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Les combats s'intensifient dans le Haut-Karabakh entre Arménie et Azerbaïdjan

EREVAN/BAKOU (Reuters) - Les combats entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan se sont intensifiés lundi dans et aux abords de la région séparatiste du Haut-Karabakh, cette deuxième journée d’affrontements ayant fait au moins 55 morts.

Les combats entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan se sont intensifiés lundi dans et aux abords de la région séparatiste du Haut-Karabakh, cette deuxième journée d'affrontements ayant fait au moins 30 morts. /Photo diffusée le 28 septembre 2020/REUTERS/Le ministère de la Défense d'Azerbaïdjan

Cette escalade militaire, à l’aide de roquettes et de tirs d’artillerie, est la plus importante depuis le cessez-le-feu de 1994 entre les deux pays, qui s’opposent depuis des décennies au sujet du Haut-Karabakh.

Elle fait craindre un embrasement encore plus important en raison des liens qui unissent les deux anciennes républiques soviétiques à la Russie ou à la Turquie.

Moscou, qui a appelé à un cessez-le-feu immédiat, a conclu une alliance de défense avec l’Arménie, majoritairement chrétienne, tandis qu’Ankara soutient traditionnellement l’Azerbaïdjan, dont la population essentiellement musulmane partage des origines communes avec les Turcs.

“Nous n’avons rien vu de tel depuis le cessez-le-feu qui a mis fin à la guerre des années 1990. Les combats se déroulent le long de toutes les zones de la ligne de front”, a dit Olesya Vartanyan, spécialiste du Caucase du Sud au sein de Crisis Group.

Le Haut-Karabakh est un territoire enclavé d’Azerbaïdjan peuplé majoritairement d’Arméniens. Il a proclamé son indépendance avec l’effondrement de l’URSS en 1991 et se trouve dans une région du Caucase traversée par des oléoducs essentiels à l’approvisionnement des marchés mondiaux du pétrole et du gaz.

ERDOGAN EXIGE DE L’ARMÉNIE QU’ELLE SE RETIRE

Angela Frangyan, cinéaste résidant à Stepanakert, capitale du Haut-Karabakh, a rapporté que les habitants se terraient dans des abris sous les détonations de bombardements incessants. Tous les commerces ont fermé et quasiment personne ne s’aventure dans les rues, a-t-elle dit.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a exigé de l’Arménie qu’elle quitte immédiatement les terres azerbaïdjanaises qu’elle occupe, selon lui.

Le Parlement arménien a condamné une “attaque militaire totale” de l’Azerbaïdjan contre le Haut-Karabakh. Il a accusé la Turquie de soutenir cette offensive et prévenu que cette implication turque risquait de déstabiliser l’ensemble de la région.

L’Azerbaïdjan a démenti toute participation turque aux combats.

Les autorités du Haut-Karabakh, qui ont décrété dimanche la loi martiale et la mobilisation totale de la population masculine, ont rapporté lundi 53 décès supplémentaires dans leurs rangs, après la perte de 31 militaires signalée la veille lors du déclenchement de l’offensive azerbaïdjanaise.

Elles affirment toutefois avoir repris une partie du terrain perdu dimanche.

Cité par l’agence Interfax, un responsable du ministère arménien de la Défense a fait état de 200 Arméniens blessés.

PARIS PRÊT À “PRENDRE TOUTES SES RESPONSABILITÉS”

Les autorités azerbaïdjanaises ont pour leur part annoncé la mort de deux civils lundi en Azerbaïdjan, après cinq la veille.

Cité par Interfax, l’attaché de presse du ministère azerbaïdjanais de la Défense, Anar Evyazov, a dit que l’armée azerbaïdjanaise occupait plusieurs points stratégiques sur les hauteurs près du village de Talich, dans le Haut-Karabakh.

“Des tirs de missiles, d’artillerie et des bombardements aériens sont infligés aux positions ennemies, ce qui a contraint l’ennemi à abandonner ces positions”, a-t-il dit.

Il a aussi affirmé que Lernik Babayan, commandant d’un bataillon d’assaut aéroporté de l’armée arménienne, avait été tué près de Talich, une affirmation qu’il n’a pas été possible de vérifier.

Parmi les nombreuses réactions diplomatiques, la France, médiatrice dans ce conflit dans le cadre du groupe de Minsk mis en place par l’OSCE qu’elle co-préside avec la Russie et les Etats-Unis, a appelé dimanche à une cessation immédiate des hostilités.

“La France est prête à prendre toutes ses responsabilités en tant que co-présidente du groupe de Minsk. Le président de la République a appelé fermement à la cessation immédiate des hostilités et dit sa disponibilité à contribuer à un règlement pacifique et durable de la question du Haut-Karabakh”, a fait savoir l’Elysée dans un communiqué.

Le président russe Vladimir Poutine s’est entretenu par téléphone avec le Premier ministre arménien Nikol Pachinian mais aucun détail de la conversation n’a filtré, tandis que le président turc Recep Tayyip Erdogan a parlé avec son homologue azerbaïdjanais Ilham Aliev.

Avec Mark Trevelyan and Tom Balmforth, Elizabeth Pineau à Paris; version française Gilles Guillaume, Henri-Pierre André et Bertrand Boucey, édité par Jean-Stéphane Brosse

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