October 30, 2015 / 4:43 PM / 3 years ago

François Hollande veut dissuader l'Autriche d'ériger une clôture

PARIS (Reuters) - François Hollande s’est déclaré vendredi opposé à l’érection de clôtures pour contenir les réfugiés en Europe, une solution actuellement envisagée par l’Autriche face à l’afflux sur son sol de migrants en transit vers l’Allemagne.

Recevant à l'Elysée le chancelier autrichien, Werner Fraymann, François Hollande s'est dit vendredi opposé à l'érection de clôtures pour contenir les réfugiés en Europe, une solution actuellement envisagée par l'Autriche face à l'afflux sur son sol de migrants en transit vers l'Allemagne. /Photo prise le 30 octobre 2015/REUTERS/Philippe Wojazer

En visite à l’Elysée, le chancelier autrichien, Werner Faymann, a pour sa part déclaré que “seules des réponses européennes communes” pouvaient apporter des solutions à ce problème.

Gérer le flot de réfugiés, “c’est faire en sorte que nous puissions limiter l’afflux vers l’Europe et gérer d’une manière ordonnée les arrivées”, a dit François Hollande dans une déclaration commune aux côtés de son hôte. “Ça veut dire donc ne pas ériger de mur ou de barrière à l’intérieur de l’Europe mais tout simplement assurer la frontière extérieure”, a-t-il ajouté.

L’idée de mettre en place des garde-frontières européens “fait son chemin” à la Commission européenne, a-t-il souligné.

Le président français a dit comprendre les craintes d’une population autrichienne “qui fait autant qu’elle peut pour assurer dans le respect et la dignité l’accueil de cette population souvent en transit vers l’Allemagne.”

Le gouvernement de Vienne a dit cette semaine son intention de faire ériger une clôture sans barbelés au point de passage de Spielfeld, à la frontière slovène, par où passent quotidiennement plusieurs milliers de migrants.

La Bavière, région allemande frontalière de l’Autriche, se montre de plus en plus réticente à les accueillir et Vienne craint que les autorités allemandes ne limitent les arrivées, ce qui conduirait une partie des migrants à rester sur son territoire.

A Paris, le chancelier autrichien s’est prononcé pour une solution européenne au problème.

“Vouloir rediriger des réfugiés vers son voisin ne saurait être une réponse en Europe”, a dit Werner Faymann à l’adresse de Berlin, qui accuse Vienne de conduire de nuit des groupes de réfugiés à la frontière allemande pour les aider à passer sans être repérés.

“C’est un défi qui est difficile”, a-t-il reconnu, plaidant pour une Europe “plus forte que la jalousie, l’envie, la haine, la colère et les préjugés.”

Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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