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Économie

Coronavirus: Pfizer annonce un vaccin efficace à plus de 90%, les Bourses flambent

(Reuters) - Pfizer a annoncé lundi que son vaccin expérimental était efficace à plus de 90% contre le COVID-19, selon les premières données d’une vaste étude, une avancée majeure dans la lutte contre la pandémie qui a été immédiatement saluée par une envolée des Bourses mondiales.

Pfizer a annoncé lundi que son vaccin expérimental était efficace à plus de 90% contre le COVID-19, selon les premières données d'une vaste étude, une avancée majeure dans la lutte contre la pandémie qui a été immédiatement saluée par une envolée des Bourses mondiales. /Photo prise le 22 juillet 2020/REUTERS/Carlo Allegri

Le géant pharmaceutique américain et son partenaire allemand BioNTech sont les premiers à présenter des résultats positifs pour un essai clinique à grande échelle d’un vaccin contre le nouveau coronavirus.

Les deux entreprises ont déclaré qu’elles n’avaient jusqu’à présent constaté aucun problème sérieux en termes d’effets indésirables de ce candidat-vaccin et qu’elles comptaient demander aux Etats-Unis une autorisation d’utilisation d’urgence dans le courant du mois.

“Aujourd’hui est un grand jour pour la science et l’humanité”, a déclaré le PDG de Pfizer Albert Bourla dans un communiqué. “Nous franchissons cette étape cruciale de notre programme de développement de vaccins à un moment où le monde en a le plus besoin, avec des taux d’infection qui battent des records, des hôpitaux dont les capacités sont sur le point d’être débordées et des économies qui peinent à rouvrir.”

Ugur Sahin, cofondateur et dirigeant de BioNTech, a déclaré auprès de Reuters être optimiste sur le fait que le vaccin pourra offrir une protection face au COVID-19 pendant au moins un an.

Sur les marchés financiers, les annonces des deux laboratoires ont fait s’envoler les grands indices boursiers: à 13h10 GMT, l’indice européen Stoxx 600 gagnait 4,1%, le CAC 40 à Paris plus de 7%, le Dax à Francfort 5,5%.

De leur côté, les contrats à terme sur les grands indices de Wall Street préfigurent une ouverture en hausse de près de 4% pour le Standard & Poor’s 500, qui devrait inscrire un record dès les premiers échanges.

Le titre BioNTech grimpait de plus de 27% à la Bourse de Francfort et l’action Pfizer était donnée en hausse de plus de 7% à New York.

“GRANDE NOUVELLE”

L’annonce de Pfizer et BioNTech a aussi été saluée par le président américain Donald Trump qui a évoqué une “grande nouvelle” sur Twitter, alors que la recherche d’un vaccin a été la principale réponse de son administration à la pandémie.

L’annonce de Pfizer intervient quelques jours seulement après l’élection présidentielle américaine qui a vu la victoire du candidat démocrate Joe Biden. Le président élu a salué une “excellente” nouvelle tout en prévenant qu’il faudrait encore plusieurs mois avant une vaccination généralisée aux Etats-Unis.

Pfizer prévoit de demander aux autorités américaines une autorisation d’utilisation d’urgence du vaccin pour les personnes âgées de 16 à 85 ans. Pour ce faire, le groupe devra avoir recueilli les données sur la sécurité portant sur deux mois et environ la moitié des 44.000 participants à l’étude.

Pfizer et BioNTech ont un contrat de 1,95 milliard de dollars avec le gouvernement américain pour la livraison de 100 millions de doses de vaccins à partir de cette année. Ils ont également conclu des accords d’approvisionnement avec l’Union européenne, le Royaume-Uni, le Canada et le Japon.

Pour gagner du temps, les entreprises ont commencé à fabriquer le vaccin avant même de savoir s’il serait efficace. Elles prévoient désormais de produire jusqu’à 50 millions de doses ou suffisamment de vaccins pour protéger 25 millions de personnes dès cette année.

Pfizer prévoit de produire jusqu’à 1,3 milliard de doses du vaccin en 2021.

RÉSULTAT À CONFIRMER

Lors de l’essai clinique, 94 participants ont développé le COVID-19, ce qui a permis d’examiner combien d’entre eux avaient reçu le vaccin et non le placebo, a expliqué Pfizer.

Le groupe pharmaceutique n’a pas précisé combien de personnes malades avaient reçu le vaccin. Néanmoins, une efficacité de plus de 90% implique que pas plus de huit des 94 personnes ayant contracté le COVID-19 ont reçu le vaccin. Ce dernier a été administré en deux fois à environ trois semaines d’intervalle.

Le taux d’efficacité est bien supérieur à celui de 50% exigé par la Food and Drug Administration (FDA), l’autorité de santé américaine, pour un vaccin contre le coronavirus.

Pour confirmer ce taux d’efficacité, Pfizer a indiqué qu’il allait poursuivre l’essai jusqu’à ce que 164 cas de COVID-19 soient dénombrés parmi les participants. Etant donné la récente flambée des taux d’infection aux Etats-Unis, ce nombre pourrait être atteint début décembre, a précisé Bill Gruber, un des responsables scientifiques de Pfizer.

Les données de l’essai clinique doivent encore être examinées par des pairs ou publiées dans une revue médicale. Pfizer a indiqué qu’il le ferait dès qu’il disposerait des résultats de l’ensemble de l’essai.

UNE COURSE MONDIALE

Le vaccin de Pfizer et BioNTech utilise la technologie de l’ARN messager (ARNm), qui repose sur des gènes synthétiques pouvant être générés et fabriqués en quelques semaines, et produits à grande échelle plus rapidement que les vaccins classiques.

Moderna, dont le candidat vaccin utilise une technologie similaire, devrait publier les résultats de son essai à grande échelle d’ici la fin du mois.

La technologie de l’ARNm est conçue pour déclencher une réponse immunitaire sans utiliser d’agents pathogènes, tels que de véritables particules virales.

Parmi les vaccins les plus avancés, figure aussi celui développé par le britannique AstraZeneca, en partenariat avec l’Université d’Oxford. Les résultats publiés en octobre dernier ont montré que ce vaccin, désigné “AZD1222” ou “ChAdOx1 nCoV-19”, produisait une réponse immunitaire similaire chez les jeunes adultes et les personnes âgées.

De son côté, le directeur général de Sanofi, Paul Hudson, a déclaré lors d’un événement organisé par le Financial Times lundi que le groupe avait réduit l’écart avec ses concurrents dans le développement d’un vaccin contre le COVID-19.

Michael Erman et Julie Steenhuysen, avec Michele Gershberg, Doina Chiacu et Susan Heavey, Blandine Hénault et Marc Angrand pour la version française, édité par Nicolas Delame et Jean-Michel Bélot

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