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Grève chez les laborantins, risque limité de perturbations des dépistages à ce stade

PARIS (Reuters) - Des centaines de salariés de laboratoires de biologie médicale ont fait grève jeudi pour dénoncer la détérioration de leurs conditions de travail depuis la multiplication des tests de dépistage du coronavirus, a annoncé la CGT, faisant monter la pression dans un secteur clé pour lutter contre l’épidémie.

Des centaines de salariés de laboratoires de biologie médicale ont fait grève jeudi pour dénoncer la détérioration de leurs conditions de travail depuis la multiplication des tests de dépistage du coronavirus, a annoncé la CGT, faisant monter la pression dans un secteur clé pour lutter contre l'épidémie. /Photo prise le 7 septembre 2020/REUTERS/Eric Gaillard

Plusieurs laboratoires ont vu leurs activités ralenties au moins pendant une journée, en Ille-et-Vilaine, dans les Hauts-de-France, en région parisienne, en Occitanie, ou encore à Marseille, à Montpellier et Perpignan, a déclaré à Reuters Eric Sellini, secrétaire fédéral de la CGT.

Ce mouvement intervient alors que le gouvernement demande une accélération des opérations de dépistage pour prévenir une deuxième vague épidémique. Pour l’instant, la France réalise près d’un million de tests PCR par semaine.

“Si les patrons ne comprennent pas qu’il y a une nécessité de négocier, ça risque de durer. Ça risque de continuer dans les semaines qui viennent”, a-t-il ajouté, sans pour autant donner de chiffres précis sur le nombre de sites de prélèvement fermés.

Pour l’instant, la CFDT, majoritaire dans le secteur, n’a pas lancé d’appel national à la grève mais déçue des rencontres qui se sont tenues jeudi avec le patronat, elle pourrait se prononcer lundi en faveur d’un mouvement coordonné, prévient son secrétaire fédéral Stevan Jovanovic.

Quelque 120 salariés avaient déjà fait grève à l’appel de la CFDT, FO et la CGT en Occitanie en début de semaine.

Les salariés disent manquer de moyens pour faire face à l’afflux de patients désirant se faire dépister. Les files d’attentes s’allongent devant les laboratoires. Les délais pour obtenir les résultats dépassent les sept jours en région parisienne.

“On fait le maximum pour pouvoir les satisfaire mais au bout d’un moment, on ne peut pas être au téléphone, en train d’accueillir un patient physiquement, et être en train de prélever. On est saturées, on est épuisées, physiquement, mentalement”, témoigne Aminata Diene, infirmière de 31 ans.

AGRESSIONS VERBALES

Elle manifestait, avec une cinquantaine de ses collègues, devant un des sites de Bioclinic, son employeur, à Villeneuve-La-Garenne. Le site de Bezons où elle travaille, dans le Val d’Oise, qui effectue une quarantaine de prélèvements PCR par jour, était totalement fermé.

“On se fait beaucoup agresser verbalement. Ça pèse sur le moral”, ajoute Nassira Zérouali, 30 ans, infirmière. “On a besoin d’aide, mais personne ne nous entend. C’est le profit qui est mis en avant par rapport à l’être humain et c’est dommage.”

Les salariés réclament notamment des revalorisations des grilles salariales - considérées comme très basses par rapport à l’expertise requise - ainsi que des embauches, une reconnaissance de la pénibilité, et une prime Covid.

Selon le président du syndicat des biologistes, François Blanchecotte, le mouvement ne concerne qu’un nombre très limité de salariés et ne perturbe pas les activités de dépistage.

Il reconnaît que l’effort effectué par les salariés pendant cette période doit être récompensé, mais il se montre prudent quant à d’éventuelles revalorisations des grilles salariales.

“Tous les laboratoires ne font pas du Covid et n’ont pas nécessairement un chiffre d’affaire en augmentation. Si on augmente tous les salaires, cela mettra des laboratoires en grandes difficultés”, dit-il.

“Certains laboratoires jettent l’éponge et décident de ne plus faire de Covid. Il faut donc faire attention, on marche sur des œufs.”

Le gouvernement a publié un décret mercredi autorisant l’utilisation de nouveaux tests rapides antigéniques sur certains patients, afin de désengorger les laboratoires de biologie médiale.

Cette journée coïncidait avec une journée de mobilisation interprofessionnelle organisée par la CGT, Solidaires et la FSU ainsi que les syndicats étudiants, pour dénoncer la politique sociale du gouvernement, alors que le nombre de plans sociaux repart à la hausse en septembre.

Caroline Pailliez, édité par Jean-Michel Bélot

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