September 27, 2015 / 9:25 AM / 3 years ago

La France a lancé ses premières frappes aériennes en Syrie

PARIS (Reuters) - La France a mené dimanche matin ses premières frappes aériennes contre des “sanctuaires” de l’Etat islamique en Syrie et annoncé qu’elle poursuivrait son action “autant que nécessaire”.

Rafale sur la base militaire de Mont-de-Marsan. La France a annoncé dimanche ses premières frappes aériennes contre le groupe Etat islamique en Syrie et souligné qu'elle interviendrait à chaque fois que sa sécurité "serait en jeu". La présidence de la République, qui a publié un communiqué peu avant 08h00, n'indique pas quand les frappes sur le sol syrien sont intervenues ni où. /Photo prise le 31 août 2015/REUTERS/Régis Duvignau

Le Premier ministre, Manuel Valls, a réaffirmé que le pays agissait “en légitime défense”, en vertu de l’article 51 de la Charte des Nations unies, contre les “sanctuaires de Daech d’où partent, d’où sont formés ceux qui s’en prennent à la France”.

Les frappes sont intervenues dimanche “en début de matinée”, a-t-on précisé dans l’entourage de François Hollande, qui se trouve à New York pour l’Assemblée générale de l’Onu.

La France est désormais engagée sur deux fronts contre l’EI : l’Irak, où elle a mené quelque 200 frappes depuis septembre 2014 dans le cadre de l’opération Chammal, et la Syrie, où elle précise agir en autonomie.

“La France a frappé en Syrie (...) sur la base de renseignements collectés au cours des opérations aériennes engagées depuis plus de deux semaines, dans le respect de notre autonomie d’action, en coordination avec nos partenaires de la coalition”, a annoncé la présidence française dans un communiqué, peu avant 08h00.

“Notre pays confirme ainsi son engagement résolu à lutter contre la menace terroriste que constitue Daech. Nous le ferons à chaque fois que notre sécurité nationale sera en jeu.”

Manuel Valls a précisé en marge d’un déplacement dans la Drôme que la France décidait seule des cibles des frappes.

“Nous frappons Daech en Syrie car cette organisation terroriste organise, prépare les attentats vers la France depuis la Syrie, depuis ses sanctuaires, et nous agissons donc en légitime défense”, a-t-il dit à des journalistes.

“Nous continuerons cette action autant que nécessaire”, a-t-il ajouté.

LA VILLE DE RAKKA VISÉE ?

Dans un entretien publié vendredi dernier dans Le Monde, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait déclaré que la France viserait des “centres de formation de combattants étrangers”, y compris français, sur le sol syrien destinés à frapper en Europe et en France en particulier.

“Nous ne ciblons personne en particulier. Nous combattons non des individus mais un groupe terroriste composé de ressortissants de différentes nationalités, dans le respect du droit international humanitaire”, avait-il dit.

Les autorités françaises n’ont pas précisé la localisation des cibles. Selon lemonde.fr, les frappes auraient visé Rakka, dans le centre de la Syrie, ville considérée comme le fief de l’EI.

L’armée française dispose de Rafale positionnés aux Emirats arabes unis et de Mirage 2000 en Jordanie.

Le président français avait annoncé le 7 septembre que des frappes aériennes s’avéraient “nécessaires” contre l’EI, mais il avait exclu toute action au sol. Le lendemain, des appareils de l’armée de l’air française avaient entamé des vols de reconnaissance au-dessus de la Syrie.

Les autorités françaises avaient alors expliqué, sans plus de précisions, privilégier “les centres névralgiques et logistiques de Daesh, qui constituent la base arrière de leurs attaques contre notre population”.

PARIS EXCLUT D’IMPLIQUER ASSAD

Au-delà de cet engagement militaire, la France souligne dimanche que le conflit syrien nécessite “une réponse globale” et exclut à nouveau d’impliquer Bachar al Assad dans le processus comme a pu le suggérer la chancelière allemande, Angela Merkel, la semaine dernière.

“Plus que jamais, l’urgence est à la mise en place d’une transition politique, qui associe des éléments du régime et de l’opposition modérée”, lit-on dans le communiqué.

François Hollande devait s’entretenir dimanche à New York, à 17h00 heure française, avec le président iranien Hassan Rohani, notamment. Un entretien avec le président de la Coalition nationale syrienne, Khaled Kodja, est prévu lundi.

Outre Angela Merkel, d’autres responsables occidentaux laissent entendre que le numéro un syrien pourrait jouer un rôle dans une solution politique négociée à la crise, après plus de quatre ans d’une guerre qui a fait 240.000 morts.

“Il n’y a pas de solution qui passe par Bachar al Assad lui-même”, a répété dimanche Manuel Valls.

Le président russe, Vladimir Poutine, devrait plaider à la tribune de l’Onu pour la création d’une coalition militaire s’appuyant sur l’armée syrienne afin de combattre l’Etat islamique. La Russie a intensifié ces derniers temps le déploiement de matériel militaire en Syrie, dont des chasseurs et des hélicoptères d’attaque.

Sophie Louet avec Tangi Salaün et Jean-Baptiste Vey

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below