January 18, 2016 / 4:57 PM / in 2 years

L'UE va débattre de sanctions contre Téhéran, dit Laurent Fabius

par Lara Sukhtian et Maha El Dahan

Selon le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, l'Union européenne discutera cette semaine de l'opportunité d'imposer de nouvelles sanctions à l'Iran à la suite des derniers essais de missiles balistiques de Téhéran. /Photo prise le 18 décembre 2015/REUTERS/Eduardo Munoz

ABOU DHABI (Reuters) - L’Union européenne discutera cette semaine de l’opportunité d’imposer de nouvelles sanctions à l’Iran à la suite de ses derniers essais de missiles balistiques, a annoncé lundi à Reuters Laurent Fabius, en visite à Abou Dhabi.

“Nous devons comparer les systèmes américain et européen, voir si de nouvelles sanctions doivent ou non être prises; et cet exercice aura lieu cette semaine”, a déclaré le ministre français des Affaires étrangères.

L’Iran, qui a obtenu ce week-end la levée des sanctions prises contre son programme nucléaire, a procédé le 21 novembre à un nouveau missile balistique de portée intermédiaire, en contradiction avec des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, ont dit lundi deux responsables américains.

En octobre déjà, la république islamique avait mené un test balistique.

La question des missiles balistiques est distincte du dossier nucléaire.

Dimanche, les Etats-Unis ont sanctionné onze sociétés et individus qui seraient impliqués dans le programme iranien de missiles balistiques.

“Le programme de missiles balistiques de l’Iran représente une grave menace pour la sécurité dans la région et dans le monde et continuera de faire l’objet de sanctions internationales”, a déclaré le sous-secrétaire chargé du terrorisme et du renseignement financier, Adam Szubin.

Laurent Fabius, qui a indiqué qu’il se rendrait mardi à Ryad pour s’y entretenir avec le roi Salman et d’autres responsables de la monarchie sunnite saoudienne, a par ailleurs indiqué que la France souhaitait atténuer les tensions entre l’Arabie saoudite et l’Iran.

Le ministre estime que Paris, où le président iranien Hassan Rohani est attendu la semaine prochaine, a un rôle à jouer pour obtenir une “désescalade de la pression”.

L’exécution le 2 janvier en Arabie saoudite d’un dignitaire chiite, le cheikh Nimr al Nimr, suivie par des manifestations anti-saoudiennes en Iran, a porté à un niveau sans précédent les tensions déjà fortes entre les deux puissances régionales qui se livrent depuis des années à un affrontement par procuration.

“Quand il y a une escalade, ce n’est bon pour personne. Mais nous discutons avec tout le monde et en même temps, nous tenons notre position en faveur de la sécurité et de la paix”, a insisté Laurent Fabius.

DOUTE SUR LES NÉGOCIATIONS SYRIENNES

Sur le dossier syrien, le ministre français s’est dit dans l’incapacité de confirmer que les négociations qui doivent s’ouvrir le 25 janvier à Genève, sous l’égide de l’Onu, auraient bien lieu.

Il est “très difficile” pour les opposants syriens modérés de participer à ces discussions alors qu’ils sont bombardés, a-t-il souligné.

De passage la semaine dernière à Paris, Riad Hijab, coordinateur de l’opposition syrienne, a averti qu’aucune négociation ne serait possible avec Damas tant que la population serait bombardée.

“A l’évidence, nous espérons que ces négociations auront lieu mais il faut apporter des réponses à certaines questions”, a dit Fabius, évoquant notamment les mesures censées établir de la confiance entre les participants comme l’arrêt de bombardements de civils et la levée des sièges contre des villes syriennes.

“Il serait très difficile pour l’opposition modérée de participer à ces négociations au moment même où ils sont bombardés”, a-t-il insisté.

Le conseil de l’opposition syrienne, formé le mois dernier à Ryad pour superviser les négociations, doit se réunir de nouveau cette semaine dans la capitale saoudienne pour arrêter sa position. “Une décision pourrait être prise dans les trois prochains jours”, a dit à Reuters George Sabra, un de membres de ce conseil.

Un autre représentant de l’opposition, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a souligné que le conseil voulait des “négociations fructueuses” et pas des négociations sur le modèle des pourparlers de Genève en 2014 qui s’étaient achevées prématurément après deux sessions de discussions.

Henri-Pierre André pour le service français

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