January 12, 2016 / 5:38 PM / in 2 years

Les représentants du culte juif contre un retrait de la kippa

PARIS (Reuters) - Les responsables des institutions juives de France ont déploré mardi une “attitude défaitiste” après l’appel du président du Consistoire israélite de Marseille à “retirer provisoirement” la kippa au lendemain de l’agression à la machette d’un enseignant juif.

Les responsables des institutions juives de France, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Roger Cukierman (photo), et le grand rabbin de France, Zvi Ammar, ont déploré mardi une "attitude défaitiste" après l'appel du président du Consistoire israélite de Marseille à "retirer provisoirement" la kippa au lendemain de l'agression à la machette d'un enseignant juif. /Photo prise le 24 février 2015/REUTERS/Christian Hartmann

Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Roger Cukierman, et le grand rabbin de France, Zvi Ammar, ont estimé qu’une telle recommandation revenait à céder à l’Etat islamique, dont se revendique le jeune agresseur de Marseille.

L’adolescent de 15 ans, transféré mardi à la sous-direction terroriste à Levallois (Hauts-de-Seine), devait être déféré devant un juge antiterroriste en vue de sa probable mise en examen. Il a agressé lundi à la machette un enseignant d’une école juive de Marseille portant une kippa, qui a été légèrement blessé.

“Face à une situation exceptionnelle”, Zvi Ammar, président du Consistoire israélite de Marseille, a prôné de “retirer la kippa provisoirement”.

“Ne pas mettre de kippa peut préserver des vies humaines et rien n’est plus important”, explique-t-il dans un entretien à La Provence. “C’est malheureux d’en arriver là en 2016 dans un grand pays démocratique comme la France. Mais face à une situation exceptionnelle il faut prendre des mesures exceptionnelles.”

“Je ne crois pas que ce soit le rôle des dirigeants communautaires de pousser à donner la victoire aux djihadistes”, a répliqué Roger Cukierman sur BFM TV.

“Dire ‘Ne mettons pas de kippa’ de cette manière, de manière collective, je trouve que c’est aller trop loin: c’est renoncer et c’est une attitude défaitiste”, a-t-il commenté.

Le grand rabbin de France, Haïm Korsia, a estimé pour sa part sur France 5 que la communauté juive devait répondre collectivement à cette forme d’”appel au secours”.

Zvi Ammar “est dans sa logique, il y a eu trois agressions à Marseille. Je lui dis nous sommes là”, a-t-il dit.

“Faire front ensemble, c’est une façon d’étaler le risque sur tout le monde. Vous touchez l’un, vous touchez tout le monde”, a-t-il plaidé.

Le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) a lui aussi exprimé dans un communiqué sa désapprobation quant aux conseils du responsable marseillais.

La ministre de la Justice, Christiane Taubira, a assuré que le gouvernement veillait à protéger “la liberté de chaque citoyen, la liberté y compris de vivre sa croyance”.

“C’est cela une République laïque. La République garantit l’exercice des cultes. Le gouvernement y veillera. Chacune, chacun a le droit d’avoir ses croyances”, a-t-elle dit à des journalistes, ajoutant que les juifs pouvaient “bien entendu” porter une kippa.

Julie Carriat, édité par Sophie Louet

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below