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Le masque de rigueur pour la plupart des élèves européens de retour à l'école

PARIS (Reuters) - Plusieurs dizaines de millions d’élèves français, polonais et russes ont repris mardi le chemin de l’école, où beaucoup devront porter des masques dans le cadre des mesures sanitaires imposées pour enrayer la pandémie due au coronavirus.

Plusieurs dizaines de millions d'élèves français, polonais et russes ont repris mardi le chemin de l'école, où beaucoup devront porter des masques dans le cadre des mesures sanitaires imposées pour enrayer la pandémie due au coronavirus. /Photo prise le 1er septembre 2020/REUTERS/Pascal Rossignol

Lavage régulier des mains, distanciation sociale et récréations décalées seront la norme dans de nombreux pays européens, où la sécurité à l’école sera également déterminante pour la reprise des activités économiques.

La rentrée, aussi bien scolaire que professionnelle, se déroule toutefois alors que le nombre de cas augmente à nouveau sur tout le continent. L’arrivée à l’automne de la grippe saisonnière et la surmortalité hivernale pourraient en outre compliquer encore la situation sanitaire.

En France, en Espagne et ailleurs, la reprise des cours inquiète certains parents d’élèves et syndicats d’enseignants.

“Je pense qu’il est bien qu’ils reprennent malgré les conditions, de reprendre une rythme normal, une vie normale, d’apprendre à vivre dans ce contexte”, a déclaré une mère venue accompagner sa fille au collège de Saint-Leu-d’Esserent, au nord de Paris. Le risque de contagion à l’école ne l’inquiète “pas plus qu’au marché”, dit-elle. “Il ne faut pas s’empêcher de vivre non plus. Il faut juste suivre les règles.”

Différentes approches ont été adoptées pour minimiser les risques en milieu scolaire. En Espagne, les conditions de la rentrée ont été fixées par les autorités régionales, mais certaines règles telles que le port du masque obligatoire pour les élèves de plus de six ans s’appliquent à l’échelle nationale.

Au collège La Inmaculada y San José de la Montaña, un établissement catholique de Ronda, dans le sud de l’Espagne, où les cours reprendront le 10 septembre, des réaménagements sont en cours pour espacer les pupitres et instaurer un sens de circulation dans les couloirs.

“Nous avons mis du gel à disposition, nous pouvons prendre leur température, de l’espace a été fait dans toutes les classes. Nous faisons tout ce que nous pouvons”, explique Mère Marta, la directrice.

PLAN B?

Pour le gouvernement français, la crise sanitaire ne doit pas mettre la vie des citoyens en suspens. En Grande-Bretagne, le Premier ministre britannique Boris Johnson a souligné l’importance de la reprise des cours dès cette semaine, mais les syndicats se sont plaints de changements de dernière minute et réclament un “plan B” en cas de deuxième vague.

“Pas besoin d’une boule de cristal pour voir que les restrictions locales seront une caractéristique de l’automne et de l’hiver”, a déclaré Paul Whiteman, secrétaire général du syndicat des directeurs d’écoles (National Association of Head Teachers).

En avril, au plus fort du confinement, 1,5 milliard d’enfants étaient privés d’enseignement, selon l’UNESCO, ce qui a pu accentuer les inégalités.

D’après les épidémiologistes, le risque de transmission du coronavirus dans les écoles dépend de la situation sanitaire locale et des mesures de sécurité.

Les données mondiales sur la propagation de la pandémie montrent que les enfants et les jeunes ne représentent que 1% à 2% des cas de COVID-19 dans le monde. Dans la plupart des cas, il s’agit d’infections légères ou asymptomatiques et les décès sont rares.

“Les écoles font partie des collectivités locales, elles ne fonctionnent pas de manière isolée. Donc, ce qui nous intéresse, c’est l’état de la transmission dans la collectivité où ces écoles fonctionnent”, a déclaré l’épidémiologiste Maria Van Kerkhove au nom de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

En Allemagne, où les établissements scolaires ont commencé à rouvrir début août, le taux de transmission chez les moins de 20 ans est resté stable. En Suède, où les écoles n’ont pas été fermées, il n’a pas été supérieur à celui de la Finlande voisine, où les cours ont cessé.

“Nous voulons voir les enfants retourner à l’école et les gens sur le lieu de travail, mais nous voulons que cela ait lieu en toute sécurité. Aucun pays ne peut toutefois prétendre que la pandémie est terminée”, a souligné Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS.

Avec les rédactions européennes de Reuters, version française Jean-Philippe Lefief, édité par Blandine Hénault

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