January 29, 2016 / 9:45 AM / 3 years ago

Deux journalistes travaillant pour Le Monde arrêtés au Burundi

PARIS/NAIROBI (Reuters) - Deux journalistes travaillant pour le journal Le Monde, le Français Jean-Philippe Rémy et le Britannique Philip Edward Moore, ont été arrêtés jeudi par la police dans la capitale du Burundi lors d’une opération contre des rebelles.

Le quotidien Le Monde a demandé vendredi la libération de ses deux envoyés spéciaux au Burundi, Jean-Philippe Rémy et Philip Edward Moore, arrêtés la veille par la police alors qu'ils rencontraient des membres de l'opposition. Plus de 400 personnes ont péri dans des violences et manifestations au Burundi depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé en avril sa volonté de briguer un troisième mandat consécutif. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

Selon Moïse Nkurunziza, porte-parole adjoint de la police, cinq personnes, dont le photographe britannique, ont été arrêtées lors de perquisitions dans les quartiers de Jabe et Nyakabiga, jeudi à Bujumbura.

Le Français Jean-Philippe Rémy est ensuite venu s’enquérir de ce qui était arrivé à son collègue britannique et il a aussi été arrêté pour être interrogé, a ajouté le porte-parole.

Les deux hommes étaient tous deux accrédités en tant que journalistes à Bujumbura, a-t-il précisé.

Jean-Philippe Rémy et Philip Edward Moore “ont été interpellés à Bujumbura dans l’après-midi de jeudi par les services de sécurité burundais alors qu’ils rencontraient des opposants”, écrit pour sa part le directeur du Monde Jérôme Fenoglio.

Le Monde demande sur son site internet “la libération immédiate de ses deux envoyés spéciaux”, tandis que le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius fait part de sa “préoccupation” et demande aussi la libération des deux journalistes.

“J’appelle les autorités du Burundi à procéder à leur libération immédiate. Des démarches diplomatiques sont en cours”, précise le communiqué publié par le Quai d’Orsay.

Jean-Philippe Rémy, 49 ans, dirige le bureau régional du Monde à Johannesburg, tandis que Philip Edward Moore, 34 ans, est un photographe freelance qui a beaucoup travaillé sur les zones de conflit dans la région.

“Jean-Philippe Rémy est entré légalement dans le pays le 19 janvier et Philip Edward Moore le 21 janvier”, précise Le Monde. “Ils étaient tous deux munis de visas et ne faisaient qu’exercer leur métier en rencontrant toutes les parties concernées par les tensions en cours au Burundi.”

Plus de 400 personnes ont péri dans des violences et manifestations au Burundi depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé en avril sa volonté de briguer un troisième mandat consécutif, une décision jugée anticonstitutionnelle par l’opposition.

Pierre Nkurunziza a été réélu le 21 juillet dans un climat de contestation et des dizaines de milliers d’habitants ont fui le pays.

La communauté internationale s’inquiète du risque de violences intercommunautaires dans ce pays longtemps en proie à la guerre civile entre Tutsis et Hutus.

Drazen Jorgic, Marine Pennetier et Jean-Baptiste; Danielle Rouquié pour le service français

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below