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Coronavirus: Mesures spécifiques à Lyon et Nice et "priorisation" des tests

PARIS (Reuters) - “Le virus n’est pas devenu moins dangereux avec l’été”, a déclaré jeudi Olivier Véran, ministre de la Santé, qui détaillait face à la presse la nouvelle donne de la lutte engagée contre l’épidémie en France, où le seuil des 400.000 cas confirmés de contamination au coronavirus vient d’être dépassé.

L'épidémie de coronavirus est "à nouveau très active" en France où il va falloir apprendre à vivre avec le virus et faire des efforts supplémentaires pour l'endiguer, a déclaré jeudi le ministre de la Santé, Olivier Véran. /Photo prise le 15 septembre 2020/REUTERS/Charles Platiau

LE CONSTAT: “L’ÉPIDÉMIE EST À NOUVEAU TRÈS ACTIVE”

L’épidémie est “à nouveau très active” en France où il va falloir apprendre à vivre avec le virus et faire des efforts supplémentaires pour l’endiguer, a déclaré le ministre lors d’une conférence de presse.

“Nous devons apprendre à vivre avec le virus pour quelques mois encore avec ses phases d’activité (...) et ses périodes d’accalmie”, a-t-il dit. Mais il s’agit aussi, a-t-il ajouté, de conserver “notre vie sociale, économique, culturelle, éducative et citoyenne”.

Le ministre a réexposé les “quatre piliers” de la lutte engagée contre l’épidémie: le respect des gestes barrières; le triptyque “tester, alerter, protéger”; la mise en oeuvre d’une “stratégie différenciée et adaptée à chaque territoire”; et enfin la nécessité de “protéger les personnes vulnérables et âgées”.

Si les pouvoirs publics constatent une “accélération de la circulation du virus”, sa vitesse de circulation est moins élevée qu’au plus fort de la crise, en mars-avril. “Au printemps dernier, une personne malade allait contaminer deux autres personnes tous les trois jours”, a-t-il dit, contre quinze jours aujourd’hui.

Il a indiqué au passage que “nous en apprenons chaque jour davantage sur la Covid-19” et sur l’efficacité de la prise en charge de la maladie provoquée par le coronavirus. “On ne se bat pas avec les mêmes armes et on connaît mieux notre adversaire”, a-t-il dit.

Néanmoins, il a appelé chacun à faire un peu plus encore, soulignant que le nombre de personnes admises en soins intensifs, même s’il est très en deçà des pics atteints en avril, est “préoccupant”.

MESURES SPECIFIQUES A LYON ET NICE,

VIGILANCE A LILLE, TOULOUSE, RENNES, DIJON ET PARIS

La semaine dernière, à l’issue d’un nouveau conseil de défense consacré à la crise sanitaire, le Premier ministre, Jean Castex, avait annoncé des mesures de restriction particulières pour Bordeaux, Marseille et la Guadeloupe.

Conformément à la doctrine française de différenciation en fonction des territoires, les grands rassemblements ont été réduits de 5.000 à 1.000 personnes à Bordeaux et Marseille, certaines fêtes dont les Journées du patrimoine ont été annulées et les rassemblements privés limités à dix personnes en extérieur.

Du fait de l’évolution négative des indicateurs épidémiques, les métropoles de Lyon et de Nice vont devoir à leur tour adopter des mesures spécifiques, a annoncé jeudi Olivier Véran.

“Nous avons donc demandé aux préfets du Rhône et des Alpes-Maritimes de concerter avec les élus locaux et de proposer au gouvernement d’ici samedi les mesures qui devront être prises pour enrayer la circulation du virus et limiter son impact sur le système sanitaire”, a-t-il dit lors d’une conférence de presse.

A Lille, Toulouse, Rennes, Dijon et Paris, a-t-il ajouté, “les seuils critiques ne sont pas encore atteints mais nous serons extrêmement attentifs à l’évolution de la situation dans ces métropoles”.

TESTS: RÉSORBER L’EMBOUTEILLAGE EN PRIORISANT LES PUBLICS

Avec 1,2 million de tests réalisés en une semaine, selon les chiffres fournis jeudi par Olivier Véran, la France est “un des pays dans lesquels le plus de tests sont réalisés” mais, “conséquence directe de cette stratégie”, les centres de prélèvement et les laboratoires d’analyse saturent, surtout dans les grandes villes.

“Nous sommes confrontés à des difficultés organisationnelles sur les tests”, a reconnu le ministre.

D’où la mise en oeuvre d’une doctrine de “priorisation” des personnes testées (personnes disposant d’une prescription médicale, personnes symptomatiques, les personnes-contacts à risque et les soignants et aides à domicile).

Des tests antigéniques, ne nécessitant pas une étude en laboratoire mais directement analysables, vont être mis en place en Île-de-France - “leur résultat est généralement rendu en mois de trente minutes”, a dit le ministre - et les autorités attendent de “façon imminente” l’avis de la Haute autorité de santé sur les tests salivaires.

ECOLES: VERS UN ASSOUPLISSEMENT DU PROTOCOLE

Le protocole sanitaire mis en place dans les écoles et les crèches en cette rentrée scolaire très particulière pour lutter contre la propagation du coronavirus va pouvoir être assoupli, a annoncé le ministre en s’appuyant sur un rapport, à paraître jeudi soir, du Haut Conseil de la santé publique

“Les enfants, en primaire, en maternelle, en crèche, sont peu susceptibles de se contaminer entre eux et de contaminer les adultes autour d’eux”, a-t-il expliqué.

“Lorsqu’un enfant est testé positif (...), il doit être isolé sept jours chez lui, mais les autres enfants de sa classe pourront normalement continuer à se rendre à l’école.”

En l’état, ce protocole prévoit qu’une classe peut fermer “en général” à partir de trois cas positifs de contamination au coronavirus, sans qu’il ne s’agisse pour autant d’une “réponse absolue”, la décision étant prise localement par les autorités de santé

Selon les dernières données disponibles communiquées par le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, moins de 100 établissements scolaires sont actuellement fermés en France en raison de cas de contamination au coronavirus, soit 0,13%.

UN ISOLEMENT RAMENÉ À SEPT JOURS, UN PARADOXE ?

La France a ramené de 14 à sept jours la durée de l’isolement préconisé pour les personnes testées positives ou les cas-contacts. Interrogé sur un possible paradoxe entre le message général de renforcement des mesures de prévention et ce qui apparaît comme un assouplissement, Olivier Véran a mis en avant “l’adhésion des Français” qui, a-t-il ajouté, “sera bien meilleure si c’est sept jours et pas 14”.

Au-delà de ces considérations sociales, le ministre a également appuyé la démonstration sur la connaissance scientifique du virus: “L’immense majorité des symptômes apparaissent dans les deux premiers jours et la contagiosité devient très faible au-delà de cinq jours”, a-t-il dit.

“Ce que vous perdez, entre guillemets, entre le 7e et le 14e jour, vous le gagnez en faisant mieux respecter et appliquer la quarantaine.”

TENSIONS AU SEIN DE L’EXÉCUTIF ? “NOUS FORMONS UN PACK”

Sur un plan politique, Olivier Véran a éludé les questions sur une éventuelle opposition du président de la République aux préconisations qu’il aurait défendues vendredi dernier lors du conseil de défense consacré à la crise sanitaire, affirmant que l’exécutif était “en phase”.

“Un conseil de défense et de sécurité nationale, il oblige au respect des règles et je n’ai pas vocation à vous dire ce que nous échangeons avec le président de la République ou avec les personnes autour de la table”, a-t-il répondu.

“Nous formons un pack avec le gouvernement, avec le Premier ministre Jean Castex (...) Rassure-vous, tout va bien et on travaille, c’est ça l’essentiel.”

Nicolas Delame, Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André

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