October 27, 2015 / 7:34 AM / in 3 years

Les pilotes français "d'Air cocaïne" fuient Saint-Domingue

PARIS (Reuters) - Les deux pilotes français de l’affaire dite “Air cocaïne” qui devaient être jugés en appel en République dominicaine pour un trafic de drogue présumé entre ce pays et la France via un vol privé ont pris la fuite et rejoint l’Hexagone.

Conférence de presse à Paris de Pascal Fauret (au centre), l'un des deux pilotes de l'affaire dite "Air cocaïne", aux côtés de ses avocats Jean Reinhart (à droite) et Eric Dupont-Moretti. Pascal Fauret et Bruno Odos, qui devaient être jugés en appel en République dominicaine pour un trafic de drogue présumé, ont pris la fuite lors d'une opération d'exfiltration. Ils ont ensuite rejoint l'Hexagone pour, disent-ils, se mettre à la disposition de la juge d'instruction marseillaise qui enquête depuis 2013 sur ce dossier. /Photo prise le 27 octobre 2015/REUTERS/Charles Platiau

Leurs avocats ont affirmé mardi qu’ils ne fuyaient pas la justice puisqu’ils étaient arrivés discrètement samedi dans leur pays pour se mettre à la disposition de la juge d’instruction marseillaise qui enquête depuis 2013 sur ce dossier.

Le procureur général de la République dominicaine, Francisco Dominguez Brito, a fait savoir qu’il avait demandé un mandat d’arrêt international contre les deux pilotes et que la justice de son pays avait pris contact avec les autorités françaises.

Le ministère des Affaires étrangères a assuré que la France n’était pas impliquée dans l’exfiltration des deux hommes, qui étaient libres en République dominicaine, mais sous contrôle judiciaire. “Leur décision est un acte individuel dans lequel l’Etat n’est nullement impliqué”, a dit son porte-parole.

“Ce sont des initiatives personnelles. Ce n’est pas une équipe barbouzarde qui aurait été payée par l’Etat français”, a renchéri Me Eric Dupont-Moretti, l’un des avocats des pilotes.

Condamnés en première instance en août dernier à 20 ans de prison à Saint-Domingue, Bruno Odos et Pascal Fauret, qui nient les faits qui leur sont reprochés, attendaient leur procès en appel.

Arrêtés sur tarmac de l’aéroport de Punta Cana le 20 mars 2013, ils sont désormais en famille en France.

Leurs avocats n’ont pas voulu révéler les conditions de leur départ de la République dominicaine.

RISQUES POUR LES DEUX AUTRES RESTÉS SUR PLACE?

D’après BFM TV, qui publie une photo de l’opération d’extraction à bord d’une embarcation, les deux hommes ont d’abord pris un petit bateau touristique pour une banale promenade. Puis ils ont été recueillis par un bateau plus imposant à bord duquel se trouvaient d’anciens militaires.

Ils auraient ensuite accosté à l’île Saint-Martin d’où ils auraient pris un avion de ligne à destination de la France.

Les deux pilotes, qui ont été mis en examen il y a un an et demi par la juge d’instruction marseillaise, ont fait savoir qu’ils étaient impatients de s’expliquer devant la justice.

“Je suis rentré pour ça. Cette affaire, il faut qu’elle se termine, elle a pris toute ma vie”, a dit Pascal Fauret à la presse. “Jamais, à aucun moment, nous n’avons pu nous défendre”, a renchéri un autre avocat des pilotes, Me Jean Reinhart.

“La fuite des pilotes est une preuve supplémentaire de leur culpabilité”, a estimé le procureur général de la République dominicaine lors d’une conférence de presse donnée à Saint-Domingue. “Une personne qui se considère innocente ne tente pas d’échapper à la justice.”

Deux autres Français condamnés aux côtés des pilotes restent en République dominicaine.

Dans un communiqué, l’avocat de l’un d’entre eux, Alain Castany, hospitalisé après avoir été “fauché par une moto”, dénonce “un abandon pur et simple, voire une mise en danger”. Il espérait bénéficier d’un rapatriement sanitaire.

“Ce départ précipité fait planer sur Alain Castany la menace d’un nouveau placement en détention provisoire ou, à tout le moins, d’un durcissement des mesures coercitives le visant”, écrit mardi Me Karim Beylouni.

Nicolas Pisapia, qui était passager du vol incriminé, a dit avoir appris par la presse le départ de ses co-accusés et espère un soutien diplomatique des autorités françaises.

“Il y a la crainte que les autorités dominicaines décident de m’incarcérer à nouveau mais on reste confiant sur la suite quand même”, a-t-il dit sur BFM TV.

Eric Dupont-Moretti a néanmoins défendu l’attitude des pilotes : “Ils sont partis, ils ont pris la fuite et ils ont eu raison de le faire.”

Chine Labbé et Gérard Bon, avec Jean-François Rosnoblet à Marseille et Jorge Pineda à Saint-Domingue, édité par Simon Carraud

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