October 20, 2014 / 5:13 AM / 4 years ago

L'armée américaine a largué des armes aux Kurdes près de Kobani

WASHINGTON/BEYROUTH (Reuters) - L’armée américaine dit avoir largué dimanche soir des armes et des munitions aux combattants kurdes assiégés à Kobani par les djihadistes de l’Etat islamique (EI).

Kobani, vue de la frontière turque. L'armée américaine a largué des armes aux combattants kurdes près de la ville syrienne assiégée par les djihadistes de l'Etat islamique. /Photo prise le 19 octobre 2014/REUTERS/Kai Pfaffenbach

Un porte-parole des forces kurdes engagées dans la bataille de Kobani a confirmé qu’une “grande quantité de munitions et d’armes” avait atteint cette ville du nord de la Syrie, cible depuis le 16 septembre d’une offensive de l’Etat islamique.

Dans un communiqué, le Commandement central (CentCom) américain précise que l’US Air Force a largué “des armes, des munitions et du matériel médical fournis par les autorités kurdes irakiennes pour soutenir la résistance” des Kurdes syriens contre l’EI.

Selon un responsable américain, trois avions-cargos C-130 ont largué 27 colis d’armes et de matériel médical aux Kurdes syriens, et la majorité de ces colis ont atteint leur cible. Les avions américains ont ensuite pu quitter sans problème l’espace aérien syrien, a dit ce responsable.

C’est la première fois que les Etats-Unis, qui ont multiplié ces derniers jours les raids aériens contre les djihadistes, disent avoir fourni une aide militaire aux combattants kurdes, aide que la Turquie exclut en revanche catégoriquement bien que Kobani soit adossée à sa frontière.

Le Congrès américain a donné le 18 septembre son feu vert à des livraisons d’armes aux rebelles syriens jugés modérés qui combattent l’Etat islamique.

Le CentCom indique que, “à ce jour”, 135 frappes aériennes ont visé les positions de l’EI dans la région de Kobani, théâtre de violents combats ce week-end. Combinée aux efforts des combattants kurdes au sol, cette campagne aérienne a permis de ralentir la progression des djihadistes, dont des centaines sont morts, selon le CentCom.

“La situation sécuritaire à Kobani reste fragile, l’EIIL (Etat islamique en Irak et au Levant, l’ancien nom de l’EI, ndlr) continuant à menacer la ville et les Kurdes à résister”, est-il écrit dans le communiqué, qui ne fait pas état de raids aériens récents.

Interrogé par Reuters via Skype, un porte-parole des combattants kurdes, Redur Xelil, a déclaré que ces livraisons “auront un impact positif sur le déroulement des opérations militaires”. “Assurément, nous continuons à espérer davantage de soutien”, a-t-il ajouté.

Le gouvernement du Kurdistan irakien autonome a annoncé la semaine dernière avoir fourni une aide militaire “symbolique” à l’intention des combattants kurdes de Kobani. Les Kurdes syriens disaient pourtant n’avoir rien reçu et ont accusé la Turquie de bloquer cette livraison.

OBAMA A PRÉVENU ERDOGAN

La Turquie, qui a massé des chars le long de la frontière face à Kobani, se refuse à intervenir en appui aux peshmergas, ce qui provoque la colère de sa propre minorité kurde.

Les autorités turques sont méfiantes à l’égard des Unités de protection du peuple kurde (YPG) qui combattent à Kobani, en raison de leurs liens étroits avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui a pris les armes en 1984 contre l’Etat turc.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré dimanche aux médias de son pays qu’Ankara n’armerait jamais les YPG via leur branche politique, le Parti de l’union démocratique kurde(PUD), qu’il a qualifié d’”organisation terroriste”.

Le président américain Barack Obama a prévenu à l’avance Recep Tayyip Erdogan que les Etats-Unis allaient livrer des armes aux Kurdes syriens.

“Le président Obama a parlé à Erdogan hier et il a pu l’informer de notre intention de faire cela et de l’importance que nous y attachons”, a dit un responsable américain.

“Nous comprenons l’inquiétude ancrée de longue date chez les Turcs à l’égard de différentes organisations, notamment des organisations kurdes, avec lesquelles ils sont en conflit”, a-t-il ajouté. “Cependant, notre conviction très profonde est que les Etats-Unis et la Turquie font face à un ennemi commun avec l’EIIL et qu’il nous faut agir de manière urgente.”

Dans un communiqué, la présidence turque fait également état d’une conversation entre Barack Obama et Recep Tayyip Erdogan au sujet de la Syrie et de Kobani, notamment des moyens susceptibles d’être mis en oeuvre pour bloquer la progression de l’Etat islamique.

Ankara ajoute que cet entretien a permis de souligner l’aide de la Turquie qui accueille sur son sol plus de 1,5 million de réfugiés syriens, dont environ 180.000 en provenance de Kobani.

Avec Mohammad Zargham et Warren Strobel à Beyrouth et Seda Sezer en Turquie; Tangi Salaün et Bertrand Boucey pour le service français, édité par Marc Angrand

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below