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Rassemblements à travers la France pour l'école et la liberté d'expression

PARIS (Reuters) - De vastes rassemblements ont eu lieu dimanche à travers la France pour défendre la liberté d’expression et rendre hommage à Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie décapité en pleine rue près de son collège à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines, quelques jours après avoir présenté en classe des caricatures de Mahomet.

A Lille. De vastes rassemblements ont eu lieu dimanche à travers la France pour défendre la liberté d'expression et rendre hommage à Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie décapité en pleine rue près de son collège à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines, quelques jours après avoir présenté en classe des caricatures de Mahomet. /Photo prise le 18 octobre 2020/REUTERS/Pascal Rossignol

A Paris, le Premier ministre, Jean Castex, s’est joint à la foule compacte réunie sur la place de la République malgré l’épidémie due au nouveau coronavirus, tout comme son ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer, la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse ou la maire de la capitale Anne Hidalgo.

Comme à Lyon, Lille et d’autres villes du pays, une minute de silence a été observée, suivie d’applaudissements, et certains ont entonné la “Marseillaise” dans des scènes rappelant les immenses manifestations qui avaient suivi l’attaque contre la rédaction de Charlie Hebdo en janvier 2015.

Sur des pancartes, on pouvait lire “Liberté d’expression, démocratie”, “Enseigner oui, en saignant non” ou encore “Je suis prof”, sur le modèle du slogan “Je suis Charlie” qui s’était répandu en France et dans le monde en 2015.

Beaucoup de participants ont aussi brandi la “une” de Charlie Hebdo reproduisant les caricatures de Mahomet que le journal a de nouveau publiées en septembre à l’occasion de l’ouverture du procès des complices présumés des auteurs de l’attentat contre sa rédaction.

“Vous ne nous faites pas peur. Nous n’avons pas peur. Vous ne nous diviserez pas. Nous sommes la France !”, a écrit Jean Castex sur Twitter.

Un hommage national sera rendu mercredi au professeur, victime, selon les mots d’Emmanuel Macron, d’un “attentat terroriste islamiste caractérisé”.

CONSEIL DE DÉFENSE

Le président de la République doit réunir ce dimanche un conseil restreint de défense à l’Elysée, à l’issue duquel des initiatives pourraient être annoncées.

D’après certains médias, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, va demander l’expulsion rapide de 231 étrangers fichés pour radicalisation à caractère terroriste.

Dans une interview au Journal du Dimanche, Jean Castex a dit ne pas exclure que le projet de loi sur le séparatisme, qui doit être présenté en décembre au Conseil des ministres, soit complété.

Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, a pour sa part déclaré sur France 3 qu’il allait proposer de renforcer le contrôle des flux financiers de certaines associations islamistes, en évoquant notamment le rôle des cryptomonnaies.

Le meurtrier présumé de Samuel Paty est un réfugié russe d’origine tchétchène âgé de 18 ans Il a été abattu peu de temps après son attaque par des policiers.

Les enquêteurs cherchent à déterminer s’il a bénéficié d’éventuelles complicités et une 11e personne a été mise en garde à vue dimanche, a-t-on appris de source judiciaire.

Parmi ces personnes interpellées depuis vendredi soir figurent des membres de sa famille ou de son entourage mais aussi le père d’une élève auteur des messages hostiles contre Samuel Paty, a précisé samedi le procureur antiterroriste Jean-François Ricard.

“HUSSARDS NOIRS DU XXIE SIÈCLE”

Ce parent d’élève a mené une campagne sur les réseaux sociaux accusant Samuel Paty d’avoir “insulté” l’islam et son prophète. Abdelhakim Sefrioui, membre du conseil des imams de France, lui a alors apporté son soutien sur Twitter.

“Les personnes qui sont à l’origine de cet assassinat, et je parle au pluriel, se sont greffées sur cette affaire”, a accusé Jean-Michel Blanquer sur France Inter, répétant que, “plus que jamais”, des caricatures pouvaient être montrées en classe.

Le ministre de l’Education a annoncé qu’un travail serait fait à partir de la rentrée des vacances de la Toussaint auprès des élèves de l’ensemble du pays pour leur rappeler “qu’on ne doit pas avoir de relativisme vis-à-vis de la liberté de conscience et vis-à-vis de la liberté d’expression, (...) que la laïcité est synonyme de liberté, que nous avons une chance folle de vivre en République et en démocratie”.

Il a chargé les professeurs, “hussards noirs du XXIe siècle”, de porter ce message comme leurs prédécesseurs de la fin du XIXe siècle avaient porté celui de la IIIe République.

“L’objectif est clair, c’est qu’il n’y ait pas d’angle mort de la République, qu’il n’y ait pas un seul endroit où on ne fasse pas ce qu’il y a à faire parce qu’on aurait peur”, a-t-il insisté, en invitant les élèves à avoir de “l’amour” pour leurs enseignants.

Rédaction de Paris, édité par Bertrand Boucey

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