October 12, 2015 / 7:09 AM / 3 years ago

Les attaques au couteau se multiplient à Jérusalem

JERUSALEM (Reuters) - Trois Palestiniens ont été abattus par les forces de sécurité israéliennes lundi après avoir attaqué des Israéliens, dont un adolescent de 13 ans qui se déplaçait à vélo dans le nord de Jérusalem.

Le corps du jeune Palestinien abattu lundi par la police paramilitaire israélienne à l'une des entrées de la Vieille Ville de Jérusalem. Selon Israël, le Palestinien âgé de 13 ans a voulu poignarder un policier en patrouille, mais un passant palestinien a contesté cette version. /Photo prise le 12 octobre 2015/REUTERS/Mohamad Torokman

Quatre Israéliens et 26 Palestiniens, dont huit assaillants présumés et huit enfants, ont désormais péri en treize jours de violences provoquées en partie par les interrogations sur l’avenir du statut de l’esplanade des Mosquées à Jérusalem.

Plusieurs groupes palestiniens ont décrété une “journée de rage” mardi en Cisjordanie occupée, dans la bande de Gaza et à Jérusalem-Est, tandis que les responsables de la communauté arabe israélienne ont appelé à la fermeture des magasins en soutien aux Palestiniens.

Des habitants juifs ont aussi manifesté pour demander au gouvernement de rétablir la sécurité et dénoncer ces attaques dont le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, a affirmé qu’elles ne réussiraient pas davantage à déstabiliser Israël que les attentats-suicides des années 2000.

“La terreur des kamikazes ne nous a pas mis à terre et la terreur des couteaux ne nous vaincra pas aujourd’hui”, a-t-il déclaré devant le Parlement.

La police israélienne a déployé 2.000 agents supplémentaires à Jérusalem mais les dirigeants israéliens soulignent qu’il est difficile d’empêcher toutes les attaques de “loups solitaires”.

Au moins trois attaques de ce genre ont eu lieu, selon les autorités.

A Pisgat Zeev, quartier situé à la périphérie nord de Jérusalem qui a été annexé par Israël après la guerre de 1967, deux adolescents palestiniens âgés de 13 et 15 ans ont poignardé deux Israéliens, dont un jeune de 13 ans qui a été sérieusement blessé, a-t-on appris de sources policières et hospitalières.

L’un des deux assaillants, le plus âgé, a été abattu par la police et l’autre blessé.

Une heure plus tôt, une Palestinienne de 16 ans originaire du même quartier de Jérusalem-est que les deux assaillants de Pisgat Zeev avait poignardé et blessé un garde-frontière dans le centre de Jérusalem.

A la nuit tombée, la police a annoncé avoir abattu un Palestinien dans un autobus près de la gare routière centrale de Jérusalem. Selon elle, l’homme avait tenté de s’emparer du fusil d’assaut d’un soldat avant d’empoigner le pistolet d’un policier.

PEINE PLANCHER

En début de journée, la police paramilitaire avait dit avoir abattu un jeune Palestinien à l’une des entrées de la Vieille Ville de Jérusalem, affirmant qu’il avait voulu poignarder un policier en patrouille.

Un passant palestinien a contesté cette version. Selon lui, les policiers ont apostrophé l’homme puis ont ouvert le feu sur lui quatre fois. “Je n’ai pas vu de couteau”, a dit à Reuters Houssam Wshah, 66 ans.

Une vidéo a été diffusée qui montre le corps du Palestinien gisant sur le sol, près d’un couteau.

Les attaques à l’arme blanche contre des Israéliens, qui sont quasi quotidiennes, font craindre une troisième intifada (soulèvement) après celles qui ont éclaté en 1987 et en 2000.

Les affrontements à Jérusalem se sont étendus à plusieurs villes israéliennes, à la Cisjordanie et à la frontière entre l’Etat hébreu et la bande de Gaza.

Le gouvernement de Benjamin Netanyahu a durci dimanche l’arsenal répressif, approuvant une peine plancher de quatre ans de prison pour les Palestiniens lanceurs de cocktails Molotov ou de pierres.

“Nous faisons cela au titre de mesure temporaire d’urgence dont nous pourrons examiner la mise en oeuvre. Et si cela est nécessaire, nous durcirons davantage encore la loi”, a prévenu le Premier ministre israélien dans un communiqué.

Outre la poursuite de la colonisation juive dans les territoires occupés, la colère palestinienne trouve son origine dans la crainte que les visites régulièrement organisées par des groupes juifs, y compris par des élus, sur l’esplanade des Mosquées finissent par remettre en cause le statut de l’endroit.

Lieu saint de l’islam et du judaïsme, le site est administré par les autorités religieuses jordaniennes. Les juifs, qui l’appellent Mont du Temple, peuvent s’y rendre mais n’ont pas le droit d’y prier, ce que certains contestent.

En 2000, Ariel Sharon, à l’époque chef de l’opposition israélienne, s’était rendu sur l’esplanade des Mosquées, suscitant la colère des Palestiniens qui avaient lancé la deuxième intifada. Pendant cinq années d’affrontements, 3.000 Palestiniens et un millier d’Israéliens avaient été tués.

Avec Dan Williams à Jérusalem, Ali Sawafta à Ramallah et Nidal al Moughrabi à Gaza, Danielle Rouquié, Guy Kerivel et Tangi Salaün pour le service français

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