January 25, 2016 / 2:10 PM / 3 years ago

Les policiers tunisiens dans la rue pour des hausses de salaires

CARTHAGE, Tunisie (Reuters) - Trois mille policiers tunisiens ont marché lundi en direction du palais présidentiel de Carthage dans la banlieue des Tunis, à l’appui de revendications salariales, ajoutant aux pressions qui s’exercent sur le gouvernement de Habib Essid après une semaine d’émeutes déclenchées dans plusieurs villes par des demandeurs d’emploi.

Répétition du titre de la photo. Des milliers de policiers tunisiens ont marché lundi en direction du palais présidentiel de Carthage dans la banlieue de Tunis, à l'appui de revendications salariales, après une semaine d'émeutes provoquées dans différentes villes du pays par des demandeurs d'emploi. /Photo prise le 25 janvier 2016/REUTERS/Zoubeir Souissi

Scandant “Les salaires toujours dans le rouge!” et “Nous défendons la nation; nous réclamons ce qui nous revient de droit”, des policiers en civil se sont fait entendre sous les fenêtres de la présidence, dans la banlieue de Tunis.

Les policiers n’étaient pas les seuls à manifester lundi. A Sidi Bouzid, ville qui fut fin décembre 2010 et en janvier 2011 le berceau des révoltes du “printemps arabe”, un rassemblement de sans-emploi a été dispersé par la police, qui a eu recours aux gaz lacrymogènes, ont rapporté des témoins.

Un sit-in de jeunes sans emploi a eu lieu aussi dans un bâtiment administratif de Kasserine et d’autres manifestations ont été signalées à Gafsa, dans le Sud, de même qu’à Béja, dans le Nord.

A Carthage, la garde présidentielle a bloqué l’accès à la rue à proximité du palais, vers lequel ont convergé les policiers pour une manifestation qui s’est déroulée pacifiquement.

EVOLUTION POLITIQUE MAIS MARASME ECONOMIQUE

Les forces de sécurité tunisiennes sont en première ligne dans la lutte contre les islamistes, qui attaquent des postes de contrôle et des patrouilles, et ont commis l’année dernière trois attentats majeurs - contre le musée du Bardo à Tunis, contre un hôtel de Sousse, et contre des hommes de la sécurité présidentielle à Tunis.

“Nous cherchons à améliorer notre situation, comme les autres secteurs, notamment parce que nous sommes en première ligne pour défendre le pays”, a expliqué à Reuters à Carthage Chokri Hamada, porte-parole d’un syndicat de la police. “Nous n’avons aucune confiance dans le gouvernement, après toutes les promesses qu’il a faites”.

Un certain calme est revenu à travers le pays après les émeutes de la semaine dernière, qui ont souligné à quel point la Tunisie restait sujette à des troubles sociaux en dépit de la transition démocratique intervenue après la chute, voici cinq ans, du régime autoritaire du président Zine ben Ali.

Un policier a trouvé la mort dans les manifestations de la semaine dernière, lors desquelles des émeutiers ont incendié des postes de police et envahi des bâtiments administratifs dans cinq villes.

La jeune démocratie tunisienne s’est dotée d’une nouvelle Constitution, fruit d’un compromis politique entre les partis laïques et islamistes, et des élections libres ont eu lieu. Mais la transition politique ne s’est pas accompagnée d’avancées économiques et nombreux sont les Tunisiens inquiets pour leur emploi et leur pouvoir d’achat. Le taux de chômage est passé de 12% en 2010 à 15,3% en 2015, du fait d’une croissance atone et d’un manque d’investissements.

Tarek Amara; Eric Faye pour le service français

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