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Conflans: Deux mineurs mis en examen, cinq autres personnes déférées

PARIS (Reuters) - Les deux mineurs déférés mercredi avec cinq autres personnes dans le cadre de l’enquête sur le meurtre de Samuel Paty ont été mis en examen pour “complicité d’assassinat en lien avec une entreprise terroriste” et remis en liberté sous contrôle judiciaire, a annoncé dans la soirée le Parquet national antiterroriste.

Le procureur antiterroriste Jean-François Ricard. Les deux mineurs déférés mercredi avec cinq autres personnes dans le cadre de l'enquête sur le meurtre de Samuel Paty ont été mis en examen pour "complicité d'assassinat en lien avec une entreprise terroriste" et remis en liberté sous contrôle judiciaire, a annoncé dans la soirée le Parquet national antiterroriste. /Photo prise le 21 octobre 2020/REUTERS/Charles Platiau

Le professeur d’histoire-géographie a été décapité vendredi près de son collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) par un réfugié russe d’origine tchétchène, après avoir été la cible d’une campagne hostile de la part du père d’une élève pour avoir présenté des caricatures de Mahomet dans le cadre d’un cours sur la liberté d’expression. Ce parent d’élève a lui aussi été mis en examen pour complicité d’assassinat en lien avec une entreprise terroriste, selon son avocat, cité par BFMTV.

L’enquête a démontré que cette campagne reposait sur des faits inexacts, a dit au cours d’une conférence de presse le procureur antiterroriste Jean-François Ricard, qui a notamment insisté sur le fait que l’élève dont le père a diffusé des vidéos hostiles au professeur d’histoire n’avait pas assisté à ce cours.

Selon Jean-François Ricard, le meurtrier de Samuel Paty s’est “directement inspiré” des messages diffusés par ce parent d’élève et l’enquête a établi que des contacts avaient eu lieu entre les deux hommes avant le meurtre du professeur.

“Plusieurs contacts téléphoniques et écrits” entre ce père et l’assaillant ont eu lieu avant l’agression, a-t-il dit.

Le militant islamiste franco-marocain Abdelhakim Sefrioui a lui aussi été déféré. Il est membre du collectif Cheikh Yassine, mouvement qu’Emmanuel Macron a accusé mardi d’être “directement impliqué dans l’attentat” et dont la dissolution a été décidée ce mercredi en conseil des ministres.

Abdelhakim Sefrioui a effectué la démarche de contacter le père de l’élève pour l’appuyer dans sa campagne contre Samuel Paty.

LE DÉFÈREMENT DE MINEURS, FAIT INHABITUEL

Le procureur a aussi souligné le caractère inhabituel du défèrement de deux mineurs dans une telle procédure. Ces deux collégiens sont âgés de 14 et 15 ans.

“L’enquête a établi que si l’auteur du fait a bénéficié du patronyme de l’enseignant, du nom et de la localisation du collège, en revanche, il ne disposait pas des moyens lui permettant de l’identifier”, a dit Jean-François Ricard.

“Cette identification n’a été rendue possible que grâce à l’intervention de collégiens du même établissement. C’est dans ces conditions que le parquet antiterroriste a décidé de déférer devant les juges d’instruction deux mineurs dont l’implication dans l’identification de la victime au profit du tueur est apparue comme probante”, a-t-il expliqué.

A son arrivée au collège, le tueur a notamment abordé un élève “en lui offrant une somme de 300 à 350 euros” pour qu’il lui désigne Samuel Paty, a précisé Jean-François Ricard.

Les trois autres personnes déférées sont des proches du meurtrier, dont deux l’ont accompagné dans une coutellerie à Rouen pour l’achat d’un couteau, a expliqué le procureur, ajoutant que l’arme avait été retrouvée à proximité du corps de l’assaillant, abattu par des policiers quelques instants après son attaque.

Seize personnes au total avaient été interpellées et placées en garde à vue après l’assassinat de Samuel Paty, qui enseignait au collège Bois d’Aulne de Conflans-Sainte-Honorine.

Les gardes à vue de neuf d’entre elles ont été levées.

Il s’agit de trois mineurs, de quatre membres de la famille du tueur ainsi que de la compagne d’Abdelhakim Sefrioui et d’un individu ayant été en contact avec l’assaillant.

Un hommage national à Samuel Paty sera rendu en début de soirée dans la cour de la Sorbonne, à Paris.

Rédaction de Paris, avec Claude Chendjou, Marc Angrand et Jean-Philippe Lefief

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