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Des Américains divisés élisent leur président après une campagne tumultueuse

WASHINGTON (Reuters) - Les Américains ont commencé à se rendre aux urnes mardi au terme d’une campagne agressive et agitée par la crise du coronavirus dans un pays profondément divisé entre partisans du président sortant Donald Trump et ceux de son adversaire démocrate Joe Biden.

Au Kentucky. Les résultats les plus attendus commenceront à tomber à 00h00 GMT mercredi dans des Etats tels que la Géorgie mais l'issue définitive du scrutin pourrait ne pas être connue avant plusieurs jours, si le duel est serré. /Photo prise le 3 novembre 2020/REUTERS/Bryan Woolston

Les Etats-Unis se choisissent un président et renouvellent en partie leur Congrès alors que l’épidémie due au nouveau coronavirus y a déjà fait plus de 230.000 morts et des millions de chômeurs.

Le pays a en outre été secoué depuis le printemps par le réveil des tensions communautaires avec de vastes manifestations contre le racisme et les violences policières derrière le mouvement Black Lives Matter.

Les bureaux de vote ont ouvert à 06h00 (11h00 GMT) dans certains Etats de la côte Est. Les résultats les plus attendus commenceront à tomber à 00h00 GMT mercredi dans des Etats tels que la Géorgie mais l’issue définitive du scrutin pourrait ne pas être connue avant plusieurs jours, si le duel est serré.

Joe Biden, qui s’est efforcé de transformer le scrutin en un référendum sur la gestion de la crise sanitaire par Donald Trump, s’est engagé à lutter avec méthode contre l’épidémie, à en réparer les ravages économiques et à apaiser le climat politique après quatre années marquées par les attaques verbales régulières du président sortant contre tous ses adversaires.

Le candidat démocrate, ancien vice-président de Barack Obama et âgé de 77 ans, fait depuis longtemps la course en tête dans les intentions de vote mesurées au niveau national.

Donald Trump, 74 ans, semble toutefois toujours en mesure de remporter suffisamment d’Etats indécis pour obtenir les 270 grands électeurs nécessaires, sur les 538 du Collège électoral, à sa reconduction à la Maison blanche pour un second mandat de quatre ans. Le président soutenu par le Parti républicain a ainsi été élu il y a quatre ans au détriment de sa rivale démocrate Hillary Clinton malgré près de trois millions de suffrages de moins sur le plan national.

PRÈS DE 100 MILLIONS D’ÉLECTEURS ONT VOTÉ EN AVANCE

Le climat de tensions aux Etats-Unis et la crainte d’une multiplication des recours en justice après le scrutin alimentent l’anxiété d’une partie de la population quant à l’issue du vote et aux jours qui suivront.

Plusieurs villes ont ainsi entrepris de barricader certains bâtiments en prévision d’éventuelles manifestations, notamment à Washington aux abords de la Maison blanche et à New York. La célèbre artère commerciale de Rodeo Drive à Beverly Hills, en Californie, sera fermée ce mardi, a annoncé la police.

Plus de 99 millions d’électeurs avaient déjà voté avant même ce mardi, soit par voie postale soit en personne dans des bureaux ouverts à l’avance, selon les données de l’organisme US Elections Project de l’Université de Floride.

Ce niveau très élevé, qui représente 72,3% de l’ensemble de la participation de 2016 et environ 40% du corps électoral, témoigne de l’engouement des Américains pour cette élection mais aussi des craintes d’une partie de la population de se faire contaminer par le nouveau coronavirus en se rendant dans un bureau le jour même du vote.

Il pourrait aussi faire durer le dépouillement et favoriser les contestations, empêchant ainsi de connaître rapidement le nom du vainqueur.

Depuis des mois, Donald Trump remet en cause l’intégrité du vote par correspondance, affirmant sans preuve qu’il est sujet à des fraudes.

LA FLORIDE QUASIMENT INDISPENSABLE À TRUMP

Le président sortant, dont le mandat a été marqué par une procédure en destitution non concluante, des soupçons d’ingérence russe en sa faveur lors du précédent scrutin ou encore une guerre commerciale avec la Chine, a refusé de s’engager à reconnaître son éventuelle défaite et réclame que le décompte des voix ne se prolonge pas au-delà de la soirée électorale.

Interrogé par Fox News mardi matin, le président sortant, qui a voté par anticipation en Floride, a estimé que les foules importantes qu’il a vu se déplacer lundi lors de cinq meetings dans quatre Etats l’ont convaincu de sa victoire. “Nous avions des foules que personne n’avait jamais vues auparavant. Je pense que cela se traduira par de nombreux votes”, a-t-il dit.

Joe Biden, lui, a entamé sa journée par une visite à l’église catholique St Joseph près de Wilmington, dans le Delaware, où il réside. Il a passé un long moment devant la tombe de son fils Beau, mort d’un cancer en 2015 à l’âge de 46 ans.

L’élection devrait se jouer dans une dizaine d’”Etats bascule”, les “Swing States”, que Donald Trump avait remportés parfois d’extrême justesse en 2016 pour déjouer les pronostics et vaincre Hillary Clinton, notamment la Pennsylvanie, le Michigan et le Wisconsin, trois habituels bastions démocrates.

Si Joe Biden récupère ces trois Etats et conserve ceux gagnés par Hillary Clinton il y a quatre ans, il accédera à la Maison blanche.

La course paraît aussi serrée en Floride, en Caroline du Nord et dans l’Arizona.

Avec ses 29 grands électeurs, la Floride est un Etat quasiment indispensable aux chances de victoire de Donald Trump. Le dernier sondage Reuters/Ipsos y donne Joe Biden en tête avec 50% des voix contre 46% au président sortant alors qu’ils étaient au coude à coude une semaine plus tôt.

Les résultats en Floride devraient arriver relativement vite mardi soir car les votes par correspondance peuvent y être dépouillés avant même le jour du scrutin. Ce n’est en revanche pas le cas en Pennsylvanie, dans le Michigan et dans le Wisconsin.

Les Américains doivent aussi décider ce mardi qui contrôlera le Congrès au cours des deux prochaines années. Les démocrates espèrent reprendre la majorité au Sénat tout en conservant la Chambre des représentants.

Avec Steve Holland; version française Bertrand Boucey, édité par Jean-Philippe Lefief et Jean-Stéphane Brosse

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