November 13, 2015 / 3:23 PM / 3 years ago

Les combattants kurdes reprennent Sindjar à l'EI en Irak

par Isabel Coles

Des peshmergas ont pénétré vendredi dans la ville irakienne de Sindjar tenue par les djihadistes de l'Etat islamique. Les forces kurdes ont notamment pris position sur l'autoroute 47, un axe de liaison essentiel entre Rakka et Mossoul par lequel l'EI fait transiter des armes, des hommes et différentes marchandises de contrebande pour financer ses activités. /Photo prise le 13 novembre 2015/REUTERS/Ari Jalal

PRES DE LA VILLE DE SINDJAR, Irak (Reuters) - Les peshmergas kurdes appuyés par l’aviation américaine ont repris vendredi la ville de Sindjar, dans le nord de l’Irak, infligeant en deux jours d’offensive un des revers les plus spectaculaires aux djihadistes de l’Etat islamique (EI).

Dans l’après-midi, a constaté une journaliste de l’agence Reuters, plusieurs centaines de combattants kurdes progressaient à pied dans la ville. Des commandants peshmergas ont dit redouter que des djihadistes ne se soient retranchés par endroits, mais aucun accrochage n’a été signalé.

“L’Etat islamique est vaincu et en déroute”, a affirmé le conseil de sécurité du Kurdistan irakien sur son compte Twitter, précisant que l’hôpital de cette ville de même que des bâtiments publics avaient été sécurisés par les peshmergas.

Sindjar, qui était tombée aux mains des djihadistes lors de leur offensive éclair de l’été 2014, est considérée comme une ville stratégique pour l’EI car située sur l’axe routier qui relie Mossoul et Rakka, ses deux principaux bastions en Irak et en Syrie.

Sa prise pourrait accélérer les efforts déployés en Irak pour repousser l’organisation armée du calife autoproclamé Abou Bakr al Baghdadi de son fief de Mossoul mais aussi de Ramadi, à l’ouest de Bagdad.

Elle confirme aussi que les Kurdes, tant en Irak qu’en Syrie où ils ont progressé dans la région d’Hassaké, dans le nord-est, non loin de la frontière irakienne et de Sindjar, sont l’une des forces les plus efficaces dans la lutte contre l’EI.

“La libération de Sindjar aura un fort impact sur la libération de Mossoul”, a affirmé le président du gouvernement régional du Kurdistan, Massoud Barzani, venu proclamer la reconquête de Sindjar.

Quelque 7.500 combattants appartenant aux forces spéciales kurdes ainsi qu’à des unités peshmergas et des milices yazidies, communauté religieuse pré-islamique victime d’atrocités commises par l’EI dans la région de Sindjar, ont participé à l’offensive lancée jeudi.

Après avoir coupé les accès à partir de l’est et de l’ouest, ils sont entrés vendredi dans Sindjar, que la population semble avoir fui avant le début des combats.

D’après un porte-parole militaire américain, des conseillers de l’armée américaine ont assisté les commandants des peshmergas mais se sont tenus très en retrait des combats.

SYMBOLE DES ATROCITÉS

Dans les jours précédant l’offensive, le nombre de combattants djihadistes chargés de défendre la ville aurait été porté à 600 environ, mais d’après le général kurde Seme Mala Mohammed, une poignée seulement d’entre eux étaient encore présents vendredi. Une information qui n’a pu être vérifiée. On ignore de même s’il s’agit d’un retrait tactique des djihadistes.

Les combattants kurdes ont parallèlement pris position sur l’autoroute 47, une voie de liaison essentielle entre Mossoul et Rakka par laquelle l’EI fait transiter armes, hommes et différentes marchandises de contrebande pour financer ses activités.

Les Etats-Unis estiment que deux à quatre jours seront nécessaires pour sécuriser la ville et une semaine supplémentaire pour achever les opérations de nettoyage, a indiqué un responsable américain.

A Tunis, le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a dit pour sa part que des combattants djihadistes étaient retranchés mais s’est dit “absolument confiant dans le fait que Sindjar pourra être libérée dans les tout prochains jours”.

L’importance de Sindjar est également symbolique : c’est face aux persécutions subies par des milliers de membres de la communauté yazidie assassinés ou réduits en esclavage que Barack Obama, qui évoquait un “génocide”, a ordonné en août 2014 les premières frappes aériennes américaines contre l’EI en Irak.

“En ce jour, j’annonce au peuple du Kurdistan la libération de Sindjar. Nous l’avions promis et nous avons tenu nos promesses : nous avons prouvé à nos frères et à nos soeurs yazidis que tout le Kurdistan est derrière eux. Aujourd’hui, nous avons vengé tous les Yazidis”, a dit Massoud Barzani, s’exprimant des hauteurs du mont Sindjar, qui domine la ville et où plusieurs milliers de Yazidis avaient été encerclés et assiégés pendant des mois.

La contre-offensive sur Sindjar a été conduite alors que les forces gouvernementales irakiennes poursuivent leur progression prudente autour de Ramadi, à 120 km à l’ouest de Bagdad, qu’ils tentent d’encercler depuis plusieurs mois.

avec Stephen Kalin à Bagdad et David Brunnstrom à Tunis, Pierre Sérisier et Henri-Pierre André pour le service français

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