January 30, 2016 / 11:21 AM / 3 years ago

Des milliers d'opposants à l'état d'urgence ont défilé samedi

PARIS (Reuters) - Plusieurs milliers d’opposants à la prolongation de l’état d’urgence et à son inscription dans la Constitution ont manifesté samedi à Paris et dans plusieurs dizaines de villes de France, à quelques jours de l’examen du projet de loi en conseil des ministres.

Plusieurs milliers d'opposants à la prolongation de l'état d'urgence et à son inscription dans la Constitution ont manifesté samedi à Paris et dans plusieurs dizaines de villes de France, à quelques jours de l'examen du projet de loi en conseil des ministres. A Paris, la manifestation a réuni 5.500 personnes, selon la préfecture de police, d'autres rassemblements à ayant eu lieu dans quelque 70 villes dont Lyon, Toulouse, Lille, Marseille et Strasbourg. /Photo prise le 25 novembre 2015/REUTERS/Christian Hartmann

A Paris, la manifestation a réuni 5.500 personnes, selon la préfecture de police. D’autres rassemblements à l’appel des collectifs “Nous ne céderons pas” et “Stop état d’urgence” se sont également tenus dans quelque 70 villes dont Lyon, Toulouse, Lille, Marseille et Strasbourg.

Décrété par François Hollande dans la foulée des attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis, l’état d’urgence a été prolongé une première fois de trois mois et l’exécutif a annoncé son intention de le proroger une nouvelle fois au-delà du 26 février.

Un projet de loi en ce sens doit être présenté mercredi en conseil des ministres avant d’être examiné en séance publique par les sénateurs le 9 février puis par les députés le 16 février.

Ce dispositif, prévu à l’origine par une loi de 1955, permet notamment de mener des perquisitions administratives ou de prononcer des assignations à résidence sans accord préalable d’un magistrat, des mesures jugées dangereuses par des associations de défense des droits de l’homme.

“L’état d’urgence conduit à des décisions arbitraires, des dérives autoritaires”, écrit le collectif “Nous ne céderons pas” dans un communiqué.

“Depuis novembre 2015, plus de trois mille perquisitions sont intervenues. Tout comme les assignations à résidence, elles ont donné lieu à de nombreux dérapages, à un accroissement des discriminations à l’égard de populations déjà stigmatisées en raison de leur origine et/ou leur religion supposée ou réelle.”

PRÉOCCUPATION

Face à ce constat, les deux collectifs, qui réunissent syndicats, associations et organisations de défense des droits de l’homme, réclament la levée immédiate de l’état d’urgence et l’abandon de la réforme constitutionnelle.

“Non seulement la menace terroriste ne justifie pas l’état d’urgence mais c’est l’inverse”, a dit à Reuters TV le co-fondateur du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, présent dans la manifestation parisienne. “C’est précisément parce qu’il y a des terroristes qu’il faut que notre réponse soit une démocratie plus vivante que jamais”.

Dans le cortège, de nombreux manifestants ont mis en doute l’efficacité des mesures mises en place après les attentats.

“Je pense que c’est très dangereux de prolonger l’état d’urgence”, a dit Alexandra. “Ça a déjà servi pendant la COP21 à enfermer des manifestants qui n’avaient rien à voir avec le terrorisme, donc je me dis à quoi ça va leur servir ? Dans tous les cas, ça n’empêchera pas le terrorisme”.

Selon un sondage Ifop pour Atlantico publié samedi, 79% des Français interrogés se disent favorables à la prolongation de trois mois de l’état d’urgence à partir du 26 février (34% “très” et 45% “assez”) contre 21% qui s’y disent opposés (7% “très” et 14% “assez”).

Dans le détail, cette potentielle prolongation est bien accueillie par 85% des sympathisants du FN, 87% des sympathisants des Républicains, 83% des sympathisants du PS et 65% des sympathisants du Front de gauche.

Saisi en référé par le Ligue des droits de l’homme, le Conseil d’Etat a refusé mercredi de suspendre l’état d’urgence, estimant notamment que le péril imminent justifiant sa mise en oeuvre n’avait pas disparu.

L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe s’est déclarée préoccupée par la prolongation du dispositif en France, relayant les alertes déjà lancées par le commissaire aux droits de l’Homme et le secrétaire général de l’organisation.

Marine Pennetier, avec Hortense de Roffignac, édité par Guy Kerivel

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