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A Nice, l'émotion domine après l'attentat, les autorités en alerte

PARIS (Reuters) - Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a prévenu vendredi que de nouveaux attentats sur le sol français étaient probables, estimant que la France était engagée dans une guerre contre “une idéologie islamiste” après deux attaques meurtrières en moins de deux semaines.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a prévenu vendredi que de nouveaux attentats sur le sol français étaient probables, estimant que la France était engagée dans une guerre contre "une idéologie islamiste" après deux attaques meurtrières en moins de deux semaines. /Photo prise le 28 octobre 2020/REUTERS/Charles Platiau

Un ressortissant tunisien de 21 ans a décapité une femme et tué deux autres personnes à coups de couteau jeudi matin dans la Basilique Notre-Dame, en plein coeur de Nice. L’assaillant a été grièvement blessé lors de son interpellation.

Deux semaine plus tôt, un professeur de collège, Samuel Paty, était décapité par un réfugié d’origine tchétchène quelques jours après avoir montré en classe des caricatures de Mahomet.

“Nous sommes en guerre face à un ennemi, qui est à la fois un ennemi intérieur et un ennemi extérieur. On doit comprendre malheureusement qu’il y a eu et qu’il y aura d’autres faits comme ces attentats absolument ignobles”, a déclaré Gérald Darmanin sur RTL.

Le président Emmanuel Macron a annoncé un renforcement de l’opération Sentinelle, qui passera dans les prochaines heures de 3.000 à 7.000 militaires mobilisés pour protéger notamment les lieux de cultes et les écoles.

Parallèlement, le plan Vigipirate en France a été porté au niveau “urgence attentat” sur l’ensemble du territoire national et la protection des Français à l’étranger sera renforcée.

L’attaque jeudi à Nice, survenue le jour de la fête musulmane de Mawlid célébrant la naissance de Mahomet, intervient alors qu’une partie du monde musulman s’est insurgé contre la position de la France défendant le droit de publier des caricatures du prophète.

Au Bangladesh, des dizaines de milliers de musulmans ont manifesté vendredi pour protester contre les déclarations d’Emmanuel Macron sur la liberté de culte.

“C’EST ABOMINABLE”

Le procureur de la République antiterroriste a indiqué jeudi que l’assaillant présumé des attaques à Nice, qui a crié “Allah Akbar” lorsque les policiers sont intervenus, était en situation irrégulière et n’était pas connu des services de renseignement.

Il s’agit d’un ressortissant tunisien de 21 ans, qui est arrivé le 20 septembre sur l’île italienne de Lampedusa, principal point de passage des migrants depuis l’Afrique.

Une source des services de sécurité tunisiens et une autre source au sein de la police française ont indiqué que le suspect se dénommait Brahim Aouissaoui.

D’après une source judiciaire, un homme a par ailleurs été placé en garde à vue jeudi soir, les autorités le suspectant d’avoir été en contact avec l’auteur présumé des faits la veille de l’attaque.

A Nice, déjà endeuillée en 2016 par un attentat au camion qui avait fait 86 morts, l’émotion était grande.

Dès jeudi, les gens se sont rassemblés devant la basilique Notre-Dame pour déposer des fleurs et allumer des bougies.

Frédéric Lefèvre a attaché des ballons en forme de coeur à la porte de l’église.

“Je suis de Nice et c’est une tragédie encore une fois. Nous sommes un pays libre (...) Aimons la liberté, c’est un message pour le monde. La vie doit être spirituelle. Aucun Dieu ne doit tuer”, a-t-il dit.

“C’est abominable”, s’est pour sa part exclamé Marc Mercier, 71 ans, un autre résident de Nice.

“Cela fait des années qu’on dit qu’il faut que la peur change de camp [du côté des agresseurs] et c’est toujours pareil.”

L’attaque à Nice a fait trois victimes, une femme de 60 ans qui a été décapitée et une homme de 55 ans, égorgé.

L’homme était le sacristain de la basilique et il était père de deux enfants, a précisé à Reuters le père Gil Florini, curé à Nice.

La troisième victime, une femme de 44 ans, a pu s’échapper 25 minutes après l’entrée du tueur dans la basilique mais elle a par la suite succombé à ses blessures.

Selon plusieurs médias français et brésilien, elle était de nationalité brésilienne et installée à Nice depuis plusieurs années. Elle avait trois enfants.

Avec Matthias Blamont, Blandine Hénault pour la version française, édité par Jean-Michel Bélot

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