December 2, 2014 / 5:38 PM / 4 years ago

Un rapport dédouane les gendarmes pour la mort de Rémi Fraisse

PARIS (Reuters) - Le gendarme lanceur de la grenade qui a tué le militant écologiste Rémi Fraisse lors d’une manifestation contre le projet de barrage de Sivens (Tarn) n’a pas commis de faute professionnelle, selon un rapport d’enquête administrative.

Lors d'une manifestation à la mémoire de Rémi Fraisse à Paris. Selon un rapport d'enquête administrative, le gendarme lanceur de la grenade qui a tué le jeune militant écologiste lors d'une manifestation contre le projet de barrage de Sivens (Tarn) n'a pas commis de faute professionnelle. /Photo prise le 13 novembre 2014/REUTERS/Philippe Wojazer

Pierre Renault, le chef de l’inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN), a également affirmé mardi devant les députés que l’escadron de gendarmerie engagé sur le site avait respecté les règles régissant l’usage de la force.

“Je ne dispose pas d’éléments permettant de caractériser une faute professionnelle”, a-t-il dit lors d’une audition devant la commission des Lois de l’Assemblée.

“L’enquête administrative ne fait pas ressortir de manquement aux règles juridiques et déontologiques et aux techniques enseignées au maintien de l’ordre”, a-t-il ajouté.

L’avocat de la famille de Rémi Fraisse a dénoncé “un rapport partiel, partial et malhonnête”.

“Je ne suis pas totalement surpris. A partir du moment où on demande aux responsables du décès de Remi Fraisse de s’autojuger, il est normal qu’ils ne reconnaissent pas leur propre responsabilité”, a-t-il dit à Reuters.

“L’IGGN, qui fait partie de la gendarmerie nationale, a obéi à son chef et a décidé d’émettre un rapport partiel, partial et malhonnête”, a-t-il ajouté.

En revanche, Pierre Renault a relevé deux fautes lors de heurts distincts avec d’autres manifestants, l’une pour laquelle il prône la clémence compte tenu du contexte de tensions autour du site, et l’autre qu’il a qualifiée de “grave”.

Ce rapport souligne “la logique d’apaisement” voulue par les autorités face “à la stratégie de radicalisation” de certains opposants au barrage et est favorable aux forces de l’ordre.

Il ne préjuge cependant pas des conclusions de l’enquête judiciaire ouverte sur la mort de Rémi Fraisse.

Un premier rapport sur les munitions des forces de l’ordre avait conduit le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a confirmer en novembre l’interdiction des grenades offensives, à l’origine de la mort du jeune manifestant.

UN SECTEUR A PRIORI INOCCUPÉ ?

La mort de Rémi Fraisse a provoqué de vives tensions entre le gouvernement et les écologistes, qui accusent les forces de l’ordre d’avoir mal géré, voire provoqué, les manifestations contre la construction du barrage de Sivens.

Certains d’entre eux ont réclamé la démission du ministre de l’Intérieur, estimant qu’il avait en partie caché la vérité, ce que Bernard Cazeneuve a catégoriquement démenti.

Comme il s’y était engagé, le ministre a rendu publique mardi l’enquête interne sur la conduite des opérations dans la nuit du 25 au 26 octobre, qui a été transmise à la justice et au président de la Commission des lois à l’Assemblée nationale.

Devant les députés, Pierre Renault s’est efforcé de justifier le long délai qui s’est écoulé avant que les autorités ne reconnaissent que Rémi Fraisse avait été tué par un gendarme.

Il a expliqué que le chef qui avait obtenu l’ordre d’envoyer une grenade offensive au-delà d’un grillage s’était assuré à l’aide de jumelles à visée nocturne que le secteur était “a priori inoccupé”.

“Il ne fait pas immédiatement le rapport entre la personne au sol et le tir”, a-t-il dit.

Le chef de l’IGGN a ensuite souligné que ni le premier examen médical, ni l’autopsie du corps n’avaient permis de déterminer la nature de la blessure mortelle et qu’il avait fallu attendre l’analyse des vêtements et la découverte de traces de poudre pour conclure à un tir de grenade.

Selon lui, les autorités n’excluaient pas dans un premier temps que Rémi Fraisse ait pu être victime d’un malaise ou tué par un projectile tiré par les manifestants.

Gérard Bon avec Nicolas Bertin, édité par Sophie Louet

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