September 27, 2015 / 1:11 PM / 3 years ago

La France a mené ses premières frappes contre l'EI en Syrie

NATIONS-UNIES/PARIS (Reuters) - La France a mené dimanche un premier raid aérien contre des “sanctuaires” de l’Etat islamique en Syrie, détruisant un camp d’entraînement dans l’est du pays, et a annoncé qu’elle poursuivrait son action autant que nécessaire.

Lors d'une conférence de presse organisée en marge de la 70e Assemblée des Nations unies à New York, François Hollande a déclaré que la France avait mené dimanche un premier raid aérien contre des "sanctuaires" de l'Etat islamique en Syrie, détruisant un camp d'entraînement dans l'est du pays. /Photo prise le 27 septembre 2015/REUTERS/Alain Jocard/Pool

La France est désormais engagée sur deux fronts contre l’EI : l’Irak, où elle a mené quelque 200 frappes depuis septembre 2014 dans le cadre de l’opération Chammal, et la Syrie, où elle précise agir en autonomie.

Paris explique intervenir “en légitime défense”, en vertu de l’article 51 de la Charte des Nations unies, contre les “sanctuaires de Daech d’où partent, d’où sont formés ceux qui s’en prennent à la France”, selon les mots du Premier ministre Manuel Valls.

Le premier objectif visé dimanche matin était un camp d’entraînement au sud de Deir ez-Zor, ville située à 450 kilomètres à l’est de Damas, sur les deux rives de l’Euphrate. Des combats entre islamistes et forces du régime syrien se poursuivaient dans cette localité, où se trouve un aéroport.

“Nos forces ont atteint leurs objectifs : le camp a été en totalité détruit”, a annoncé François Hollande en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York.

Le président français a assuré que l’opération n’avait pas eu de “conséquences” pour la population civile.

Ce camp était “occupé et actif”, a précisé par la suite le ministère français de la Défense, qui fait état de sept appareils engagés : cinq Rafale, un appareil de patrouille maritime Atlantique 2 et un avion de ravitaillement C-135.

“D’autres frappes pourront avoir lieu dans les prochaines semaines si nécessaire, avec toujours le même objectif : identifier les cibles qui correspondent à des camps d’entraînement ou à des lieux où nous savons que le groupe terroriste Daech peut menacer la sécurité de notre pays ou mener des actions terroristes”, a dit François Hollande.

Le raid de dimanche, qui a débuté à 06h30 heure française et a duré “environ cinq heures”, a été mené depuis les bases de l’opération Chammal en Jordanie et dans le Golfe persique, a précisé le ministère de la Défense dans un communiqué.

“La poursuite du processus d’acquisition du renseignement sur l’organisation de Daech permettra de lui infliger de nouveaux coups”, ajoute-t-il.

“LE BON MOMENT”

L’intervention aérienne avait été annoncée peu avant 08h00 à Paris par un communiqué de la présidence française.

Les autorités françaises ont choisi seules leur cible sur la base des informations recueillies par les vols de reconnaissance français depuis le 8 septembre - 12 à ce jour selon le ministère de la Défense - et des renseignements fournis par ailleurs par la coalition.

Dans un entretien publié vendredi dernier dans Le Monde, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait déclaré que la France viserait des “centres de formation de combattants étrangers”, y compris français, sur le sol syrien destinés à frapper en Europe et en France en particulier.

Après avoir écarté toute option militaire, le président français avait finalement annoncé le 7 septembre que des frappes aériennes s’avéraient “nécessaires” contre l’EI, mais il avait exclu toute action au sol.

François Hollande entend mettre à profit ce tournant militaire pour faire avancer les discussions sur un règlement politique du conflit syrien, après plus de quatre ans d’une guerre qui a fait 240.000 morts.

“C’était le bon moment pour envoyer un message”, explique une source diplomatique française. “C’était important de frapper pour se mettre à la table des discussions sur la Syrie”, ajoute une autre.

PARIS NE VEUT PAS ENTENDRE PARLER D’ASSAD

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry va tenter de relancer le processus à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations unies, alors que le président russe, Vladimir Poutine, plaide avec vigueur pour la création d’une coalition militaire s’appuyant sur l’armée syrienne.

La Russie a intensifié ces derniers temps le déploiement de matériel militaire en Syrie, dont des chasseurs et des hélicoptères d’attaque. Allié de Bachar al Assad, le Kremlin estime que le président syrien a un rôle indispensable dans le combat contre l’EI alors que les Occidentaux considèrent que le dirigeant syrien n’a pas sa place dans l’avenir du pays.

Les dirigeants allemand et britannique ont toutefois estimé récemment qu’il fallait prendre langue avec le numéro un syrien, ce dont les Russes se sont félicités.

“Cette solution politique, elle suppose d’intégrer toutes les parties prenantes - je dis bien toutes les parties prenantes. Et la France discute avec tous et n’écarte personne. En revanche, la France considère que l’avenir de la Syrie ne peut pas passer par Bachar al Assad”, a déclaré dimanche François Hollande.

avec Tangi Salaün et Jean-Baptiste Vey

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