January 24, 2016 / 2:52 PM / in 2 years

Les forces pro-Assad progressent près de la frontière turque

BEYROUTH (Reuters) - Les forces pro-gouvernementales syriennes ont repris dimanche aux rebelles la ville de Rabiya, située dans la province côtière de Lattaquié, à une dizaine de kilomètres de la frontière turque, rapportent la télévision syrienne et l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

Ravages de la guerre à Jobar, un faubourg de Damas. Les forces pro-gouvernementales syriennes ont repris dimanche aux rebelles la ville de Rabiya, située dans la province côtière de Lattaquié. Cette avancée s'est faite avec l'appui de bombardements de l'armée de l'air russe et a été dirigée en partie par des officiers russes. /Photo prise le 23 janvier 2016/REUTERS/Bassam Khabieh

Cette nouvelle conquête militaire des forces pro-Bachar al Assad intervient à la veille de l’ouverture théorique de discussions de paix à Genève entre représentants du gouvernement et de l’opposition. Il est cependant probable que cette date ne sera pas tenue, du fait notamment des divergences sur la composition de la délégation devant représenter l’opposition.

La prise de Rabiya s’est faite avec l’appui des frappes de l’aviation russe et a été dirigée en partie par des officiers russes, précise l’OSDH, une organisation basée à Londres qui s’appuie sur un réseau d’informateurs sur le terrain.

Il y a une dizaine de jours, les forces progouvernementales avaient déjà repris Salma, une autre commune au nord de Lattaquié, un des gains les plus importants depuis le début de l’intervention de la Russie dans la guerre civile syrienne fin septembre.

“C’était la deuxième base la plus importante pour les combattants (rebelles) dans la campagne au nord de Lattaquié”, après Salma, reprise le 12 janvier, souligne le directeur de l’OSDH, Rami Abdoulrahman. Rabiya, précise-t-il, est la base la plus importante dans le secteur du Djebel turkmène de Lattaquié, frontalier avec la Turquie.

La guerre civile en Syrie, qui entrera en mars dans sa sixième année, a fait 250.000 morts, selon les estimations et 11 millions de déplacés.

Ces derniers mois, alors que l’aviation russe est entrée en action pour soutenir le régime, l’armée syrienne et ses alliés ont gagné du terrain dans les provinces de Lattaquié (nord-ouest), Alep (nord-ouest) et Deraa (sud), mais les rebelles ont réussi à avancer dans d’autres régions, notamment dans la province de Hama.

Les frappes aériennes russes sont essentiellement concentrées dans l’ouest de la Syrie. Moscou veut effacer les avancées des rebelles effectuées l’an dernier, qui menacent le coeur du territoire des Alaouites, la minorité chiite à laquelle appartient Assad.

La Russie dit que son intervention en Syrie vise l’organisation Etat islamique, mais les Etats-Unis affirment que ses frappes aériennes touchent surtout d’autres groupes rebelles qui luttent contre le président Assad, et notamment les insurgés soutenus par les pays occidentaux.

LES DISCUSSIONS DE GENÈVE EN STAND-BY

En quatre mois, l’intervention russe a sensiblement modifié la donne et conforté le pouvoir de Bachar al Assad. Elle a également été suivie d’une offensive diplomatique ayant débouché, après deux réunions à Vienne et une troisième à New York, sur l’adoption le 18 décembre par le Conseil de sécurité des Nations unies d’une résolution appelant à un processus politique.

Le calendrier appuyé par la résolution 2254 prévoit la mise en place dans les six mois d’un gouvernement de transition puis la tenue dans les dix-huit mois d’”élections libres et régulières (...) qui seraient conduites sous la supervision de l’Onu”.

Le processus devait initialement être lancé lundi à Genève, mais il semble probable que les discussions seront reportées. L’obstacle majeur tient à la composition de la délégation de l’opposition: la Russie veut qu’elle intègre des représentants qui seraient plus proches de son analyse de la situation syrienne; l’opposition refuse.

Les opposants réclament parallèlement une suspension des bombardements russes sur des secteurs civils et la levée du siège de plusieurs villes en préalable à leur venue à Genève, même pour des discussions indirectes sous médiation de l’Onu.

“La question des négociations n’a pas encore été décidée”, a déclaré sur son fil Twitter Hadi al Bahra, porte-parole du comité de négociations mis en place par l’opposition à Ryad.

Selon un diplomate occidental, il est peu probable que les pourparlers commencent avant mercredi.

Les Nations unies ont indiqué qu’elles ne lanceraient pas d’invitation tant que les grandes puissances impliquées dans le dossier syrien ne se seront pas accordées sur la composition des représentants de l’opposition et de la rébellion syriennes.

avec John Irish à Paris, Danielle Rouquié et Henri-Pierre André pour le service français

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below