capitale de l’Alsace avant le Conseil européen des 18 et 19 février à Bruxelles, où des décisions importantes doivent être prises sur ces dossiers.

Les tensions suscitées entre les Etats membres par l’afflux de réfugiés menacent l’espace Schengen de libre circulation, dont la destruction risque, selon le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, d’entraîner l’euro dans sa chute.

Face à l’émergence des extrémismes dans toute l’Union européenne, François Hollande a jugé urgent de “redonner une perspective à l’Europe tout entière” lors de ses voeux au corps diplomatique le 21 janvier.

“Sinon la tentation du repli national gagnera, avec le risque de dislocation du projet européen”, a-t-il dit.

De source diplomatique française, on rappelle que les instruments pour gérer la crise ont fait l’objet de décisions de principe : création d’un corps européen de gardes-frontières, de “hot spots” en Grèce et en Italie pour faire le tri entre migrants économiques et demandeurs d’asile légitimes, renvoi des premiers et contrôles à la frontière gréco-turque.

Mais ils doivent être complètement mis en oeuvre et la priorité est de mobiliser les moyens pour résorber les flux de personnes qui arrivent de Méditerranée.

“Il faut obtenir dans les semaines qui viennent une mobilisation pour avoir des résultats”, dit le diplomate.

Les Etats membres devraient être appelés lors du Conseil européen à fournir à la Grèce, où se déploient actuellement les agences européennes de contrôle, le matériel dont elle a besoin, un inventaire préparé par la visite menée cette semaine dans ce pays par les ministres de l’Intérieur français et allemand, Bernard Cazeneuve et Thomas de Maizière.

VISAS EN TURQUIE

La Turquie, qui s’est vu allouer trois milliards d’euros par l’UE, notamment pour gérer les réfugiés sur son territoire, sera également appelée à respecter ses engagements.

La plus grande partie du flux de migrants dans ce pays vient actuellement du Pakistan, d’Afghanistan et d’Afrique du Nord, Ankara n’exigeant pas de visa pour leurs ressortissants.

Pour Paris, il faut que la Turquie réinstaure les visas avec ces pays ou qu’elle “réadmette” les migrants qu’elle a accueillis sur son sol et qui sont partis à l’Ouest.

L’autre gros dossier de la rencontre Merkel-Hollande est le pré-accord conclu cette semaine pour éviter un “Brexit”.

Les propositions présentées par le président du Conseil européen, Donald Tusk, après plusieurs jours de tractations avec David Cameron couvrent les quatre domaines (législation, zone euro, compétitivité, immigration) sur lesquels le Premier ministre britannique a réclamé des réformes avant de présenter d’ici quelques mois, peut-être en juin, un référendum pour ou contre l’appartenance du Royaume-Uni à l’UE.

S’il obtient gain de cause, David Cameron promet de faire campagne en faveur du “oui”.

La France estime que ce pré-accord devra maintenant être étudié “virgule par virgule” mais que la glace est brisée.

François Hollande a fait part mercredi de ses “lignes rouges”, le respect des traités européens actuels et la non interférence de la Grande-Bretagne dans la zone euro.

Ainsi, les réglementations financières s’appliqueront à tous, y compris la Grande-Bretagne, qui obtiendrait un droit d’évocation si une législation de la zone euro lui pose problème, sans toutefois que cela revienne à un droit de veto.

Pour les pays de l’Est, le principal problème est la disposition du projet d’accord qui prévoit que le Royaume-Uni pourra suspendre pendant quatre ans le versement de prestations sociales aux ressortissants de l’Union arrivés depuis peu sur son sol et qui travaillent dans le pays.

Yves Clarisse, édité par Sophie Louet

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