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France: Rentrée universitaire chahutée par la crise du coronavirus

NICE (Reuters) - Joanna Gomes, étudiante en psychologie à l’Université Côte d’Azur à Nice, se rappelle très bien de sa première journée de cours.

De nombreux étudiants en France ont dénoncé des conditions de rentrée universitaire peu compatibles avec la lutte contre l'épidémie ./Photo prise le 24 septembre 2020/REUTERS/Eric Gaillard

Quelque 350 à 400 étudiants cherchaient une place dans un amphithéâtre plein à craquer, masques sur le visage. Impossible, selon elle, de respecter les distances de sécurité.

La jeune fille de 22 ans s’interroge sur l’organisation de sa faculté, alors que le gouvernement met en garde contre une nouvelle accélération de l’épidémie de coronavirus, quatre mois après la fin d’un des confinements parmi les plus stricts d’Europe.

“Ils font comme ils peuvent mais on est vraiment beaucoup trop”, dit-elle, soucieuse pour sa santé, elle qui fait partie des personnes à risque. “Pour moi, ça peut être dangereux.”

Comme Joanna, de nombreux étudiants en France ont dénoncé des conditions de rentrée universitaire peu compatibles avec la lutte contre l’épidémie. Des centaines de photos ont circulé sur les réseaux sociaux montrant des classes pleines à craquer.

Inscrite dans la promotion supérieure, Morgane Laget, 21 ans, évoque des arrivées en classe groupées, sans respect des distances. Il lui est déjà arrivé de suivre un cours, assise dans les escaliers par manque de place.

“Ça m’inquiète, oui, parce que tout relève vraiment de la bonne volonté de l’étudiant”, dit-elle.

Selon le dernier point épidémiologique de Santé publique France, 32% des clusters en cours d’investigation au 21 septembre avaient été détectés en milieu scolaire et universitaire.

A l’Université Nice Côte d’Azur, 30 étudiants et 10 membres du personnel ont été testés positifs au coronavirus depuis le début de la rentrée sur un effectif de 30.000, a déclaré à Reuters le président de l’Université Jeanick Brisswalter.

DEDOUBLEMENT DES CLASSES

Il précise que tous ses établissements appliquent à la lettre les règles préconisées par le ministère de l’Enseignement supérieur, notamment le port du masque en classe.

Et voyant l’affluence d’étudiants dans les filières en tension comme le droit ou les sciences sociales, il a ordonné le dédoublement de certaines promotions, de façon à ce que les étudiants ne soient sur le campus qu’une semaine sur deux. Cette formule avait été adoptée dès le début pour les filières en sciences, dit-il.

Chaque établissement est à la manoeuvre pour assurer la rentrée universitaire. Certains ont fait le choix de maintenir leurs cours entièrement en présentiel, d’autres ne maintiennent que les travaux dirigés sur site. D’autres encore ont repoussé le retour en classe pour mieux se préparer.

Pour le syndicat étudiant Unef, classé à gauche, la rentrée a été mal organisée. Chacun fixe ses propres règles sans réel cadrage de la part du gouvernement, déclare sa vice-présidente, Maryam Pougetoux, qui dénonce un traitement différencié des étudiants au regard des protocoles stricts imposés dans les entreprises pour protéger les salariés.

“On se pose la question de la place qui est donnée à la jeunesse aujourd’hui et à l’éducation”, dit-elle.

Selon la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, qui souhaite privilégier le présentiel autant que possible afin d’éviter tout décrochage scolaire, l’obligation de porter le masque au sein des établissements universitaires permet de limiter grandement la propagation du virus, même en période d’affluence.

“Ce que l’on observe en réalité, dans un certain nombre d’établissements, c’est que les clusters ne sont pas des clusters par promotion, ce sont des clusteurs par groupe d’amis”, a-t-elle observé lundi sur Public Sénat.

“Rien ne dit que les contaminations se fassent au sein des établissements supérieurs”, ajoute-t-elle invitant les étudiants à limiter leurs interactions sociales.

Une dizaine d’établissements ont dû fermer leurs portes depuis la rentrée en raison des contaminations au coronavirus.

Caroline Pailliez, édité par Jean-Michel Belot

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