September 13, 2015 / 3:36 PM / 3 years ago

Le PS dénonce un "choix de crise" chez les écologistes dans le Nord

PARIS (Reuters) - Le premier secrétaire du Parti socialiste a dénoncé dimanche la décision des militants écologistes du Nord-Pas-de-Calais-Picardie de s’allier avec la gauche radicale plutôt qu’avec le PS pour les élections régionales de décembre.

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a dénoncé dimanche la décision des militants écologistes du Nord-Pas-de-Calais-Picardie de s'allier avec le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon plutôt qu'avec le PS pour les élections régionales de décembre. /Photo prise le 28 août 2015/REUTERS/Stéphane Mahé

“C’est un choix de crise chez les Verts, ça va provoquer à nouveau des départs, des contestations”, a déclaré Jean-Christophe Cambadélis lors de l’émission Le Forum de Radio J.

De fait, la décision des militants écologistes du Nord-Pas-de-Calais-Picardie a été immédiatement sanctionnée par le départ de deux hauts responsables d’Europe-Ecologie-Les Verts (EELV).

Christophe Rossignol, membre de son conseil fédéral et avocat d’un retour des écologistes au gouvernement, explique dans sa lettre de démission, publiée par LeParisien.fr, que partir d’EELV est aujourd’hui devenu un “devoir”.

“Je ne comprends plus mon parti”, écrit-il. “La lente agonie d’EELV s’est accélérée avec le départ du gouvernement.”

“Aujourd’hui en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, demain sans doute en PACA (Provence-Alpes-Côte d’Azur), deux régions où le Front national peut gagner, quelques dizaines d’adhérents ont décidé de mettre en place une stratégie mortifère de désunion qui risque pour des millions de personnes de se transformer en tragédie. (...) Cette décision est insupportable.”

La trésorière du mouvement et maire adjointe de Lille, Marie-Pierre Bresson, condamne pour sa part, dans un mail envoyé aux adhérents et cité par Libération.fr, les “errements” de l’alliance avec le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon.

“Je pars mais, en réalité, c’est EELV qui s’éloigne et me quitte”, écrit-elle.

Deux parlementaires écologistes qui ont récemment claqué la porte d’EELV ont aussi condamné la décision de samedi.

Le député François de Rugy parle sur son compte Twitter d’une “démonstration de plus de la dérive gauchiste d’EELV” et d’”irresponsabilité”. Le sénateur Jean-Vincent Placé a dénoncé un “choix irresponsable et destructeur”.

Le député EELV Denis Baupin a, quant à lui, accusé les écologistes du Nord-Pas-de-Calais-Picardie d’avoir fait “le choix suicidaire” de la division de la gauche face au FN.

Jean-Christophe Cambadélis a dénoncé sur Radio J une “politique de destruction”, une “mélenchonisation” d’EELV et une stratégie visant avant tout à affaiblir le PS.

Un peu plus tard, lors de la Fête de la rose de Préfailles, en Loire-Atlantique, il a annoncé qu’il enverrait lundi une lettre ouverte au “peuple de gauche et aux écologistes” pour lancer un appel au rassemblement et à la refondation du PS.

“Cette idée du dépassement du PS, cette refondation à terme de notre formation, est une idée nécessaire”, a-t-il dit. “Nous en avons besoin, la gauche en a besoin.”

Emmanuel Jarry, avec Guillaume Frouin à Préfailles

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