July 7, 2015 / 12:11 PM / 3 years ago

Les pourparlers sur l'Iran à nouveau prolongés

par John Irish et Arshad Mohammed

La porte-parole de la diplomatie européenne Federica Mogherini, présente à Vienne, a annoncé que les pourparlers sur le nucléaire iranien allaient se prolonger plusieurs jours, alors que la date butoir des discussions avait été fixée à ce mardi. Des questions difficiles n'ont toujours pas été réglées entre l'Iran et les pays du groupe P5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni, France, Allemagne), a-t-elle dit. /Photo prise le 7 juillet 2015/REUTERS/Leonhard Foeger

VIENNE (Reuters) - Les pourparlers sur le nucléaire iranien, qui devaient s’achever mardi, vont se prolonger plusieurs jours, alors que les négociateurs se penchent sur les questions les plus délicates.

“Nous allons continuer de négocier pendant plusieurs jours”, a annoncé la porte-parole de la politique étrangère de l’Union européenne, Federica Mogherini, devant l’hôtel de Vienne où se déroulent les pourparlers entre l’Iran et les pays du groupe dit P5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni, France, Allemagne).

Marie Harf, porte-parole de la délégation américaine, a déclaré que les discussions se prolongeraient jusqu’à vendredi, ajoutant que des progrès “substantiels” avaient été enregistrés.

“Pour être honnête, nous sommes davantage préoccupés par la qualité de l’accord que par le calendrier, même si nous savons que les décisions difficiles ne vont pas devenir plus faciles avec le temps. C’est pourquoi nous continuons de négocier”, a déclaré la responsable du département d’Etat.

C’est la quatrième fois que les négociateurs prolongent l’accord intérimaire qui a fixé le cap des pourparlers en novembre 2013 et conduit à une levée partielle des sanctions contre l’Iran.

Les négociateurs avaient déjà repoussé au 7 juillet la date butoir initialement fixée au 30 juin.

Les discussions en cours visent à régler définitivement le contentieux nucléaire iranien, qui dure depuis 2003, en encadrant et limitant les activités nucléaires de la République islamique en échange d’une levée des sanctions imposées à Téhéran.

“Nous interprétons notre date butoir de manière souple, ce qui veut dire que nous prenons le temps, les jours encore nécessaires à la finalisation d’un accord”, a déclaré Federica Mogherini, soulignant que des questions difficiles restaient à régler.

OBSTACLES

Parmi ces points figurent la demande iranienne d’une levée d’un embargo des Nations unies sur les armes et des sanctions liées à son programme de missiles balistiques, le calendrier de levée des sanctions américaines et européennes et les désaccords sur le programme de recherche & développement nucléaire iranien.

“Nous avons entamé la partie la plus difficile mais aussi la plus concrète des négociations”, a souligné Federica Mogherini.

La Haute Représentante de l’Union européenne pour la politique étrangère et de sécurité commune a ajouté que certains ministres des Affaires étrangères présents à Vienne pourraient quitter la capitale autrichienne mais étaient “prêts à revenir”.

“Ne vous excitez pas trop si vous voyez des ministres partir”, a prévenu la responsable italienne. “Ils reviendront. Et cela ne signifie pas que nous arrêtons le travail. Au contraire.”

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a ainsi déclaré qu’il quittait Vienne, où il compte revenir dans la soirée de mercredi.

“S’agissant de la France”, a-t-il dit, nous insistons en particulier sur les limitations nécessaires en ce qui concerne la production et la recherche, les sanctions depuis leur rétablissement” et l’enquête de l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) sur les activités nucléaires passées de l’Iran et leur “possible dimension militaire”.

Dans un communiqué, l’AIEA a déclaré que de nouveaux progrès avaient été enregistrés lors de rencontres lundi à Téhéran entre ses représentants et des responsables iraniens mais qu’il restait encore du travail à faire.

Un diplomate iranien, cité par l’agence de presse Isna, a mentionné trois points de blocage, “sur les sanctions, les résolutions des Nations unies et le travail nucléaire”.

Cité par l’agence de presse Interfax, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a dit pour sa part que le principal obstacle était celui de l’embargo sur les armes.

Selon un haut responsable américain, le programme iranien de missiles continuera d’être limité de même que le commerce des armes conventionnelles. “Cela fera partie de la résolution du Conseil de sécurité (de l’Onu)”, a-t-il dit.

Tout accord entre l’Iran et le P5+1 comprendra un projet de résolution du Conseil de sécurité mettant fin aux sanctions de l’Onu mais réimposant certaines mesures spécifiques.

Avec Louis Charbonneau et Parisa Hafezi, Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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