September 24, 2015 / 12:15 PM / 3 years ago

Relaxe pour François Pérol, accusé de prise illégale d'intérêts

PARIS (Reuters) - François Pérol, président du directoire de BPCE, a été relaxé jeudi à son procès pour prise illégale d’intérêts présumée lors de sa nomination à la tête du groupe issu de la fusion des Caisses d’épargne et des Banques populaires.

François Pérol, président du directoire de BPCE, a été relaxé jeudi à son procès pour prise illégale d'intérêts présumée lors de sa nomination à la tête du groupe issu de la fusion des Caisses d'épargne et des Banques populaires. /Photo prise le 24 septembre 2015/REUTERS/Jacky Naegelen

Le 2 juillet dernier, le Parquet national financier (PNF) avait requis la condamnation à deux ans de prison avec sursis et 30.000 euros d’amende de cet ancien proche collaborateur de Nicolas Sarkozy à l’Elysée.

Il avait également demandé que soit prononcée à son encontre une interdiction définitive d’exercer toute fonction publique.

“Le tribunal vous déclare non coupable”, a déclaré jeudi le président d’audience, Peimane Ghaleh-Marzban.

François Pérol, qui était présent, aux côtés de sa compagne, a pleuré à l’énoncé du jugement.

“Je suis très heureux de cette décision”, a-t-il dit à la presse en sortant de la salle d’audience, étouffant quelques sanglots. “C’est une présidence (de Nicolas Sarkozy-NDLR) qui a été active, j’ai pris mes responsabilités à certains moments, le tribunal a dit le droit”.

“Je suis heureux que le droit soit dit.”

Son avocat, Me Pierre Cornut-Gentille, a estimé que ce jugement de relaxe n’était “une surprise que pour ceux qui ne connaissaient pas bien le dossier.”

LE PNF EXAMINE LE JUGEMENT

Un représentant du PNF, qui a dix jours pour éventuellement faire appel, a indiqué qu’il allait examiner le jugement avant de prendre une décision.

“Du côté des parties civiles, ça a été un long combat pour arriver jusque devant le tribunal. On espérait beaucoup de ce jugement, et on ne peut qu’être déçu”, a réagi Me Jérôme Karsenti, avocat de la CGT.

Il a indiqué qu’il ferait appel s’il le peut, c’est-à-dire si le parquet fait appel.

François Pérol, ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée auprès de Nicolas Sarkozy, était soupçonné d’avoir pris en 2009 la tête de BPCE, maison mère de la banque Natixis, après avoir été associé “de manière étroite” aux négociations sur la fusion des Banques populaires et des Caisses d’épargne.

Or la loi impose aux fonctionnaires et agents de l’administration publique un délai de carence de trois ans avant de rejoindre une entreprise sur laquelle ils ont formulé des avis et propositions.

Durant tout son procès, François Pérol a contesté toute prise illégale d’intérêts, assurant n’avoir eu aucune “autorité décisionnelle” à l’Elysée et n’avoir eu aucun doute déontologique au moment de sa nomination.

Son avocat, Me Pierre Cornut-Gentille, avait sous-entendu au dernier jour d’audience qu’il pourrait être contraint de quitter son poste en cas de condamnation. “Le sort de Monsieur Pérol est entre vos mains, les conséquences d’une condamnation seraient considérables”, avait-il dit.

Edité par Yves Clarisse

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