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L'Etat islamique revendique l'attentat de Vienne, 14 personnes arrêtées

VIENNE (Reuters) - Le groupe Etat islamique a revendiqué mardi l’attaque qui a fait quatre morts, en plus de l’assaillant, et 22 blessés lundi soir en plein coeur de Vienne, la capitale autrichienne.

Le groupe Etat islamique a revendiqué mardi l'attaque qui a fait quatre morts, en plus de l'assaillant, et 22 blessés lundi soir en plein coeur de Vienne, la capitale autrichienne. /Photo prise le 3 novembre 2020/REUTERS/Leonhard Foeger

Au lendemain de cette “attaque terroriste répugnante”, selon les termes du chancelier fédéral Sebastian Kurz, les forces de sécurité ont arrêté 14 suspects en Autriche.

Deux hommes ont également été interpellés mardi après-midi à Winterthour, dans le canton suisse de Zurich, en coordination avec les enquêteurs autrichiens, a annoncé la police de Zurich. La ville de Winterthour est considérée par le renseignement suisse comme un foyer de radicalisation islamiste.

L’assaillant, qui a été abattu lundi soir par la police neuf minutes après les premiers tirs, portait un faux gilet d’explosifs.

Les autorités l’ont identifié comme étant un Autrichien radicalisé de vingt ans connu des services de renseignement sorti de prison l’année dernière après avoir convaincu les autorités qu’il avait renoncé à ses projets djihadistes.

Dans une allocution télévisée, le chancelier autrichien, Sebastian Kurz s’est engagé à “traquer les auteurs et ceux qui les soutiennent” des actes commis à Vienne.

“Ce n’est pas un conflit entre chrétiens et musulmans ou entre Autrichiens et migrants. Non, c’est un combat entre les nombreuses personnes qui croient en la paix et les rares (qui s’y opposent). C’est un combat entre civilisation et barbarie”, a souligné le chancelier.

Un homme et une femme âgés, un jeune passant et une serveuse ont été tués de sang-froid, et parmi les 22 blessés, trois sont dans un état grave, a déclaré le ministre de l’Intérieur, Karl Nehammer, lors d’une conférence de presse.

Parmi les victimes figure une ressortissante allemande, a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas.

SIX LIEUX VISÉS

L’assaillant tué par la police a été identifié sous le nom de Kujtim Fejzulai, a précisé le ministre à l’agence de presse APA. Il avait la double citoyenneté autrichienne et macédonienne du nord.

Selon Karl Nehammer, il avait été condamné à 22 mois de prison en avril 2019 pour avoir tenté de se rendre en Syrie pour rejoindre le groupe État islamique avant d’être libéré en décembre dernier, bénéficiant d’une mesure de libération anticipée justifiée, a expliqué le ministre de l’Intérieur, par son engagement dans des programmes de déradicalisation.

“Mais en dépit de tous les signes apparents d’une réintégration dans la société, l’assaillant a fait exactement l’opposé”, a-t-il poursuivi, ajoutant qu’il faudrait revoir les procédures d’évaluation des détenus radicalisés.

Le ministre a indiqué par ailleurs que Kujtim Fejzulai avait publié une photo de lui sur son compte Instagram avant l’attaque, s’affichant avec deux armes à feu qu’il aurait utilisées lundi.

Dans sa revendication diffusée sur Telegram par son organe de propagande Amak, le groupe Etat islamique a intégré une photo présumée de l’assaillant, un homme barbu présenté sous le nom d’Abou Dagnah Al Albani, et ajoute qu’il était armé de deux armes à feu, dont un fusil mitrailleur, au moment de son passage à l’acte.

Les deux suspects arrêtés dans la ville suisse de Winterthour, âgés de 18 et 24 ans, tous deux ressortissants suisses, étaient “à l’évidence des amis” de Kujtim Fejzulai, a déclaré la ministre suisse de la Justice, Karin Keller-Sutter.

La ministre a ajouté qu’ils s’étaient rencontrés, mais n’a pas dit quand.

L’attaque a été menée dans six lieux distincts de Vienne, tous situés à proximité de la synagogue du centre-ville.

Dans un premier temps, des témoins avaient déclaré que plusieurs assaillants avaient ouvert le feu avec des armes automatiques contre la foule dans des bars, alors que de nombreuses personnes profitaient d’une dernière sortie nocturne avant l’entrée en vigueur d’un couvre-feu destiné à enrayer la propagation du coronavirus.

L’enquête s’est orientée par la suite sur un tireur unique, le ministre de l’Intérieur expliquant que l’analyse des nombreuses vidéos réalisées par des témoins sur leurs téléphones écartait l’hypothèse d’un second tireur, sans pour autant l’exclure catégoriquement.

Le gouvernement a annoncé trois jours de deuil national, tandis qu’une minute de silence a été observée à midi (11h00 GMT).

Le centre historique de Vienne a été en grande partie bouclé pendant la nuit par la police, tandis que les transports publics ont été interrompus dans le secteur concerné.

MESSAGES DE SOUTIEN

L’Autriche avait été jusqu’à présent épargnée par des attentats de grande ampleur comme ceux qu’ont pu connaître ces dernières années la France, l’Allemagne ou le Royaume-Uni.

Oskar Deutsch, chef de la communauté juive de Vienne, dont les bureaux sont attenants à la synagogue, a déclaré sur Twitter ignorer si la synagogue ou les bureaux étaient ciblés par l’attaque, ajoutant que ceux-ci étaient fermés au moment de la fusillade.

Des messages de condoléances ont afflué du monde entier, allant des hauts responsables de l’Union européenne, à la France, en passant par la Norvège, la Grèce et les Etats-Unis, qui ont tous exprimé leur choc face aux attentats.

“Nos prières accompagnent le peuple de Vienne après un nouvel acte de terrorisme ignoble en Europe”, a écrit sur Twitter le président américain, Donald Trump.

Le candidat démocrate à la présidentielle Joe Biden a, pour sa part, condamné ce qu’il a qualifié d’”attaque terroriste horrible”, appelant à rester unis contre la haine et la violence.

“L’Europe est solidaire, unie et déterminée. Europa ist solidarisch, geeint und entschlossen. Europe stands together, united and determined. We are one”, a tweeté Emmanuel Macron.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al Jubeir, a condamné sur Twitter un “crime haineux contraire à toutes les religions et les valeurs humaines”.

avec Michael Shields et Silke Koltrowitz à Zurich, Andrea Shalal à Washington et Ahmed Tolba au Caire; version française Jean Terzian, Claude Chendjou et Nicolas Delame, édité par Blandine Hénault, Henri-Pierre André et Jean-Stéphane Brosse

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