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L'agenda conservateur en jeu lors de la présidentielle en Pologne

VARSOVIE (Reuters) - Les Polonais sont appelés aux urnes dimanche pour une élection présidentielle cruciale pour le parti conservateur nationaliste au pouvoir Droit et Justice (PiS) qui joue l’avenir de ses réformes, y compris celle controversée de la justice qui est dans le collimateur de l’Union européenne.

En photo, le maire de Varsovie, Rafal Trzaskowski, organise un événement électoral à Varsovie. Les Polonais sont appelés aux urnes dimanche pour une élection présidentielle cruciale pour le parti conservateur nationaliste au pouvoir Droit et Justice (PiS) qui joue l'avenir de ses réformes, y compris celle controversée de la justice qui est dans le collimateur de l'Union européenne. /Photo prise le 26 juin 2020/REUTERS/Kacper Pempel

Initialement prévu le 10 mai, le scrutin a été reporté en raison de l’épidémie de coronavirus - qui a fait quelque 1.400 morts parmi les 38 millions d’habitants. Les électeurs pourront dimanche soit se rendre dans les bureaux de vote soit voter par correspondance.

A 48 ans, le président sortant Andrzej Duda brigue un deuxième mandat et affrontera le maire de Varsovie Rafal Trzaskowski, à la tête de Plateforme Civique, qui est parvenu pendant la crise lié à l’épidémie à réduire l’écart avec son adversaire et fait désormais figure d’outsider.

Dans les sondages, le chef de l’Etat est désormais crédité de 40% et le maire de la capitale de près de 30% - ce dernier est également donné vainqueur dans certaines études en cas de deuxième tour, qui serait alors organisé le 12 juillet prochain si aucun candidat ne remporte de majorité absolue dès le premier tour.

Une victoire du maire de Varsovie serait à même de nature à apaiser les relations entre la Pologne et l’Union européenne, engagées depuis 2017 dans un bras de fer sur les questions d’Etat de droit notamment. Bruxelles a notamment lancé plusieurs procédures contre Varsovie concernant sa réforme des tribunaux ordinaires ou encore de la Cour suprême.

La défaite du chef de l’Etat sortant porterait également un coup à la coalition - déjà très fragile - des nationalistes au Parlement, PiS n’ayant pas suffisamment d’élus dans la législature actuelle pour rejeter un éventuel veto d’un président non issu de ses rangs.

Sans surprise, la campagne électorale s’est focalisée sur l’agenda conservateur du parti au pouvoir qui a multiplié les critiques contre “l’idéologie LGBT” dans un pays catholique où le poids de l’Eglise est encore très présent.

“Aussi longtemps que je vivrai, je promets de défendre notre famille, notre modèle familial polonais”, a lancé Andrzej Duda, à ses militants dans son fief conservateur du sud de la Pologne.

Face à lui, Rafal Trzaskowski est lui parvenu à galvaniser de nombreux électeurs du centre en promettant de contrecarrer le programme du PiS tout en prenant soin d’insister sur son soutien aux politiques sociales qui ont permis à PiS l’an dernier de remporter les élections législatives.

Au total, onze candidats brigueront le poste de président dimanche.

Version française Marine Pennetier, édité par Nicolas Delame

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