January 14, 2016 / 8:24 AM / 2 years ago

Dix Allemands tués dans l'attentat à Istanbul

par Ayla Jean Yackley et Humeyra Pamuk

Corrige le nom du ministre allemand de l'Intérieur - Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu (à droite), sa femme Sare et le ministre allemand de l'Intérieur Thomas de Maizière (à gauche) sur les lieux de l'attentat, place Sultanahmet à Istanbul. L'attentat commis mardi en plein coeur historique d'Istanbul a fait une dixième victime parmi les touristes allemands, l'un d'eux ayant depuis succombé à ses blessures. /Photo prise le 13 janvier 2016/REUTERS/Bulent Kilic/Pool

ISTANBUL/BERLIN (Reuters) - L’attentat commis mardi en plein coeur historique d’Istanbul a fait une dixième victime parmi les touristes allemands, l’un d’eux ayant depuis succombé à ses blessures, a fait savoir mercredi le ministère des Affaires étrangères à Berlin.

Les forces de sécurité turques ont arrêté quatre personnes dans le cadre de l’enquête sur cet attentat suicide, a déclaré le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu lors d’une conférence de presse. Il a précisé que six des blessés étaient toujours hospitalisés.

Le kamikaze responsable de cet attentat était entré en Turquie en tant que réfugié, a-t-il confirmé.

“Sur la base de ce que nous savons pour le moment de l’enquête, rien n’indique que l’attentat visait spécifiquement des Allemands”, a déclaré le ministre allemand de l’Intérieur, Thomas de Maizière, qui s’est rendu mercredi dans la métropole turque.

“Si les terroristes visent à perturber, à détruire ou à mettre en danger la coopération avec nos partenaires, ils obtiennent le contraire. L’Allemagne et la Turquie sont de plus en plus proches”, a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse avec son homologue turc, Efkan Ala.

Selon ce dernier, les empreintes digitales de l’auteur de l’attentat, un Syrien soupçonné d’appartenir à l’Etat islamique, ont été relevées à son arrivée en Turquie, ce qui a permis de l’identifier après l’attentat, mais il était inconnu des services de renseignement.

“Cet individu”, a déclaré pour sa part Ahmet Davutoglu, “ne faisait pas l’objet d’une surveillance. Il était entré normalement en Turquie, en tant que réfugié, comme quelqu’un qui cherchait refuge”.

“Après l’attaque, ses relations ont été mises au jour”, a poursuivi le chef du gouvernement devant la presse. “Parmi ces liens, outre Daech, nous avons le soupçon qu’il pourrait y avoir des puissances utilisant Daech”, a-t-il dit sans citer de nom.

PAS DE REVENDICATION

Mais, a-t-il noté, l’entrée en guerre de la Russie auprès du gouvernement de Damas a compliqué la situation en Syrie. “Ils (les militaires russes) ne devraient pas empêcher la Turquie de combattre Daech. Malheureusement, il y a actuellement un obstacle de ce type”, a noté Ahmet Davutoglu.

Une semaine avant l’attentat, 200 djihadistes présumés avaient été arrêtés en Turquie.

D’après l’agence de presse Dogan, 65 personnes dont 16 étrangers ont été interpellées dans six villes turques depuis l’attentat. A Moscou, le ministère des Affaires étrangères a par ailleurs confirmé l’arrestation de trois Russes en Turquie mais on ignore s’ils sont soupçonnés d’implication dans l’attentat d’Istanbul.

Des images de télésurveillance montrant le kamikaze le 5 janvier à un bureau stambouliote des services de l’immigration ont été publiées par le journal en ligne Habertürk.

Selon la presse, l’homme, qui serait né en Arabie saoudite, se nommait Nabil Fadli. C’est un doigt retrouvé sur les lieux de l’attentat, place Sultanhamet, non loin de la Mosquée bleue et de la basilique Sainte-Sophie, qui a permis son identification, précise-t-elle.

D’après le quotidien turc Hurriyet, la guide des touristes allemands a repéré le kamikaze avant qu’il ne mette ses explosifs à feu et a alerté ses clients, ce qui a permis à plusieurs de s’enfuir.

La Turquie, membre de l’Otan et candidate à l’adhésion à l’Union européenne, fait partie comme l’Allemagne de la coalition mise sur pied à l’initiative des Etats-Unis pour combattre les djihadistes de l’EI en Irak et en Syrie.

L’attentat de mardi n’a pas été revendiqué. L’EI s’est attribué la responsabilité de ceux d’Ankara et de Suruç, près de la frontière syrienne, qui ont fait respectivement 102 et 33 morts, le 10 octobre et le 20 juillet derniers, mais la Turquie est également aux prises avec la guérilla kurde et des groupes armés d’extrême gauche.

Des touristes étrangers et des Turcs sont venus se recueillir et rendre hommage aux victimes mercredi sur le site de l’attaque.

Jean-Philippe Lefief et Pierre Sérisier pour le service français

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