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Soumis au couvre-feu, les restaurants parisiens se réinventent

PARIS (Reuters) - Menus spéciaux, service en continu, livraison à domicile, campagne sur les réseaux sociaux : les restaurants parisiens font assaut d’inventivité face au couvre-feu qui plombe leur secteur durement affecté par la longue crise liée au nouveau coronavirus.

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Annoncé mercredi par Emmanuel Macron, effectif depuis samedi, le couvre-feu réduit l’Ile-de-France et huit métropoles au silence à partir de 21h00. A l’heure du dîner, le repas roi au pays de Gargantua.

“On a eu 48 heures, chacun s’est organisé comme il a pu”, témoigne Pascal Mousset, propriétaire de quatre restaurants, dont trois suppriment le service du soir, source de 70% de son chiffre d’affaires, pendant les quatre à six semaines que doit durer le confinement nocturne.

“Un restaurant de quartier doit rester ouvert le soir parce que par nature sa clientèle est locale. Par contre un lieu de destination, qui fait traverser Paris, oblige le client à quitter la table à 20h00 donc c’est plus compliqué” explique cet Auvergnat d’origine qui est aussi le représentant du syndicat hôtelier GNI pour Paris et l’Île-de-France.

Alors que certains de ses collègues ont relancé le brunch, il a ajouté au menu de “Chez Françoise”, son restaurant voisin de l’Assemblée nationale, une planche “afterwork” à 19 euros avec foie gras, pâté de sanglier, calamars grillés et mousse au brie accompagnés de deux boissons.

“Cette formule permet aux gens qui habitent ou travaillent dans le quartier de venir à la sortie du bureau ou en fin de journée pour partager non pas un repas, c’est peut-être un peu beaucoup, mais un verre”, explique-t-il.

“MES BARMANS SONT DEVENUS DES LIVREURS”

Xavier Denamur, patron de cinq affaires dans le Marais, a lui aussi dû improviser.

“C’est un peu le bordel, en très peu de temps il faut réorganiser les commandes, les effectifs, trouver des solutions”, explique cet habitué des plateaux de télévision, où il défend son secteur bouleversé par la crise sanitaire.

Installé depuis 30 ans dans le quartier, il propose désormais des livraisons à domicile, à raison de deux plats pour le prix d’un.

“Tous mes barmans sont devenus des livreurs, mais pas comme Deliveroo : ils servent en habit, dans de la vraie vaisselle, juste dans les immeubles autour, pour nos voisins”, explique-t-il.

Stéphane Manigold, propriétaire de quatre affaires, présente quant à lui sur son smartphone l’opération “J’aime mes restos, je dîne à 19h” soutenue par les élus parisiens, lancée par le collectif de restaurateurs “Restons ouverts” créé le mois dernier.

“On est des artisans, on n’a pas les moyens de se payer de grosses campagnes publicitaires télé”, dit ce passionné dans son restaurant Substance, dans le 16e arrondissement.

Attablé derrière lui, Denis Alexandre, un fidèle client de 53 ans, finit de déjeuner avec un ami.

“On va voir si on s’habitue au mode anglo-saxon d’aller dîner à 19h30, on n’a pas encore essayé”, dit-il. “Et puis on va regarder de nouveau, comme on avait fait pendant le confinement, tout ce qui est vente à emporter de bons restaurants à des prix raisonnables pour retrouver un peu le plaisir chez soi.”

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